DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Equitation: saut Hermès, ou comment convoquer l'histoire en un lieu prestigieux

Vous lisez:

Equitation: saut Hermès, ou comment convoquer l'histoire en un lieu prestigieux

Taille du texte Aa Aa

Le Saut Hermès, qui célèbre sa 9e édition ce week-end au Grand Palais à Paris avec en point d’orgue le Grand Prix dimanche, a impulsé une nouvelle manière d’interpréter le concours de saut d’obstacles en convoquant l’histoire plus que centenaire de la discipline en un lieu emblématique.

Et les chevaux, acteurs incontournables du décor parisien avant d’en être chassés par l’automobile après la seconde guerre mondiale, sont rentrés à nouveau dans la Ville Lumière.

Plutôt deux fois qu’une depuis 2014 et le Paris Eiffel Jumping, concours en plein air du début de l‘été, qui a pour théâtre l’esplanade du Champs-de-Mars, avec en perspective l’imposante Tour.

Dans la foule des marcheurs, qui déambulent sur les Champs-Elysées entre deux averses, petits et grands épient les déambulations tranquilles des équidés entre leurs boxes provisoires installés sur l’allée de la plus belle avenue du monde et l’entrée des “artistes” du Grand Palais.

“La noblesse naturelle, la beauté sans fard”, s’exclame Christian, parisien “depuis un demi-siècle”, venu en voisin.

“Ce sont de véritables champions. Les bruits de fond de la circulation automobile ne les dérangent pas”, rassure Geoffroy De Thoisy, responsable des écuries.

– Planètes –

La conjonction des planètes Histoire, Lieu et Prestige était favorable quand le Saut a été institué en 2010, avec le support logistique et l’expertise sportive de la société GL Events.

“Harnacheur-sellier depuis 1837, l’histoire de Hermès a été liée au cheval, pendant presque un siècle son unique client”, souligne Marion Larochette, directrice du métier équitation au sein de la Maison.

Et la responsable de rappeler: “Le Grand Palais, construit pour l’Exposition universelle de 1900, avait été conçu depuis le départ pour abriter des compétitions équestres, et jusqu’en 1952 il y avait des concours hippiques dans ce monument, dont les sous-sols étaient des écuries”.

“Hermès, c’est un concours qui se détache un peu par son cadre, incroyable, exceptionnel. Quand on arrive ici pour la première fois, on est complètement ébahis”, remarque en renversant la tête sous la grande verrière Patrice Delaveau, double vice-champion du monde (individuel/équipes) en 2014 à Caen.

Si l’inflation des cinq étoiles (les concours les mieux rémunérées de l‘élite) au cours des dernières années, notamment en France, n’a pas favorisé la lisibilité du calendrier, elle a permis aux écuries de diversifier les objectifs de chaque monture. Dimanche, le Grand Prix offre une allocation de 400.000 euros, dont un tiers au vainqueur.

“Il faut venir au Grand Palais avec des chevaux qui aiment sauter sur des petites pistes. Ceux qui vont sauter à Chantilly, sur une piste très grande, ne sont pas les mêmes. C’est confortable pour les chevaux de pouvoir “choisir” les concours, et non pas de les répéter les uns après les autres”, note Patrice Delaveau.

“C’est un événement qui nous ressemble”, insiste la directrice du mértier équitation. Hermès continue de creuser le sillon du travail bien fait, du détail, de l’amour du cheval.

– Cavaliers-partenaires –

La notion de transmission est également capitale au contact d’une vingtaine de cavaliers-partenaires des trois disciplines olympiques (saut, concours complet, dressage).

“Ce sont des vrais partenaires qui nous aident, et particulièrement Laurent Gobelet, le maître sellier, à être dans une quête permanente de la meilleure selle possible. On travaille aussi avec un vétérinaire équin qui nous aide à faire parler le cheval”, précise M. Larochette.

Quelque 5000 selles, entièrement artisanales, sont vendues annuellement, entre 4500 et 6500 euros l’unité.

Parmi ces collaborateurs, on retrouve les Français Nicolas Astier, double médaillé d’or et d’argent de concours complet aux Jeux de Rio, et Victor Levecque, 19 ans. Tête bien faite étudiant en 2e année à Science Po Paris, Victor est le grand espoir de la discipline sur la route des Jeux de Paris-2024.

Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2018 - Agence France-Presse.
+Voir plus
Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© 2018 - Agence France-Presse. Toutes les informations (texte, photo, vidéo, infographie fixe ou animée, contenu sonore ou multimédia) reproduites dans cette rubrique (ou sur cette page selon le cas) sont protégées par la législation en vigueur sur les droits de propriété intellectuelle. Par conséquent, toute reproduction, représentation, modification, traduction, exploitation commerciale ou réutilisation de quelque manière que ce soit est interdite sans l’accord préalable écrit de l’AFP, à l’exception de l’usage non commercial personnel. L’AFP ne pourra être tenue pour responsable des retards, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus dans le domaine des informations de presse, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations. AFP et son logo sont des marques déposées.