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Tennis: petite balle jaune et tirs en rafale dans Acapulco la violente

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Tennis: petite balle jaune et tirs en rafale dans Acapulco la violente

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Balles explosives. Acapulco accueille depuis lundi l‘élite du tennis mondial, et même la moitié du Top 10 de l’ATP après le forfait de dernière minute de Rafael Nadal, alors que la découverte de plusieurs cadavres mercredi a ravivé sa réputation de ville faisant partie des plus violentes au monde.

La fameuse cité balnéaire, appréciée durant des décennies du tout-Hollywood – de John Wayne à Sylvester Stallone -, a depuis connu une longue descente aux enfers.

L’an dernier plus de 744 homicides y ont été recensés sur les onze premiers mois de l’année. Des violences liées notamment aux rivalités entre petits groupes criminels qui se battent pour le contrôle local du trafic de drogue ou le racket de commerçants.

Acapulco est désormais un point noir sur la carte sécuritaire du Mexique.

“Je reconnais qu’il y a un problème de sécurité, comme il y en a dans tout le pays, mais je peux vous assurer que la zone est très sûre grâce au déploiement de l’armée et de la police”, déclare à l’AFP Hector Astudillo, le gouverneur de l’Etat de Guerrero où est située la ville.

A quelques kilomètres du secteur touristique du bord de mer, aux allées bordées de palmiers où se déroule le tournoi, une autre réalité plus sordide contraste avec le décor de carte postale.

Mercredi, en plein tournoi, on apprenait que sept cadavres avaient été découverts en différents points de la ville. Parmi eux, deux chauffeurs de taxis abattus pour avoir vraisemblablement refusé le racket des bandes criminelles.

- Tête coupée, cadavres éparpillés

Pour la Saint-Valentin, c‘était une tête coupée qui avait été abandonnée sur un trottoir, placée dans un paquet cadeau surmonté d’un ballon.

Pour les autorités, pas question que le moindre incident de cet ordre ne vienne perturber le bon déroulement du tournoi et ternir l’image de la cité balnéaire, déjà largement écornée à l‘étranger.

“C’est l‘événement qui donne le plus de visibilité internationale à la ville”, poursuit le gouverneur. Grâce aux retransmissions, “la marque Acapulco est visible dans le monde entier”.

Environ un millier de soldats et policiers ont été mobilisés pour prévenir tout fait de violence, assurent les autorités.

L’enjeu est aussi économique. Le tournoi ATP génère environ 30 millions d’euros de revenus par an et 20.000 personnes s’y rendent chaque jour, selon des chiffres du secrétariat au tourisme.

Malgré la désertion des touristes étrangers, la compétition n’a paradoxalement jamais attiré un plateau aussi relevé de joueurs, avec cette année six membres du top 10 inscrits, dont Rafael Nadal et Juan Martin Del Potro, avant que le N.2 mondial ne jette finalement l‘éponge.

“Le tournoi est devenu l’anti-chambre des tournois de Indian Wells et de Miami”, se félicite Alejandro Castillo, responsable de la commission nationale du sport (Conade).

Les organisateurs envisagent même de construire un second terrain pour accompagner le développement de l‘épreuve.

- Consignes de sécurité –

“C’est un tournoi qui va crescendo, qui a un futur”, assure à l’AFP le directeur du tournoi Raul Zurutuza. Il “bénéficie des même mesures de sécurité que les autres tournois”.

Le directeur n’anticipe aucune défection de sponsors, même si la violence s’accroît encore dans la ville. “Nous avons des contrats avec les sponsors sur le long terme”, dit-il.

Mais les meilleurs alliés de l‘épreuve sont sans doute les joueurs qui apprécient l’ambiance détendue, la ferveur du public mexicain et l’ont même élu “meilleur tournoi ATP-500” en 2017.

Kevin King, joueur américain professionnel classé 173e, venu pour la première fois disputer le tournoi, se sent “100% en sécurité” à Acapulco.

L’ATP lui a toutefois envoyé un mail de recommandations avant sa venue.

“Ils m’ont demandé de ne pas me rendre dans la ville et de n’utiliser que les transports officiels de l‘événement. J’ai aussi demandé à d’autres joueurs leur avis sur la sécurité avant de participer au tournoi”, raconte le joueur de 27 ans, éliminé en qualifications.

La situation sécuritaire reste aussi présente dans les esprits des spectateurs.

“Nous ne nous rendons pas dans le centre-ville, et nous repartirons directement par l’autoroute” explique Crispin, un retraité de 82 ans, venu de Mexico avec sa fille.

Jose Luis et Fabiola, un couple également venu de la capitale, “croisent les doigts chaque soir” au moment de retourner dans l’appartement qu’on leur a prêté là-bas, dans l’autre Acapulco. A proximité d’un quartier violent.

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