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La Coupe Davis, une espèce menacée

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La Coupe Davis, une espèce menacée

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Contrainte de se réinventer pour retrouver du lustre, la Coupe Davis n’est pas à l’abri d’une disparition, alors que la réforme voulue par la Fédération internationale ne fait pas l’unanimité et que l’ATP envisage de relancer sa propre “Coupe du monde”.

La vénérable compétition par équipes nationales, née en 1900, subira une refonte totale dès l’an prochain si le projet de l’ITF est validé lors de son assemblée générale mi-août à Orlando.

Fini le feuilleton étalé sur quatre tours tout au long de l’année, les rencontres à domiciles et à l’extérieur ainsi que les joutes au meilleur des cinq manches… Place à une nouvelle formule resserrée sur une semaine en novembre et dans une seule ville, peut-être en Asie, où 18 équipes ferrailleraient en deux sets gagnants.

La réforme a soulevé un vent de contestation, surtout en France, tenante du titre, où la plupart des joueurs la considèrent comme une mise à mort de l‘épreuve. “La fin de la Coupe Davis. Quelle tristesse. Ils ont vendu l‘âme d’une épreuve historique”, a estimé Yannick Noah, le capitaine des Bleus, alors que le président de la Fédération française (FFT) Bernard Giudicelli, par ailleurs responsable du comité Coupe Davis, soutient le projet après moult réflexions.

“Ce n’est pas ce que je souhaitais au départ. J’aurais préféré une Coupe Davis sur deux ans, plus rare, mais il faut arrêter avec cette espèce de romantisme. L‘étude des différentes solutions envisagées est implacable. Seul ce projet garantit la survie de la Coupe Davis et de l’ITF.”

L’enjeu ? Endiguer l‘érosion de l’attractivité auprès des meilleurs joueurs. Le format allégé et l’argent, dont 20 millions de dollars de prize money redistribués aux joueurs, sont des arguments, selon les dirigeants de l’ITF, pour reconquérir le cœur des stars qui ont tendance à snober la Coupe Davis après l’avoir gagnée.

Le hic, c’est que l’ATP a ressorti des cartons la “World Team Cup”. Arrêtée en 2012 après 35 ans d’existence, cette compétition est en passe de refaire surface dès le début de la saison 2020 dans une mouture bien plus rémunératrice pour les joueurs – 15 millions de dollars de prize money ont été évoqués – que la précédente, avec des contours proches de la future probable Coupe Davis.

“C’est un projet excitant sur lequel nous travaillons depuis dix-huit mois maintenant, avec quelques détails à finaliser”, a affirmé le patron de l’ATP Chris Kermode qui souhaite l’organiser chaque année début janvier… quelques semaines après la Coupe Davis, déjà concurrencée l’an passé par la Laver Cup. Cette exhibition, initiée par Roger Federer, oppose une sélection européenne au Reste du monde durant trois jours en septembre.

- Lutte de pouvoir –

Pour le Britannique Jamie Murray, membre du conseil des joueurs de l’ATP, il n’y a pas assez de place pour deux Coupes du monde. “C’est plutôt une course contre la montre pour voir lequel dégainera (son projet) le premier”, a-t-il estimé sur la BBC.

Sur fond de lutte de pouvoir, l’ITF espérait couper l’herbe sous le pied de l’ATP en dévoilant le sien fin février avec l’appui du groupe d’investissement Kosmos, géré par le footballeur espagnol Gerard Piqué. Le défenseur du Barça avait d’abord engagé des discussions avec l’ATP… sans succès.

Mais, les récentes déclarations de Chris Kermode menacent l’avenir de la Coupe Davis qui n’a pas la certitude d’attirer les meilleurs joueurs en toute fin de saison, après le Masters, quand le besoin de vacances se fait ressentir pour les organismes.

Organisée en tout début d’année en Australie, la WTC pourrait elle servir de préparation avant le premier grand tournoi, à Melbourne.

L’autre plus-value du projet de l’ATP: il rapporterait des points, potentiellement jusqu‘à 1000, alors que la Coupe Davis n’en offrira pas, même après refonte. Le lifting de la “vieille dame” n’est d’ailleurs pas certain à 100%, puisque celui-ci doit emporter l’adhésion des deux tiers des votants lors de l’AG en Floride.

Bernard Giudicelli a beau se montrer confiant, le souvenir du vote de 2017 à Hô Chi Minh reste dans les mémoires. Le souhait de l’ITF de faire passer la durée des matches de trois à deux sets gagnants avait alors été rejeté… à quelques voix près.

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