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Catalogne : le parlement dénonce une "dérive autoritaire" et défend Puigdemont

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Catalogne : le parlement dénonce une "dérive autoritaire" et défend Puigdemont

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Le parlement catalan a adopté jeudi une motion dénonçant la “dérive autoritaire” de l’Etat espagnol et défendant la “légitimité” de l’indépendantiste Carles Puigdemont, président régional destitué par Madrid.

La motion, la première adoptée par le parlement catalan issu des élections du 21 décembre, souligne que la majorité parlementaire est “favorable” à la “constitution d’une Catalogne en tant qu’Etat indépendant” et défend Carles Puigdemont “candidat légitime du parlement à la présidence de la Generalitat”.

Elle souhaite que cessent les “ingérences” de l’Etat et de la Cour constitutionnelle visant à empêcher la “volonté démocratique” des Catalans, qui veulent selon les séparatistes investir Carles Puigdemont. Il évoque aussi le référendum d’autodétermination interdit du 1er octobre que les séparatistes affirment avoir emporté.

Cependant, ce texte n’insiste pas sur l’investiture du chef de file indépendantiste.

Le texte évite aussi de défier trop ouvertement l’Etat et ne ratifie pas la déclaration d’indépendance de la région de 7,5 millions d’habitants votée le 27 octobre 2017, comme l’aurait souhaité le plus radical des partis indépendantistes, la CUP (Candidature d’unité populaire).

La motion intervient après des semaines de blocage politique de la Catalogne, depuis que la Cour constitutionnelle a barré la route à une nouvelle investiture de M. Puigdemont, installé en Belgique où il échappe pour l’instant aux poursuites de la justice espagnole pour “rébellion et sédition”.

Le 27 janvier, la Cour constitutionnelle a considéré que son investiture à distance était illégale et qu’il devrait dans tous les cas, s’il souhaite être investi, rentrer au risque d‘être arrêté et obtenir l’autorisation du juge chargé de l’enquête le visant.

Une session prévue le 30 janvier pour l’investir avait du coup été ajournée, et depuis les trois partis indépendantistes débattent sur la stratégie à suivre.

Selon plusieurs médias, cette motion “légitimant” Puigdemont serait le fruit d’un accord en vertu duquel il accepterait de faire un pas de côté pour permettre le choix d’un nouveau candidat: il garderait un rôle “symbolique” à Bruxelles en dirigeant un organe ad hoc, un “Conseil de la république”, après avoir reçu les honneurs du parlement régional.

Plusieurs noms sont sur la table, dont celui de Jordi Sanchez, numéro deux sur sa liste “Ensemble pour la Catalogne”, dirigeant de la puissante Assemblée nationale catalane, principale association indépendantiste.

Mais Jordi Sanchez, 53 ans, est en détention provisoire depuis plus de quatre mois, pour “sédition”. Il devrait lui aussi obtenir une autorisation du juge en charge de l’enquête pour être investi par le parlement.

“Choisir une personne qui a des problèmes judiciaires serait une grande erreur”, a déclaré jeudi le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy.

“Vous êtes installés dans le passé (…) et ici les gens veulent penser à l’avenir, à comment ils vont payer leurs factures, les retraites”, a déclaré pour sa partla chef de l’opposition anti-indépendantiste au parlement catalan Inès Arrimadas.

“Nous avons besoin d’un gouvernement qui respecte les lois et qui gouverne pour tous les Catalans”, a ajouté Mme Arrimadas en appelant les indépendantistes à faire preuve de “réalisme”, en rappelant qu’ils n’avaient pas une majorité “dans la rue”.

La loi électorale implique une pondération des voix en faveur des provinces plus rurales qui a profité aux séparatistes de Catalogne: ils ont obtenu une majorité des sièges avec 47,5% des voix.

Mais l’ensemble des partis non indépendantistes a obtenu davantage de votes dans l’absolu.

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