DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

L'auteur de la tuerie de la mosquée de Québec face à ses juges

Vous lisez:

L'auteur de la tuerie de la mosquée de Québec face à ses juges

Taille du texte Aa Aa

Le procès de l’auteur de la fusillade mortelle de la mosquée de Québec fin janvier 2017 a débuté lundi dans la capitale de la province francophone canadienne avec un premier débat de procédure avant de passer ensuite à la sélection du jury populaire.

Chemise bleue ciel et pantalon noir, Alexandre Bissonnette, 28 ans, est entré dans la grande salle du tribunal en lançant un regard furtif vers un public clairsemé où ont pris place la veuve d’une des victimes, des responsables de la mosquée et quelques curieux.

Le dimanche 29 janvier 2017 un peu avant 20H00, alors que la dernière prière vient de se terminer à la mosquée au coeur d’un quartier résidentiel de Québec, un homme fait brusquement irruption avant de tirer sur un groupe d’une quarantaine d’hommes. Six musulmans sont tués et parmi les nombreux blessés, cinq le sont grièvement, l’un étant aujourd’hui tétraplégique.

Environ un quart d’heure plus tard, Alexandre Bissonnette compose le numéro d’urgence de la police pour confesser son geste meurtrier et attend les forces de l’ordre dans sa voiture, au bord d’une route à 20 km de la mosquée.

L’ouverture lundi du procès apparaît pour beaucoup comme un rappel douloureux d’une soirée encore dans toutes les mémoires.

Le juge François Huot égrène à l’adresse de l’accusé les 12 chefs d’accusation, six pour meurtres et autant pour tentatives de meurtres.

“Non coupable”, murmure Alexandre Bissonnette à chacun de ces chefs d’accusation avant de regagner son box.

- Introverti, éduqué –

Présenté après la tuerie comme un suprémaciste blanc, Alexandre Bissonnette reste plutôt sans réaction aux débats de procédures qui s’engagent entre ses avocats et le juge sur les pièces à conviction ou les témoignages pouvant être présentés pendant le procès aux jurés.

Ces débats, frappés d’un interdit de publication, précèdent la sélection des 12 jurés prévue pour débuter dans une semaine. D’ici là, le juge, les avocats de la défense et des parties civiles, la Couronne soit le procureur général, vont examiner les demandes d’exemption déposées par une bonne centaine d’appelés parmi plus de 600 jurés convoqués.

Le procès pourra ensuite réellement débuter avec l’exposé des faits puis les premiers témoins pour arriver fin mai aux plaidoiries.

Introverti, éduqué, sans histoire particulière, Alexandre Bissonnette, était jusqu‘à la soirée d’hiver meurtrière étudiant en sciences politiques à l’université Laval toute proche du lieu de culte. Il affichait alors volontiers des idées nationalistes sans être pourtant affilié à un mouvement.

Qualifiée le soir même d’“attentat terroriste” par le Premier ministre Justin Trudeau, la tuerie reste la pire jamais perpétrée contre des fidèles dans une mosquée en Occident.

Le réveil a été brutal à Québec et dans l’ensemble du Canada, un pays bercé de discours d’ouverture et de liberté qui accueille des réfugiés par milliers, même si des militants de mouvements nationalistes défilent ouvertement dans les rues de Québec pour réclamer la fermeture des frontières.

Les six musulmans tués étaient tous des binationaux: deux Algériens, deux Guinéens, un Marocain et un Tunisien. Epicier, informaticien ou professeur d’université, ils étaient tous intégrés à la vie québécoise depuis de longues années.

A ce procès, la communauté musulmane de Québec veut avoir des éléments de réponses sur cette attaque contre leur communauté qui a été rassérénée par l‘élan de solidarité manifesté par les Québécois juste après la tragédie, comme lors du premier anniversaire il y a un peu plus de deux mois.

Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2018 - Agence France-Presse.
+Voir plus
Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© 2018 - Agence France-Presse. Toutes les informations (texte, photo, vidéo, infographie fixe ou animée, contenu sonore ou multimédia) reproduites dans cette rubrique (ou sur cette page selon le cas) sont protégées par la législation en vigueur sur les droits de propriété intellectuelle. Par conséquent, toute reproduction, représentation, modification, traduction, exploitation commerciale ou réutilisation de quelque manière que ce soit est interdite sans l’accord préalable écrit de l’AFP, à l’exception de l’usage non commercial personnel. L’AFP ne pourra être tenue pour responsable des retards, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus dans le domaine des informations de presse, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations. AFP et son logo sont des marques déposées.