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Jürgen Resch, l'écolo allemand qui veut la peau du diesel

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Jürgen Resch, l'écolo allemand qui veut la peau du diesel

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"C'est un grand jour pour l'air pur !". Jürgen Resch a poussé ce cri de victoire à l'annonce du jugement prononcé ce mardi par la Cour administrative fédérale d'Allemagne. Cette dernière confirme que les autorités des villes de Stuttgart et Düsseldorf vont devoir bannir progressivement les véhicules diesel de leurs centre-villes, les plus vieux en premier lieu. Mais ce Jürgen Resch, me direz-vous, on n'en a jamais entendu parler !

Outre-Rhin, ce militant écologiste allemand est pourtant devenu un phénomène, surtout depuis 2015, quand le scandale des moteurs diesel truqués a éclaté. Son association, la Deutsche Umwelthilfe, venait juste de mener une campagne musclée contre ce qu'elle appelait "l'énergie criminelle" des constructeurs automobiles, c'est à dire le diesel. Les industriels du secteur, très puissants en Allemagne, ont alors fait de Resch leur bête noire. L'enjeu économique est tellement énorme dans le pays que les hommes politiques, quels qu'ils soient, ne le portent guère plus dans leur coeur.

Plusieurs combats écolos déjà gagnés

Le combattant anti-diesel n'a vraiment pas le look écolo cultivé par certains militants, il ressemble plutôt à un représentant de commerce, et ce n'est pas à 57 ans qu'il va changer. En revanche, Jürgen Resch ne lâche jamais le morceau, au point même d'agacer parfois ses camarades de la lutte pour l'environnement. Il écume depuis des dizaines d'années les salles d'audience des tribunaux avec ses gros dossiers, qu'il connaît sur le bout des doigts, et il manie parfaitement les formules choc.

Cette endurance a payé plusieurs fois. Au début des années 1980, le président de la Deutsche Umwelthilfe (créée il y a 30 ans) a réussi à faire interdire l'Endrin, un produit utilisé pour détruire les campagnols mais qui tuait en même temps beaucoup d'oiseaux. Puis, au milieu des années 2000, il a fait imposer le filtre à particules, notamment pour les moteurs diesel (déjà), et la consigne pour les emballages de boissons. Alors, Resch a beau dire qu'il est plus "un ami de l'air pur qu'un ennemi du diesel", les constructeurs automobiles allemands ont certainement du souci à se faire.