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La stabilité à la frontière de Gaza à l'épreuve de la protestation palestinienne

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La stabilité à la frontière de Gaza à l'épreuve de la protestation palestinienne

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Des Palestiniens se préparent à camper pendant un mois et demi le long de la frontière séparant la bande de Gaza d’Israël sous l‘étroite surveillance des soldats israéliens prêts à répondre par la force si ce mouvement exceptionnel venait à dégénérer.

Dans un contexte de tensions ravivées, et bien qu’il se veuille pacifique, le rassemblement prévu à partir de vendredi dans la bande de Gaza et intitulé “la grande marche du retour” semble à la merci d’un dérapage et fait redouter une nouvelle flambée de violences israélo-palestiniennes.

Pendant plus de six semaines, les Gazaouis coupés du reste du monde en raison du blocus israélien sont appelés à camper à quelques centaines de mètres de la barrière israélienne qui clôt la frontière de Gaza. Au sud, l’autre frontière, avec l’Egypte, est fermée quasiment en permanence.

Dès vendredi, des milliers de Palestiniens sont attendus dans les cinq camps de toile en cours de construction à quelques centaines de mètres de la frontière.

Le début de la protestation coïncide avec la “Journée de la terre”, hommage annuel à six Arabes israéliens tués en 1976 lors de manifestations contre la confiscation de terres par Israël.

Jeudi, des jeunes gens s’affairaient déjà aux travaux d’installation, suffisamment près de la frontière pour voir passer les véhicules de l’armée israélienne.

En vue du terminal frontalier israélien d’Erez, deux grandes tentes ont été plantées. Dans l’une d’elles, une troupe pratique une danse traditionnelle. Une vingtaine de tentes plus petites sont dressées et de premiers protestataires comptent y passer la nuit. Un jeune couple s’est marié dans une des tentes dressée à Jabalia dans le nord-est de la bande de Gaza.

Des affrontements sporadiques ont eu lieu ailleurs et cinq Palestiniens ont été blessés par balles, selon des sources palestiniennes.

- Droit au retour –

Chacun des cinq sites disposés du nord au sud a son équipe médicale et ses toilettes mobiles. Des dizaines de femmes font voler des cerfs-volants aux couleurs rouge, noire, blanche et verte. Les organisateurs prennent leurs dispositions pour servir des dizaines de milliers de repas.

Les six semaines sont dédiées au droit au retour des Palestiniens qui, par centaines de milliers, ont été chassés de leurs terres ou ont fui lors de la guerre qui a suivi la création d’Israël en 1948.

Alors qu’Israël célèbre en 2018 les 70 ans de son indépendance, les Palestiniens attendent toujours la création de leur Etat, qui a rarement paru plus incertaine. Le droit au retour reste une revendication palestinienne fondamentale et, pour les Israéliens, un obstacle majeur à la paix.

“Nous sommes partis il y a 70 ans, et nous avons décidé que le moment était venu de rentrer dans notre pays”, dit Khaled al-Batsh, membre du comité d’organisation.

Officiellement, la protestation est organisée par la société civile. Mais elle est soutenue par le mouvement palestinien Hamas, l’un des grands ennemis d’Israël, qui dirige sans partage le territoire reclus.

Israël et le Hamas se sont livré trois guerres dans la bande de Gaza depuis 2008 et observent depuis 2014 un cessez-le-feu tendu, mis à l‘épreuve ces dernières semaines par une succession d’incidents. Israël soumet la bande de Gaza à un rigoureux blocus.

- “Moyens nécessaires” –

L’ampleur de la participation à la “marche du retour” et les risques d’une escalade sont très difficiles à apprécier.

Les forces israéliennes ont attentivement suivi les préparatifs et se disent prêtes à tous les scénarii. L’armée a déployé des renforts à la frontière. Une centaine de tireurs d‘élite ont été réquisitionnés, a-t-elle prévenu.

Israël est “prêt à stopper les infiltrations par tous les moyens nécessaires”, a dit le ministre de la Sécurité intérieure, Gilad Erdan.

Les abords de la barrière sont régulièrement le théâtre de heurts coûtant la vie à des Palestiniens.

L’une des préoccupations israéliennes est une tentative, spontanée ou non, de forcer la barrière, peut-être à l’occasion d’une marche massive avec des femmes et des enfants, et de s’infiltrer en territoire israélien, y compris dans les communautés riveraines de l’enclave.

Le Hamas a assuré que ses services veilleraient à ce que personne n’approche dangereusement de la frontière. Mais une autre inquiétude israélienne est que des éléments incontrôlés ne mettent la situation à profit et ne provoquent une large confrontation.

La “Journée de la terre” ouvre une période à risques au cours de laquelle les Etats-Unis devraient inaugurer leur ambassade à Jérusalem, autour du 14 mai.

La reconnaissance par le président Donald Trump de Jérusalem comme capitale d’Israël et la décision de transférer l’ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem a ulcéré les Palestiniens, qui y voient la négation de leur revendication sur la partie orientale de la Ville sainte, annexée et occupée par Israël.

La désespérance dans la bande de Gaza, éprouvée par les guerres, la réclusion, la pauvreté et les pénuries, ajoute à la volatilité ambiante.

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