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Mondiaux d'athlétisme en salle: Mayer s'est fait peur, Coleman comme prévu

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Mondiaux d'athlétisme en salle: Mayer s'est fait peur, Coleman comme prévu

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Un sacre acquis dans la douleur, pour 5 petits points: Kevin Mayer est passé par toutes les émotions au terme d’un heptathlon de tous les dangers avant de conquérir son premier titre de champion du monde en salle, samedi à Birmingham où Christian Coleman a été comme prévu couronné roi du sprint.

La quête de cette 3e médaille d’or en un an ne fut pas une partie de plaisir pour le Français, qui aura dû batailler jusqu’au dernier de ses sept travaux, le 1000 m, pour valider sa victoire. Après ses succès à l’Euro-indoor puis aux Championnats du monde de Londres (décathlon), Mayer a confirmé qu’il était bel et bien à 26 ans le patron des épreuves combinées mais il ne s’attendait sans doute pas à souffrir autant.

Décidément, le Français, vainqueur avec un total de 6348 pts, aime à se faire peur. En août dernier, il avait failli tout perdre au cours d’un concours de la perche à couper le souffle, franchissant une barre à 5,10 m à son dernier essai pour rester en vie aux Mondiaux de Londres. Il s’est fait de nouveau une énorme frayeur à Birmingham sur le même exercice avant de s’accrocher comme il pouvait sur 1000 m aux basques de son dauphin Damian Warner (6343 points), pour ne pas connaitre une terrible désillusion et sauvegarder son maigre avantage de 3 secondes sur le Canadien. Un final dantesque.

“C’est le titre que je suis allé chercher au plus profond de moi-même, a-t-il déclaré, une fois remis de ses peurs. Cela n’a jamais été aussi difficile d’aller en chercher un. Après la perche, j‘étais au bout de ma vie. Je me suis battu, j’ai failli tomber dans les 50 derniers mètres. Je n’avais plus rien, je poussais à chaque appui. J’ai donné mes tripes.”

- ‘On a vu l’homme que j‘étais’ –

“On a vu l’homme que j‘étais. Ce n’est pas avec mon talent que je suis allé chercher ce titre mais avec mon esprit de compétiteur. Je suis très, très fier de cette médaille”, a-t-il ajouté.

Tout avait pourtant démarré idéalement vendredi avec deux records personnels sur 60 m (6 sec 85) et à la longueur (7,55 m en salle) avant un concours du poids solidement expédié (15,67 m). Puis la machine Mayer s’est petit à petit déréglée à la hauteur (2,02 m) avant de voir ses rivaux relancés samedi par un invraisemblable échec à la perche, pourtant sa spécialité favorite.

Alors qu’il aurait dû creuser un écart irrémédiable sur Warner, stoppé à 4,90 m, Mayer s’est contenté d’un saut à 5,00 m, malgré un record personnel porté cet hiver à 5,60 m. Avant de s‘élancer pour le 1000 m final, il n’avait plus que 34 points d’avance sur Warner, soit l‘équivalent de 3 secondes!

“On s’en serait passé mais cela finit en beauté. Ce sera une expérience qui le fera avancer pour la suite”, a jugé son entraîneur Bertrand Valcin. Le technicien et son poulain, dont l’objectif principal en 2018 reste l’Euro à Berlin (7 au 12 août) en sont en tout cas persuadé: ils mettront dorénavant le hola sur la saison en salle les prochaines années pour éviter de tirer sur la corde et risquer de tout gâcher sur un week-end.

- Coleman en toute logique –

Le suspense de l’heptathlon a ensuite laissé place à une logique implacable sur le 60 m où Christian Coleman a démontré tout son formidable potentiel. A trois jours de fêter son 22e anniversaire, la nouvelle étoile du sprint américain a justifié sa réputation de future star de l’athlétisme, orphelin d’une grosse tête d’affiche depuis la retraite de la légende Usain Bolt.

Médaillé d’argent du 100 aux Mondiaux de Londres et recordman du monde du 60 m depuis le 18 février (6 sec 34), la fusée d’Atlanta a arraché le premier grand titre de sa carrière en 6 sec 37 et pris date pour l’avenir.

“Je ne pense pas que je m’habituerai un jour à ce genre de sensations, a expliqué Coleman. On ne peut pas être fatigué de gagner. C’est toujours un moment très fort. Je ne me fixe aucune limite, on verra ce qu’il se passera à l’avenir. J’ai une opportunité d‘être le leader de ce sport après Bolt mais il y a plein d’autres athlètes bourrés de talent”. L’Américain a toutefois pris une certaine longueur d’avance sur ses petits camarades.

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