DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Le violeur de la Sambre, une affaire hors norme

Vous lisez:

Le violeur de la Sambre, une affaire hors norme

Taille du texte Aa Aa

C'est l'une des affaires de viols et agressions sexuelles les plus retentissantes de ces dernières années, de par son ampleur, sa durée et sa résolution : une information judiciaire ouverte depuis 1996, un millier de procès-verbaux, une centaine de vérification ADN.

Pendant 22 ans, les enquêteurs qui travaillaient sur le dossier dit du "violeur de la Sambre" ont fait du sur place, jusqu'à l'identification et l'arrestation lundi à Pont-de-Sambre, près de Maubeuge, du principal suspect après une agression commise la semaine dernière en Belgique.

Depuis son interpellation, l'homme de 57 ans est passé aux aveux. Père de famille, marié, habitant d'un village de 2 500 habitants, avait un casier judiciaire vierge.

Il a reconnu les faits pour 19 crimes et évalué le nombre de ses victimes à une quarantaine.

"Malheureusement, un ADN ne permet pas d'identifier un auteur. Vous savez qu'on a un outil qui est très précieux, le fichier national des empreintes génétiques, mais quand l'ADN d'un suspect ne se trouve pas dans le fichier, bien évidemment, cela ne permet pas d'identifier quiconque, et il se trouve que la personne qui a été interpellée il y a 48 heures, n'a pas de condamnation sur son casier judiciaire, donc qu'il n'est pas inscrit au fichier national des empreintes génétiques" a expliqué Jean-Philippe Vincentini, Procureur de la république de Valenciennes, lors d'un point presse mercredi.

Aujourd'hui, de nombreuses investigations en France et en Belgique restent à accomplir pour pouvoir rendre justice aux dizaines de victimes.

L'homme sera présenté à un juge d'instruction dans trois semaines. Il aurait commis ses crimes, principalement dans le Nord.

"La première chose que mon client a dite, c'est qu'il devait la vérité aux victimes, puis à ses proches et à lui-même. Sa logique est d'avouer, de coopérer", a expliqué son avocat Me Moreau.

Dans les détails

Le suspect s'appelle Dino Scala, marié et père de trois enfants, agent d'entretien de profession à Jeumont (Nord), près de la frontière belge.

Il a donc été confondu par les enquêteurs de la PJ de Lille à la suite d'une ultime agression le 5 février à Erquelinnes en Belgique, une commune jouxtant Jeumont, de l'autre côté de la frontière.

Durant toutes ces années, il aurait agi selon un mode opératoire "assez similaire" : tôt le matin, attaquant ses victimes de dos, et le visage masqué, portant des gants.

La PJ a depuis entrepris de recontacter toutes les victimes. Parmi elles, des femmes se rendant à leur travail, et des mineures dont une collégienne de 13 ans et plusieurs lycéennes de 17 ans.

Le parquet de Valenciennes n'a pas exclu que certains faits puissent remonter jusqu'à 1988.