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Antonio Tajani, un homme de réseaux choisi par son mentor, Silvio Berlusconi

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Antonio Tajani, un homme de réseaux choisi par son mentor, Silvio Berlusconi

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Beaucoup d’entregent, une faconde très italienne et une bonne dose d’habileté politique ont favorisé depuis un quart de siècle la carrière d’Antonio Tajani, candidat de Silvio Berlusconi pour diriger le gouvernement en cas de victoire dimanche de la coalition droite/extrême droite.

Actuel président du Parlement européen, ce Romain de 64 ans est un proche du magnat des médias depuis l’entrée en politique de son mentor en 1994.

Elégance discrète, visage de patricien, sourire aimable, Antonio Tajani cherche à plaire et il y parvient souvent.

Ancien journaliste de l’audiovisuel italien (Rai) puis du quotidien Il Giornale (groupe Berlusconi), Antonio Tajani milite dans sa jeunesse aux côtés des monarchistes italiens.

Mais sa rencontre avec Silvio Berlusconi est déterminante et il participe à la création de Forza Italia, parti créé de toutes pièces par le milliardaire avant les élections de 1994, qu’il remporte.

Devenu chef du gouvernement, M. Berlusconi fait d’Antonio Tajani son porte-parole, jusqu‘à la chute de son premier gouvernement en 1995.

Député européen depuis 1994, M. Tajani est toujours réélu et devient l’ombre de Silvio Berlusconi à Bruxelles et au sein du Parti populaire européen (PPE, droite).

- Il connaît tout le monde –

Homme de contact, il respecte à la lettre les consignes du Cavaliere: costume sobre, cravate discrète et poignée de main ferme.

Très communicatif et polyglotte —il parle français, anglais et espagnol— il est cajolé par les journalistes européens.

Le problème est qu’il “parle beaucoup, mais ne dit rien”, plaisante un communiquant du Parlement européen. “Mais il est habile et sent les choses en politique”, fait valoir un porte-parole.

Elu en 2017 au poste de président du Parlement européen, M. Tajani n‘était pourtant pas le candidat préféré du tout-puissant président du groupe PPE, l’Allemand Manfred Weber. Mais il l’emporte contre le favori, le Français Alain Lamassoure.

Son élection est le résultat d’une vraie campagne de proximité: il a rencontré tous les élus et est parvenu à calculer à une voix près quel serait son score, rappelle un observateur du Parlement européen.

“Antonio Tajani a gagné parce qu’il a toujours été loyal et parce que chaque élu le connaît personnellement”, avait alors expliqué à l’AFP l’eurodéputé conservateur allemand Andreas Schwab. “On peut compter sur lui, il tient parole”, jugeait aussi un autre parlementaire conservateur allemand, Markus Ferber.

Là est la force d’Antonio Tajani. Il connaît tout le monde au Parlement européen, mais aussi au sein de la Commission européenne, dont il a été membre à deux reprises de 2008 à 2014, et au sein du Conseil des chefs d’Etat et de gouvernement grâce à son mandat de vice-président du PPE depuis 2002.

- ‘Pas vraiment d’ennemis’ –

Il a pourtant été vivement critiqué à la suite du “Dieselgate”, en tant qu’ancien commissaire chargé de la législation aujourd’hui mise en cause sur les mesures des émissions de gaz polluants.

“Il n’a pas vraiment d’ennemis. Tajani, c’est la politique des réseaux et de l’affabilité”, explique un autre responsable.

Lorsqu’ils avaient reçu M. Berlusconi en février à Bruxelles, les dirigeants du PPE lui avaient donc logiquement demandé de laisser M. Tajani au Parlement européen, affirmant qu’ils avaient “besoin de lui”.

“Il fait du bon travail” au Parlement européen et en Europe, surtout dans les pays du sud, avaient-ils alors insisté.

Antonio Tajani a d’ailleurs longuement hésité avant de rendre publique sa décision, cédant aux insistances de son mentor tout juste trois jours avant le scrutin, selon les médias italiens.

“Avec Tajani, nous aurons une nouvelle légitimité en Europe, nous serons de nouveau en mesure de compter et de pouvoir défendre les intérêts des Italiens”, a assuré vendredi Silvio Berlusconi.

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