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Les électeurs ont le droit de faire des doigts d'honneur

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Les électeurs ont le droit de faire des doigts d'honneur

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Au Autriche, les électeurs ont le droit de faire un doigt d'honneur ou de dire "fuck" aux hommes politiques. C'est ce que vient de décider jeudi la Cour d'appel de Vienne au nom de la liberté d'opinion.

L'affaire a fait grand bruit en Autriche d'autant qu'elle mettait en cause l'actuel vice-chancelier Heinz-Christian Strache, par ailleurs dirigeant du FPÖ, le parti d'extrême droite.

Ce dernier avait saisi la justice contre un militant d'extrême gauche pour "insultes publiques". Juste après les dernières élections, Heinz-Christian Strache avait été copieusement invectivé durant une manifestation.

Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, des militants de l'organisation d'extrême gauche "Linkswende jetzt" (A gauche toute maintenant) avaient détaillé toute une série de raisons selon eux de dire "fuck Strache", doigts d'honneur à l'appui.

Débouté en première instance, le vice-chancelier avait alors fait appel de la décision du tribunal. En vain.

La Cour a confirmé le premier jugement. Les juges ont souligné que le "rejet d'un dirigeant politique" pouvait être "exprimé de façon provocatrice et choquante" et que cela représentait "un élément fondamental de la liberté d'opinion".

Sur Facebook, le groupuscule a salué jeudi "une victoire pour la liberté d'opinion et pour la liberté de la presse" et estimé que désormais tout discours politique pouvait intégrer la phrase "je dis fuck à Strache, parce que".

En France, un manifestant de 57 ans avait été condamné en 2009 à 30 euros d'amende pour "offense au chef de l'Etat", après avoir brandi une affichette "Casse-toi pov'con" au passage du cortège du président de l'époque, Nicolas Sarkozy. La Cour européenne des droits de l'homme avait toutefois jugé en 2013 que la France avait violé la liberté d'expression avec cette condamnation.

Toujours en France, le Canard enchaîné avait publié en 2002 un article recensant les injures autorisées par la justice à l'encontre Jean-Marie Le Pen, l'ex-président du Front national.

Avec AFP