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Mexique: Jérémy Ménez va goûter au brûlant Chivas-América

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Mexique: Jérémy Ménez va goûter au brûlant Chivas-América

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Jérémy Ménez, recrue phare du Club América (Mexico), va disputer (4h00, nuit de samedi à dimanche en France) son premier clasico mexicain, sur le terrain des Chivas Guadalajara, où un accueil hostile l’attend. “Ce match, c’est une guerre”, prévient Omar Arellano Nuño, ex-joueur des Chivas.

Comme le clasico français entre PSG et OM, disputé par Ménez quand il était un élément parisien de 2011 à 2014, son équivalent mexicain oppose la capitale à la deuxième ville du pays.

L’opposition entre les “Aguilas” (aigles) de l’América et le “Rebaño Sagrado” (troupeau sacré) propose surtout une bataille symbolique entre un club associé à l‘élite du pays, et un autre qui se revendique comme “le club du peuple”, pour n‘évoluer qu’avec des joueurs mexicains.

Chivas a toutefois des origines françaises des immigrés installés à Guadalajara qui ont même donné ses couleurs au club (bleu-blanc-rouge). “On est des purs mexicains, alors que l’América c’est une sorte de sélection des restes du monde” revendiquait ainsi, jeudi, Marlo Barran, 28 ans, devant le centre d’entraînement des Chivas. Venu de l’Etat de Morelos, ce fan a fait plus de sept-cent kilomètres en voiture avec sa femme et ses deux enfants pour assister à ce clasico qui déchaîne les passions.

A Guadalajara, Ménez (30 ans), qui a signé à l’América le 5 janvier, peut s’attendre à un accueil musclé. Omar Arellano Nuño, joueur des Chivas de 1985 à 1996, a “même vu deux frères (Alfredo Tena de l’América et Luis Fernando Tena des Chivas) se rentrer franchement dedans”.

- Les 22 joueurs exclus… –

Avec le temps, la rivalité entre les deux clubs les plus populaires et les plus titrés du pays douze championnats chacun s’est tout de même policée. “De mon temps, il était, par exemple, inconcevable de saluer ou d‘échanger son maillot avec un joueur de l’América” assure Arellano Nuño.

Aujourd’hui, des échauffourées peuvent encore ponctuer les clasicos, mais rien de comparable avec la bagarre générale monstre d’août 1986 à laquelle avait pris part Arellano Nuño et qui avait conduit à l’expulsion des vingt-deux acteurs (à 18 minutes du terme du temps réglementaire).

La rivalité qui divise le Mexique est née à la fin des années cinquante quand le Club América a été acquis par la famille Azcarraga, propriétaire de Televisa, géant latino-américain de l’audiovisuel, réputé proche du pouvoir, et qui a longtemps eu la main mise sur la Fédération mexicaine de football. Chivas vit alors son âge d’or sept titres entre 1956 et 1965 et l’América, qui ne peut encore revendiquer le moindre sacre, décide de prendre son contre-pied en recrutant des étrangers en Amérique du sud.

“Ils étaient les héros du film, nous en serions les méchants. Ils étaient les modestes gars mexicains, nous serions les arrogants riches avec des étrangers” brossait Fernando Marcos, entraîneur de l’América de 1957 à 1961. Pour Omar Arellano Nuño, le clasico n’a toutefois plus rien d’une lutte des classes. “C’est le match à ne pas perdre, mais c’est seulement une rivalité sportive”, assure cet ancien milieu de terrain, dont le père et le fils aîné ont aussi disputé le clasico.

- “Pas notre cible prioritaire” –

Ménez découvrira ainsi le stade Akron, tout confort avec ses 45000 places, symbole d’un certain embourgeoisement des Chivas. Le match se jouera à guichets fermés, comme toujours, même si les locaux occupent l’avant-dernier rang du championnat après neuf journées du tournoi de fermeture (sur dix-sept), alors que l’América en est le leader invaincu.

“Ils veulent gagner le clasico pour sauver leur saison, nous on veut gagner le championnat”, se moque l’avant-centre des Aguilas, Oribe Peralta. Une déclaration qui colle à l’image arrogante de l’América, qui est, de très loin, le plus détesté du pays.

Selon la dernier sondage de l’institut mexicain Consulta Mitofsky, début février, 37% des sondés confiaient leur rejet de l’América, contre seulement 18% pour Chivas.

Auteur de deux buts en six matches (trois titularisations), Ménez retrouve peu à peu le rythme de la compétition. “Comme il vient d’arriver, et qu’il a encore peu joué, il ne sera pas notre cible prioritaire”, estime Joel Gonzalez Romero, fan des Chivas âgé de 38 ans.

Jeudi, l’ancien du Milan AC a fait la Une suite à un accrochage, à l’entraînement, avec le Colombien Andres Ibarguen, coupable d’un violent tacle. Ménez est prêt pour son premier clasico mexicain.

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