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Corée du Sud: 30 ans de réclusion requis contre la présidente déchue Park Geun-hye

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Corée du Sud: 30 ans de réclusion requis contre la présidente déchue Park Geun-hye

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Le parquet sud-coréen a requis mardi 30 ans de réclusion criminelle à l’encontre de l’ex-présidente Park Geun-hye, emportée par un vaste scandale de corruption qui a mis au jour les liens malsains entre le monde des affaires et de la politique.

La destitution de Mme Park, 66 ans, avait été confirmée en mars 2017 par la plus haute cour de justice du pays.

Cela fait près d’un an qu’elle est en détention provisoire dans cette affaire centrée sur son ancienne confidente de l’ombre, son “amie de 40 ans”, Choi Soon-sil.

“Nous demandons au tribunal de prononcer une sentence de 30 ans de réclusion et une amende de 118,5 milliards de wons (89 millions d’euros) contre l’accusée, qui doit être tenue pour la responsable ultime du scandale en tant que 18ème présidente de ce pays”, a déclaré le parquet dans un communiqué lu à l’audience.

Le verdict sera rendu le 6 avril.

Le parquet accuse Mme Park d’avoir accepté ou de s‘être vu promettre, en collusion avec sa confidente, des pots-de-vin pour un total de 59,2 milliards de wons de la part de trois conglomérats sud-coréens, Samsung, Lotte et SK, en échange de faveurs politiques.

L’ancienne cheffe de l’Etat est également inculpée pour avoir contraint 18 grandes entreprises à “donner” un total de 77,4 milliards de wons à deux fondations douteuses placées sous le contrôle de Mme Choi.

Le tribunal du district central de Séoul a condamné récemment sa confidente à 20 ans de réclusion pour abus de pouvoir, corruption et ingérence dans les affaires de l’Etat.

“L’accusée a abusé du pouvoir qu’elle détenait du peuple pour le bénéfice personnel de Mme Choi et le sien propre”, a ajouté le parquet. “Elle a violé les valeurs constitutionnelles fondamentales de protection de l‘économie de marché et de la liberté démocratique”. “En conséquence, l’accusée est devenue la première présidente à être limogée par destitution, infligeant à l’histoire du pays une cicatrice indélébile”.

Fille aînée du dictateur Park Chung-Hee, Mme Park a grandi dans le palais présidentiel où son père a régné en maître de 1961 jusqu‘à son assassinat en 1979. Elle a été considérée pendant des décennies comme “la princesse” politique du pays.

- ‘liaisons malsaines’ –

Dans un contexte de frustrations économiques et sociales croissantes, des dizaines de milliers de personnes étaient descendues dans la rue pour réclamer son départ.

Mme Park avait été destituée en décembre 2016 par l’Assemblée nationale, décision confirmée trois mois plus tard par la Cour constitutionnelle.

Cela avait permis du même coup la levée de son immunité présidentielle et son inculpation.

Le scandale avait mis au jour les accointances troubles entre les élites politiques et économiques. Les chaebols, empires familiaux tentaculaires, sont les moteurs d’une économie sud-coréenne florissante. Des groupes comme Samsung ou Hyundai ont joué un rôle crucial dans le “miracle” économique des années 1960 et 1970 qui a métamorphosé le pays ravagé par la guerre.

Le parquet a accusé Mme Park “de s‘être alliée avec les chaebols plutôt qu’avec le peuple” et d’avoir aggravé “les relations malsaines entre les pouvoirs politique et économique”.

Début février, la justice sud-coréenne a libéré l’héritier de l’empire Samsung, Lee Jae-Yong, jugé dans le même scandale. Sa condamnation a été confirmée en appel mais la peine a été ramenée à du sursis. C‘était le troisième membre du clan familial à bénéficier de la clémence des tribunaux.

L’ancienne présidente conservatrice refuse de se présenter à l’audience depuis octobre, accusant la justice d‘être partisane.

Sa défense a démenti toutes les charges pesant sur ses épaules, accusant le parquet de ne disposer d’“aucune preuve solide”.

Le Parti de la liberté de Corée, l’opposition conservatrice, a dénoncé un réquisitoire “plus cruel que d’exiger la peine de mort”.

Sa disgrâce avait précipité en mai 2017 une élection présidentielle anticipée qui avait débouché sur la victoire facile du candidat de centre-gauche Moon Jae-in.

La cote de popularité de ce dernier reste élevée en Corée du Sud, principalement à cause de son image d’homme du peuple, de ses politiques favorables aux plus défavorisés, de sa volonté de dialoguer avec le Nord, à quoi s’ajoutent des jeux Olympiques d’hiver réussis.

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