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Le scrutin italien ébranle l’Union européenne

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Le scrutin italien ébranle l’Union européenne

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Le scrutin italien provoque une onde de choc auprès des institutions européennes. Après le Brexit, les résultats de ces élections ouvrent un nouveau front eurosceptique mais cette fois au cœur de la zone euro. Les électeurs dénoncent les mesures financières imposées par l'Union. Ils pointent du doigt la limite du déficit public fixée à 3% du Produit intérieur brut. "Nous voulons au contraire une politique d'investissement plus expansive après plusieurs années d'austérité qui ont porté un coup à tous les pays européens, en particulier ceux du sud. Donc il faut renégocier avec l'Europe car d'autres pays vont au-delà de ce seuil", détaille Paolo Magri, candidat du Mouvement 5 étoiles. Ces résultats italiens auront nécessairement un impact sur le débat européen à venir sur la réforme de la zone euro. Pour le chercheur de l’Université libre de Bruxelles, Mario Telo, il est "crucial" que l’Allemagne "propose une réforme de la zone euro capable de relancer une politique de croissance et d'empêcher de futures crises". Les regards européens se tournent désormais vers Paris et Berlin pour enrayer une vague populiste à travers les Etats membres. Selon Mario Telo "ce pourrait être une opportunité à ne pas manquer pour éviter que des phénomènes identiques se reproduisent rapidement en France et en Allemagne".

Selon différents observateurs cette crise des partis traditionnels frappe le cœur du système démocratique européen. "Il n’y a plus aujourd’hui en Italie, mais je dirais en Europe malheureusement, que des partis populistes et d’extrême droite qui proposent des changements", précise Jean-Michel De Waele, professeur de sciences politiques à l’Université libre de Bruxelles. Le cas italien symbolise la profonde crise du centre gauche en Europe. Nicolò Carboni est membre de la délégation du Parti démocrate au Parlement européen. Il estime que sa formation n’a pas analysé convenablement le changement de paradigme politique en cours en Europe. Mais il estime que l’extrême droite italienne et les mouvements populistes n’y sont pas parvenus non plus "mais ils ont peut-être proposé des réponses plus simples", juge-t-il.

Si les résultats économiques peuvent expliquer la défaite de la gauche, c'est la question migratoire qui a déstabilisé les forces du centre-droit. Une tendance confirmée par le succès du parti d'extrême droite la Ligue sur son partenaire de coalition, les conservateurs de Forza Italia.

Avec un accord de coalition confirmé pendant le week-end en Allemagne, l'Union européenne espérait obtenir un répit pour entamer des réformes politiques et économiques. Mais les Etats membres vont devoir une nouvelle fois faire preuve de patience.