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La Suède et la Corée du Nord, quatre décennies de diplomatie

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La Suède et la Corée du Nord, quatre décennies de diplomatie

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La visite du chef de la diplomatie nord-coréenne en Suède, pays qui représente les intérêts américains à Pyongyang, témoigne des relations diplomatiques déjà anciennes entre les deux Etats. Voici cinq choses à savoir sur ces relations.

Quatre décennies de diplomatie

La Suède est un membre historique de la Commission de supervision des nations neutres en Corée (NNSC) chargée de contrôler le respect de l’armistice de la guerre de Corée (1950-53).

Suède et Corée du Nord entretiennent des relations diplomatiques depuis le début des années 1970. La Suède a ouvert son ambassade en Corée du Nord en 1975, un an après l’ouverture par Pyongyang de la sienne à Stockholm.

L’ambassade suédoise, dirigée depuis septembre 2017 par Jonas Wendel, représente les intérêts des Etats-Unis, du Canada, de l’Australie et des autres pays nordiques, en tant que puissance protectrice.

Médiation

C’est en sa qualité de puissance protectrice que le pays scandinave a facilité la libération de l’Américain Otto Warmbier, arrêté à Pyongyang en 2016 et décédé peu après son retour aux Etats-Unis. Le président américain Donald Trump avait remercié la Suède après la libération de l‘étudiant.

C’est également à ce titre que la Suède reçoit ces jeudi et vendredi le ministre nord-coréen des Affaires étrangères Ri Yong Ho, pour des entretiens avec son homologue Margot Wallström sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne, le projet de sommet entre Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, ainsi que le sort de trois Américains toujours détenus par le Nord.

Ces consultations ont été précédées par la venue très discrète en janvier à Stockholm de l’influent vice-ministre nord-coréen des Affaires étrangères, Han Song Ryol. Le même mois à Vancouver (Canada), la secrétaire d’Etat suédoise aux Affaires étrangères, Annika Söder, avait participé à une réunion sur la Corée du Nord convoquée par les chefs des diplomaties canadienne et américaine.

Le Premier ministre à Pyongyang

En 2001, la Suède assure la présidence tournante de l’Union européenne. A la tête d’une délégation de l’UE, flanqué d’une cohorte de journalistes étrangers, le Premier ministre Göran Persson se rend à Pyongyang où il est reçu en grande pompe par le leader Kim Jong Il, père de Kim Jong Un. M. Persson est le premier chef de gouvernement occidental à se rendre à Pyongyang. Avec le Commissaire européen aux relations extérieures, Chris Patten, et du haut représentant des Quinze aux affaires étrangères, Javier Solana, ils évoquent la réconciliation coréenne et la dénucléarisation. A l’issue de cette visite exceptionnelle, l’UE avait décidé d‘établir des relations diplomatiques avec la Corée du Nord.

Petit commerce

La Suède et la Corée du Nord commercent depuis les années 1970, avec des volumes de plus en plus dérisoires: en 2017, la Suède a exporté pour 625.000 couronnes de marchandises vers la Corée du Nord et importé pour 779.000 couronnes de biens nord-coréens (machines, appareils, électroniques), selon les statistiques du Conseil national du commerce, un organisme public chargé du commerce extérieur de la Suède.

En 2013, les exportations suédoises vers Pyongyang avaient culminé à 3,3 millions, avant l’effondrement des échanges sous l’effet des sanctions frappant le régime de Kim Jong-Un.

La Suède est un des principaux pays pourvoyeurs d’aide humanitaire au pays, avec 23 millions de couronnes (2,3 millions d’euros) en 2017, via les Nations unies et la Croix-Rouge notamment, selon le ministère des Affaires étrangères.

Les impayés de Pyongyang

La Corée du Nord doit 2,7 milliards de couronnes (270 millions d’euros) d’impayés à la Suède, intérêts compris, depuis les années 1970, selon un récent rapport du Parlement suédois. Il s’agit notamment d’une dette pour l’achat de 1.000 voitures de marque Volvo, d’outillage minier Atlas Copco et d‘équipement maritime ASEA (devenu ABB en 1999 après sa fusion avec le suisse Brown Boveri). L’Institut suédois du crédit à l’export, mandaté par le gouvernement, notifie tous les six mois ses créances à la Corée du Nord.

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