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Combat d'avocats médiatiques autour de Trump

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Combat d'avocats médiatiques autour de Trump

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Et si, pour Donald Trump, la menace contre sa présidence n‘était pas seulement le procureur spécial Robert Mueller mais aussi l’actrice de films X Stormy Daniels? En coulisse de ces affaires explosives se déroule une lutte épique entre avocats chevronnés.

Ce combat a ses victimes: le camp Trump a récemment enregistré plusieurs défections retentissantes, un paradoxe quand on sait qu‘être recruté pour défendre un président est, pour tout juriste, un couronnement.

Voici les poids lourds sur le ring judiciaire:

- Un flamboyant pilote –

Des yeux bleus perçants, un teint hâlé de Californien, une vie rythmée par les décharges d’adrénaline: Michael Avenatti a juré d‘être le cauchemar de Donald Trump, en lui faisant “cracher le morceau” sur sa relation présumée avec l’actrice de films pornographiques Stormy Daniels.

Ce pilote de bolides, familier de la jet-set et des circuits de Grand prix, s’affiche sur le site de son cabinet juridique en combinaison de coureur automobile.

Mais c’est un adversaire redoutable également dans les prétoires: l’année dernière, il a fait condamner le géant des produits d’hygiène Kimberly-Clark à une amende record de 454 millions de dollars dans une affaire de tuniques chirurgicales douteuses.

Les contentieux d’affaires dont s’occupent ce quadragénaire célibataire se chiffrent en millions de dollars… uniquement pour les frais judiciaires.

M. Avenatti accuse de mensonge M. Trump, qui nie toute liaison avec la pulpeuse Stormy.

Mais, selon l’avocat qui s‘épanouit sous la lumière des projecteurs, là n’est pas le pire: l’actrice “fait l’objet de menaces heure par heure”.

Quant à la clause de confidentialité qu’elle a signée en 2016 avec Michael Cohen, l’avocat de M. Trump, il dit que celle-ci est caduque car il manque la signature du milliardaire.

“On n’en est qu’au début. Nous disposons de toute une série de preuves”, a mis en garde M. Avenatti, en promettant des révélations fracassantes “dans les prochaines semaines et mois”.

Il a tweeté jeudi une photo énigmatique d’un disque compact dans un coffre-fort, sous-entendant qu’il pourrait avoir des photos compromettantes pour M. Trump.

M. Avenatti est épaulé par l’organisation Common Cause, qui a déposé plainte en accusant M. Cohen d’avoir violé les règles de financement électoral.

“Ce paiement visait à influencer une élection. Il aurait donc dû être mentionné par l‘équipe de campagne de Trump. Cela n’a pas été le cas. Il s’agit d’une première infraction à la loi fédérale de financement électoral”, a expliqué à l’AFP Paul Ryan, de Common Cause.

“La seconde infraction est que Michael Cohen est autorisé à donner seulement 2.700 dollars à un candidat américain. En fait, il a offert 130.000 dollars à Donald Trump en achetant le silence de Stormy Daniels”.

- Un “pitbull” –

Fidèle défenseur de Donald Trump, Michael Cohen est son avocat personnel. On l’a présenté comme un “pitbull” gardant farouchement la tour Trump.

Ce natif de Long Island a d’abord été démocrate avant de virer républicain. Il a investi dans diverses propriétés immobilières de M. Trump et a rejoint la Trump Organization dans les années 2000. Plus tard, il a été l’un de ses porte-parole de campagne.

“Je défendrai toujours M. Trump”, a assuré l’avocat. Il a admis avoir versé de ses fonds propres 130.000 dollars à Stormy Daniels, en échange du silence de la vedette X.

En 2015, M. Cohen avait menacé un reporter du site Daily Beast, qui l’avait contacté à propos d’accusations formulées par Ivana Trump, l’ex-femme du magnat des affaires, qui avait assimilé à un “viol” leurs relations conjugales.

“Si vous écrivez un article incluant le nom de Trump et le mot viol, je ferai de votre vie un enfer”, avait averti M. Cohen.

- Maison Blanche: le bateau tangue –

Le président Trump a affirmé dimanche que “beaucoup d’avocats de premier plan” étaient prêts à assurer sa défense face à l’enquête du procureur spécial Robert Mueller, chargé notamment de prouver une éventuelle entente entre l‘équipe de campagne de Trump et Moscou.

Mais, dans les faits, son équipe de juristes se résumait lundi à une “armée d’un homme”, selon le New York Times.

Celui-ci, Jay Sekulow, est un conservateur spécialiste des dossiers de liberté religieuse.

John Dowd, l’avocat qui dirigeait l‘équipe, a jeté l‘éponge jeudi, estimant que ses recommandations n‘étaient pas suivies par le président.

Cette démission a renforcé une impression de fébrilité à la Maison Blanche. Deux autres avocats dont l’arrivée avait été annoncée, Joseph diGenova et Victoria Toensing, ont fait savoir dimanche qu’ils renonçaient.

Un autre ténor du barreau de Washington, Theodore Olson, a décliné l’invitation. Il avait défendu avec succès George W. Bush dans son litige électoral contre Al Gore.

- Une star féministe –

Dans l’ombre de ces deux dossiers s’active une autre avocate, sans doute la plus célèbre des États-Unis: Gloria Allred représente Summer Zervos, une femme qui accuse Donald Trump de l’avoir embrassée de force en 2007.

Étant donnée la prescription pour agression sexuelle, Mme Allred a assigné M. Trump en justice pour diffamation.

Une magistrate de New York a débouté mardi les conseils du président et jugé que ces poursuites pouvaient continuer.

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