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Boxe: pour Tony Yoka, le plus dur est à venir

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Boxe: pour Tony Yoka, le plus dur est à venir

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Vainqueur de ses trois affrontements depuis qu’il est passé pro, Tony Yoka, épinglé pour des manquements à ses obligations de localisation, s’apprête à livrer un combat plus risqué pour sa carrière devant l’antidopage français.

Pour l’instant, le champion olympique de Rio a écopé, le 12 décembre, de 12 mois avec sursis devant la Fédération française de boxe, car il s’est vu reprocher trois infractions sur une période de douze mois, entre juillet 2016 et juillet 2017.

“C’est un sursis, donc ça lui permet de continuer sa carrière sereinement et de faire le combat du 7 avril” contre son compatriote Cyril Léonet au Palais des Sports de Paris, assure à l’AFP Jérôme Abiteboul, dirigeant de Ringstar France, filiale française de Ringstar Sports, promoteur de Tony Yoka.

Mais c’est peut-être une autre sanction, ferme cette fois, qui attend le boxeur devant l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD).

- Négligence –

En principe, cette autorité a la possibilité de se saisir de tout dossier quand elle estime qu’une fédération n’a pas prononcé une sanction suffisante, ce dont la FF boxe se défend mercredi, assurant “avoir totalement respecté la procédure”.

Pour Yoka, ce sera obligatoire. Une décision du Conseil constitutionnel du 2 février, venue retoquer la loi en vigueur, impose à l’AFLD de reprendre en main tous les dossiers en cours.

Or, pour ce type de faute, le code de l’Agence mondiale antidopage (AMA) est clair: c’est deux ans de suspension ferme, ou un an au mieux, “en fonction du degré de la faute du sportif”. Le droit français dispose que la peine puisse être encore réduite en raison de “circonstances particulières”, mais l’AFLD a l’habitude de suivre l’AMA.

Quoi qu’il en soit, il va falloir que le boxeur prouve sa bonne foi et démontre que ces manquements relèvent plus de la négligence que d’une volonté d’enfreindre les règles.

Une fois reçue la notification des griefs de l’AFLD, Yoka et son entourage pourront constituer son dossier de défense, avant une convocation devant le collège de l’agence antidopage. En principe, celui-ci délibère le jour même, puis la décision rédigée est notifiée au sportif. S’il y a suspension, elle débute à partir de la notification. Tony Yoka aurait alors deux mois pour contester la décision devant le Conseil d’Etat, un recours non suspensif sauf s’il en fait la demande et que celle-ci est acceptée par le juge.

- Coup d’arrêt –

La négligence, c’est ce que défend son avocat, Me Arnaud Péricard, en plaidant des erreurs de localisation et “une période de relâchement de quelques mois (après son titre olympique de Rio) où M. Yoka est beaucoup moins rigoureux sur ses obligations, ne sait pas encore quel sens il veut donner à sa carrière et ne sait pas non plus qu’il est encore assujetti à l’obligation de géolocalisation”.

Alors que 2018 doit, en théorie, voir le boxeur de 25 ans accélérer le rythme avec cinq ou six combats, dont certains aux Etats-Unis, une suspension ferme marquerait un coup d’arrêt dans le plan bien huilé de conquête sous quatre ans d’un titre mondial entamé l’an dernier et pour lequel Yoka s’est très bien entouré.

Outre Ringstar et son influent patron Richard Schaefer, ancien vice-président des activités bancaires UBS aux Etats-Unis qui a travaillé avec le boxeur américain Oscar de la Hoya, le Français s’est adjoint les services de l’entraîneur Virgil Hunter, mentor d’Andre Ward, qui a dominé les super-moyens entre 2009 et 2015.

Côté médias, il a signé avec Canal+ un contrat d’exclusivité annoncé en janvier 2017 pour la diffusion de ses combats pendant quatre ans, pour une somme évaluée à 1,5 million d’euros par an selon les médias. Restera-t-il aussi “bankable” après cet incident de parcours et la possibilité d‘être éloigné des rings ?

La révélation mardi de sa sanction, même assortie de sursis, écorne en tout cas déjà un peu plus l’image d’un boxeur auquel certains reprochent la faiblesse de ses premiers adversaires même si cela est commun en début de carrière et son exposition médiatique jugée prématurée et excessive.

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