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Les avocats du Losc et d'"El Loco" en viennent aux mots

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Les avocats du Losc et d'"El Loco" en viennent aux mots

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“Ce n’est pas un débat entre vous”, s’agace le président des Prud’hommes de Lille, pour recadrer les avocats du Losc et de Marcelo Bielsa, bouillants. Les conseils d’“El Loco” ont réclamé mardi une provision de 6 M EUR. Et ce n’est qu’un début…

La décision sur ce point sera rendue le 3 avril. Puis viendra l’examen de l’affaire sur le fond, et là, Bielsa réclame 18 millions d’euros. Tout un programme.

Mardi, pour leur première confrontation publique, Me Carlo Alberto Brusa, conseil d’“El Loco”, puis Me Bertrand Wambeke, défenseur du Losc, ont chacun plaidé environ une demi-heure, après avoir commencé l’audience en s’invectivant à plusieurs reprises.

“Merci pour ce cours de droit”, a lancé ironiquement le président du Conseil des Prud’hommes à Me Brusa après un long monologue de ce dernier sur la législation française.

Le moment le plus croustillant? Quand Me Wambeke a livré un récit rocambolesque de la remise à Bielsa de sa convocation à un entretien préalable au licenciement fin novembre.

Selon lui, le technicien argentin avait donné son accord au directeur général Marc Ingla pour venir dans son bureau. Mais ne s’est pas présenté au rendez-vous alors qu’il se trouvait pourtant au Domaine de Luchin (le centre d’entraînement du Losc). Et alors qu’on allait le chercher, il s’est “enfui en voiture à son hôtel”, toujours selon Me. Wambeke.

Le dirigeant nordiste s’est donc présenté dans l‘établissement cinq étoiles où vivait Bielsa. Mais ce dernier était “enfermé à double-tour dans sa chambre”, refusant de descendre à la réception. C’est la directrice de l’hôtel qui a ensuite remis à l’entraîneur ladite convocation le lendemain.

L’Argentin s’est ensuite présenté dans le bureau de M. Ingla flanqué d’un huissier, niant avoir reçu le courrier, alors qu’“il dépassait de sa poche” selon Me Wambeke… Me Brusa n’a pas rebondi là-dessus.

- ‘M. Bielsa a tout perdu’ –

Cette audience en référé n’avait pas pour but de débattre du fond, c’est à dire le bien-fondé du licenciement de l’Argentin. L’objet, c‘était d‘étudier la demande des conseils de Bielsa de condamner le Losc à verser une provision de 6 millions d’euros à son ancien entraîneur.

“Le contentieux a pris une dimension internationale qui l’empêche de travailler. M. Bielsa a tout perdu: sa condition d’entraîneur, la possibilité d’entraîner et il ne touche pas le chômage, donc la provision se justifie”, a plaidé Me Brusa au sujet de son client, qui touchait 254.000 euros nets mensuels au Losc.

Le technicien “n’a aucune envie de blesser ou de tuer le club” selon son avocat, qui affirme que son client est actuellement “en souffrance”.

“El Loco”, licencié pour “faute grave”, s’appuie sur une “clause parachute” dans un pré-contrat signé le 14 février 2017 — jour de Saint-Valentin, ça ne s’invente pas — pour réclamer 18 millions d’euros au club nordiste. “Ces chiffres ne sont pas ahurissants par rapport à la réalité du foot”, estime Me Brusa.

- Bielsa “pugnace et agressif” –

Le Losc fait valoir que le seul contrat de travail entre les deux parties a été signé le 1er juillet 2017. “Le contrat reprend certains termes (du pré-contrat, ndlr) mais il n’a jamais été question d’octroyer un parachute doré”, souligne Me Wambeke, qui a déploré “le harcèlement procédural sans bornes” mené par l’Argentin, taxé de “pugnace et agressif”.

La “lettre de licenciement fait six pages” et liste des “fautes caractérisées”, comme “refuser d’appliquer des consignes ou l’irrespect (envers) son président”, indique Me Wambeke, ce qui lui a valu une remontrance du président car le fond de l’affaire n‘était pas au menu du jour.

La décision sera rendue le 3 avril prochain mais ne constituera que le début des hostilités. “La suite inévitable sera la saisie des Prud’hommes sur le fond. Il n’y sera plus seulement question de dédommagements, mais aussi de préjudice moral, préjudice matériel, préjudice d’image et aussi apprécier si les conditions d’une faute grave étaient réunies” explique Me Brusa, qui ajoute qu’il y a “toujours la possibilité de trouver un accord”.

“Nous n’avons jamais reçu aucune offre chiffrée, aucune invitation, en dépit de ce qui vient d‘être dit, donc j’attends”, rétorque Me Wambeke. La guerre ne fait que commencer…

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