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Triomphe de Poutine, peu de réactions des occidentaux

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Triomphe de Poutine, peu de réactions des occidentaux

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C'est presque devenu une habitude, Vladimir Poutine, seul face à la foule de ses supporters, réunis sur la place rouge.

Une ovation pour une victoire d'une ampleur sans précédent en dix-huit ans de pouvoir malgré les milliers d’irrégularités dénoncées par l’opposition.

On le disait imbattable, sans réels opposants, le scrutin l'a prouvé. Même le taux de participation est en hausse par rapport à 2012 puisque près de 2/3 (64,7%) des électeurs ont pris part au vote.

Selon les résultats quasi définitifs, il a réuni sur son nom 76,6% des voix, 56 millions d'électeurs, bien plus que l'objectif de 70% que s'était fixé le kremlin.

Après dépouillement de 99,8% des bulletins, M. Poutine a largement devancé son principal adversaire, le candidat du Parti communiste Pavel Groudinine, qui n'a récolté que 11,79% des voix, devant l'ultranationaliste Vladimir Jirinovski, à 5,66%, et la journaliste proche de l'opposition libérale Ksénia Sobtchak (1,67%).

Symboliquement, le scrutin se tenait quatre ans jour pour jour après la ratification du rattachement de la Crimée, à l'issue d'une opération militaire et d'un référendum jugé illégal par Kiev et les Occidentaux.

Elections transparentes pour les autorités, victoire décidée d'avance pour Navalny

La participation a été portée par les vastes efforts déployés par le Kremlin pour mobiliser des électeurs à se rendre à une élection dont l'issue ne faisait aucun doute.

"Notre peuple s'unit toujours dans les moments difficiles. Plusieurs dirigeants étrangers ont apporté leur contribution. Un grand merci à eux", a renchéri la présidente de la Commission électorale, Ella Pamfilova.

Elle a estimé que les élections avaient été "transparentes au maximum", en passant en revue lundi en direct à la télévision quelques cas de fraudes signalés dans les bureaux de vote et les mesures prises en réaction.

L'opposition russe, et en premier lieu l'adversaire le plus acharné du pouvoir Alexeï Navalny, interdit de participation au scrutin et qui avait appelé au boycott, ont accusé les autorités d'avoir gonflé le taux de participation grâce à de nombreuses fraudes, en bourrant les urnes ou en organisant le transport massif d'électeurs vers les bureaux de vote.

"La victoire de Poutine avec plus de 70% a été décidée à l'avance", a expliqué l'opposant, qui a prévenu qu'il continuerait à appeler à des manifestations, "seul moyen de mener une lutte politique en Russie".

Pas de félicitations de l'occident

Seuls les alliés traditionnels de Moscou ont salué sa victoire. Les chancelleries occidentales sont restées muettes à l'exception de l'Allemagne, qui via le porte parole de la chancelière a évoqué les différences d'opinion notamment sur l’Ukraine ou la Syrie. Lundi, Emmanuel Macron a adressé à son homologue, "ses voeux de succès pour la modernisation politique, démocratique, économique et sociale du pays", lors d'un entretien téléphonique.

Le chef de l'Etat "a rappelé son attachement à un dialogue constructif entre la Russie, la France et l'Europe" et "redit sa conviction que, sur une base clarifiée, la coopération entre l'Europe et la Russie, essentielle à la sécurité du continent européen, était dans l'intérêt des (deux) pays", selon un communiqué diffusé par l'Elysée.

Avec AFP