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Présidentielle russe, mode d’emploi

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Présidentielle russe, mode d’emploi

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La date de cette présidentielle fixée le 18 mars prochain par le Conseil de la Fédération de Russie coïncidera avec le quatrième “anniversaire” de l’annexion de la Crimée. Huit candidats, dont le président Poutine, sont en lice pour ce scrutin. Une élection dont l’issue ne fait que peu de doutes. Revue d'effectif.

La jeune génération

Ksenia Sobchak : à 36 ans cette journaliste de télévision est la benjamine et la seule femme en lice pour cette élection. Elle vient d'une famille politique très en vue. Son père, Anatoli Sobtchak, maire de Saint-Pétersbourg dans les années 1990 a été le “mentor” du jeune Vladimir Poutine. Elle se présente comme candidate du parti libéral “Initiative civile” et se positionne comme une opposante résolue à l’actuel président.

Maxim Souraïkine : à la tête du parti “Communistes de Russie”, une formation d'extrême gauche marxiste-léniniste, Souraïkine est un vibrant nostalgique de l'Union soviétique. Âgé de 39 ans, il se définit lui-même comme un “stalinien convaincu”. Son slogan de campagne en atteste : “dix mesures staliniennes contre le capitalisme”.

La vieille garde

Vladimir Poutine : ancien dirigeant du KGB et président sortant, Vladimir Poutine, se présente cette année en tant que candidat indépendant. Mais, à 65 ans, sa candidature est portée par une coalition de plus de 1 500 petits partis, syndicats et ou groupes d'intérêt, sans oublier le parti au pouvoir “Russie unie”.

Vladimir Jirinovski : il fait figure de vieux briscard de la scène politique russe. A 71 ans, Il s’est présenté à toutes les élections présidentielles depuis 1991, à l’exception de 2004. Président du “parti libéral-démocrate de Russie”, qu’il a également fondé, ce populiste défend des positions fortement xénophobes, antisémites et ultranationalistes.

Gregori Yavlinski : cet économiste de 65 ans a été candidat à deux reprises à l’élection présidentielle, en 1996 et en 2000, pour le compte de la formation “Iabloko” d’inspiration sociale-libérale qu’il a cofondé en 1993. Réformateur du temps de l’URSS, il participa à la rédaction du programme économique de la perestroïka.

Les marginaux

Sergueï Babourine : en 1990, alors élu au Soviet suprême de Russie, il avait été l’un des seuls à voter contre la dissolution de l’URSS. Son parti, l’”Union des peuples russes” est à la croisée de l'extrême gauche et de l'extrême droite et prône des positions nationalistes et conservatrices. Il a notamment affiché son soutien à Radovan Karazic, “le boucher des Balkans”.

Pavel Groudinine : le “roi de la fraise” va se présenter pour le compte du Parti communiste sans en être membre. A 58 ans, ce chef d’entreprise est à la tête d’une des plus grandes fermes d’Etat, le sovkhoze Lénine, privatisé en 1995. Il aurait gagné, selon la commission électorale russe, 157,4 millions de roubles (2 250 000 €) entre 2011 et 2016.

Boris Titov : cet homme d'affaires de 58 ans est le “porte-voix” des entrepreneurs auprès du président russe. Il a fondé en 2009 le “Parti de la croissance” pour faire mettre en avant sa vision libérale de l'économie et pour soutenir l’action des PME.

Vingt-neuf autres candidats, dont l’opposant le plus virulent au Kremlin, Alexeï Navalny, se sont vu refuser le droit de participer au scrutin. Parmi ces candidatures retoquées par la commission, des écologistes, des monarchistes, des nationalistes et le dirigeant de l’association des clubs russes de strip-tease.

Qui représente réellement l'opposition à Poutine ?

Gregori Lavlinski peut être considéré comme l'une des rares alternatives. Mais le politicien de centre-droit a manqué de soutien populaire jusqu'à présent. En 2012, opposé au retour de Vladimir Poutine, sa candidature avait été ainsi écartée car il n’avait pas recueilli les deux millions de signatures nécessaires pour participer au scrutin.
Autre option : Ksenia Sobchak, qui se présente sous l’étiquette « contre tous » et se défini comme “anti-establishment”. Mais son opposition est jugée de façade par ses détracteurs...

Quid d'Alexeï Navalny ?

Critique sans relâche du Kremlin, Navalny a fait de la lutte contre la corruption sa principale préoccupation. Ces derniers mois, l’opposant numéro un a organisé de nombreuses manifestations contre le gouvernement. Des actions qui ont souvent abouti à son arrestation et à sa détention. Il a annoncé sa candidature pour les élections fin 2016 et a réussi à réunir les 100 000 signatures nécessaires pour participer au scrutin.

Mais sa candidature a été jugée irrecevable par la Commission électorale centrale en raison de son casier judiciaire. Alexeï Navalny, 41 ans, a porté plainte devant la Cour suprême de Russie. Mais sa demande a été rejetée, ainsi qu'une autre devant la Cour constitutionnelle. Il a ensuite appelé au boycott des élections de 2018.

Qui vote et comment voter?

Près de 109 millions de russes sont inscrits sur les listes électorales. 94 500 bureaux de vote vont être installés dans tout le pays, ainsi que 369 autres hors des frontières prévus pour les 1,8 million de Russes vivant à l’étranger.

Pour voter, les électeurs doivent simplement cocher une case à côté du nom du candidat

Le candidat ayant obtenu plus de la moitié des suffrages remportera le scrutin à l’issue du premier tour. Sinon les deux premiers avec le plus de votes se présenteront pour un second tour organisé trois semaines plus tard. Le mandat est de six ans, renouvelable une fois consécutivement.

Et si Vladimir Poutine gagne ?

Ce sera son quatrième mandat. Il a été d’abord été nommé président par Boris Eltsine, après que celui-ci a démissionné en 1999. Il a remporté sa première victoire électorale quelques mois plus tard en mars 2000. Réélu en 2004, il n'a pas pu concourir pour un troisième mandat en raison des règles constitutionnelles.

De 2008 à 2012, il sera le Premier ministre de Dmitri Medvedev. Se représentant en 2012, Vladimir Poutine est à nouveau élu Président de la fédération de Russie. En cas de victoire cette année, il pourra être au pouvoir jusqu’en jusqu'en 2024 Il aura alors 72 ans.