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Brésil: L'étau se resserre autour de Lula, plus proche de la prison

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Brésil: L'étau se resserre autour de Lula, plus proche de la prison

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L’ex-président brésilien Lula, favori de la prochaine présidentielle au Brésil, pourrait se retrouver en prison dans quelques semaines après le rejet mardi d’un nouveau recours, un mois et demi après sa condamnation en appel à 12 ans de réclusion pour corruption.

Même si Luiz Inacio Lula da Silva allait en prison, il n’est pas certain toutefois qu’il serait déclaré inéligible pour le scrutin d’octobre, cette décision incombant à la justice électorale. Si elle était saisie, cette dernière ne se prononcerait qu’en juillet, après le dépôt officiel des candidatures.

Mardi, les cinq magistrats du Tribunal supérieur de justice (STJ) ont rejeté à l’unanimité une demande d’“habeas corpus” de ses avocats visant à lui éviter une incarcération avant l‘épuisement de tous ses recours.

L’avenir de Lula, 72 ans, est désormais suspendu à l’examen d’un autre recours, devant le tribunal de deuxième instance de Porto Alegre (TRF4).

C’est justement ce tribunal qui avait confirmé fin janvier sa condamnation, alourdissant même sa peine à 12 ans et un mois, contre neuf ans et demi en première instance.

L’icône de la gauche est accusée d’avoir accepté un luxueux appartement en bord de mer de la part d’une entreprise de construction impliquée dans le gigantesque scandale autour du groupe public Petrobras, ce qu’il nie farouchement.

- La Cour suprême attendue au tournant –

En 2016, un jugement de la Cour suprême (STF) a déterminé qu’une peine de prison pouvait être appliquée dès l‘épuisement des recours en deuxième instance, ce qui serait le cas pour Lula en cas de rejet du recours devant le TRF4.

Ses avocats argumentent pourtant qu’il devrait être maintenu en liberté tant qu’il peut encore faire appel de sa condamnation devant des instance supérieures.

“La décision du STJ montre que les institutions fonctionnent et que personne n’est au-dessus des lois”, a affirmé dans un communiqué Rodrigo Garcia, député du parti DEM (droite).

Malgré sa défaite de mardi devant le STJ, Lula n’a pas perdu tout espoir d’obtenir un “habeas corpus”. Une demande similaire a été déposée par sa défense devant la Cour suprême, qui a reporté sa décision à une date encore non déterminée.

Leader du bloc parlementaire du Parti des Travailleurs de Lula (PT), le député Paulo Pimenta a estimé mardi qu’il était “urgent” que le STF soumette cette demande au vote.

- ‘Procès kafkaïen’ –

Lula, 72 ans, se dit victime d’un complot ourdi par les élites et les médias brésiliens pour l’empêcher de se présenter au scrutin d’octobre et briguer un troisième mandat, après avoir dirigé le pays de 2003 à 2010.

Au début de l’audience devant le STJ, l’avocat de Lula, Sepulveda Pertence, a dénoncé un “procès kafkaïen” et considéré qu’une incarcération avant les recours devant les instances supérieures “violerait la présomption d’innocence”.

Lula lui-même a réitéré mardi matin que sa condamnation n‘était selon lui fondée sur aucune preuve.

“Ce procès, c’est comme si nous étions encore au temps de l’inquisition, sans nécessité de preuves, juste des convictions”, a déclaré l’ex-président mardi matin, dans un entretien à la radio Metropole de Bahia (nord-est).

“Le jour où la police ou le parquet prouvera que j’ai touché un seul réal (monnaie brésilienne), j’abandonnerai la vie publique”, a-t-il conclu, affirmant qu’il se considérerait comme un “prisonnier politique”, s’il devait se retrouver derrière les barreaux.

Jeudi dernier, dans un entretien exclusif à l’AFP, Lula a affirmé qu’il pensait à la prison “tous les jours”, mais s’est montré convaincu qu’il parviendrait à prouver son innocence et briguer un nouveau mandat.

“Une peine de prison peut être très longue, comme celle de Mandela (…) 27 ans, ou très courte comme celle de Gandhi. Je ne suis pas inquiet et ma seule préoccupation est de prouver mon innocence”, a-t-il affirmé.

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