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Festival sports extrêmes: rencontre choc entre riders déjantés et Saoudiens ultraconservateurs

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Festival sports extrêmes: rencontre choc entre riders déjantés et Saoudiens ultraconservateurs

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Tatoués comme des guerriers, style ultra décontracté et esprit libre: les riders de skate, roller et BMX ont fait une expérience surprenante en confrontant leur mode de vie à celui de Saoudiens éduqués dans l’ultraconservatisme.

Pour la première fois de son histoire, le royaume d’Arabie saoudite, engagé depuis 2 ans dans une politique de réformes sociétales et économiques, a accueilli à Djeddah le Festival international des sports extrêmes (Fise), qui a mis sur scène un plateau de stars du monde de la glisse.

Un choc entre deux mondes et deux cultures.

“C’est complètement fou, ils ont tellement de règles, tu ne peux pas porter de t-shirt trop court, tu ne peux pas tenir la main de ta petite copine”, s‘étonne auprès de l’AFP le Brésilien Luiz Neto, champion de skate.

“Au Brésil c’est complètement différent, tout est légal au Brésil ! Je ne pourrais pas vivre ici, je ne comprends pas pourquoi les femmes doivent couvrir leur visage. J’ai des tatouages sur les mains où il est écrit: ‘born free’ (“Né libre”). Ma façon de penser est complètement différente”, poursuit-il.

Choqué par leur façon de vivre, Luiz Neto, qui compare son corps à un “manga vivant”, a en revanche été très surpris par l’accueil chaleureux et amical des Saoudiens.

- ‘Complètement cinglé!’ –

“Tous les jours, il y a quelqu’un qui me demande si je vais bien sur le site de compétition”.

Le Brésilien de 23 ans mais aussi nombre de ses comparses ont posé pour des centaines de selfies.

A l’hôtel où ils ont résidé, le personnel, amusé par cette bande de grands gamins, les filmait bien volontiers, même quand ils se servaient au buffet du restaurant, vêtus de short et t-shirt manches courtes.

Certains riders se sont posés des questions sur l’attitude à adopter dans un pays à l’extrême opposé de leur façon de vivre. Avec une certaine crainte.

“Je m‘étais renseigné, on m’avait dit beaucoup de choses, même ma grand-mère m’a dit: ‘mais pourquoi tu y vas, tu es complètement cinglé!’ Je me rends compte que bien sûr c’est un pays très stricte mais il y a quand même une certaine flexibilité dans ces lois, les gens sont assez ouverts. Je m’attendais à me sentir plus oppressé. C’est plutôt une surprise mais d’un point de vue positif”, explique le Suisse Maxime Genoud.

Ce spécialiste du roller s’est acheté une tenue traditionnelle locale pour aller rider dans les rues de la ville avec plusieurs autres fous de la glisse.

- Aberrant –

Car même s’ils sont dans un pays bien peu permissif, ils ne peuvent s’empêcher de voir des spots (endroits) fabuleux à tous les coins de rue.

“On ne va pas s’interdire de faire des trucs mais on va plus réfléchir”, précise tout de même le skater français Joseph Garbaccio, âgé de 19 ans.

“On a vu des spots en face de l’hôtel et là ça va encore mais juste à côté du skate park, il y a un spot, c’est 3 blocs avec des marches et des bancs. C’est les marches d’une mosquée en fait. Donc là tu te dis que tu ne vas pas y aller, c’est pas très respectueux”, confesse-t-il.

Les tatoués n’ont pas particulièrement caché leurs oeuvres corporelles, ce qui a attiré les regards et mille et une questions. Et la plupart ont joué le port du short. Quand il fait 40 degrés, il n’y a pas à tergiverser !

“Nous au niveau des gars on n’a pas de soucis mais je suis outré de ce qu’il se passe au niveau des femmes”, souffle le wakeboarder Hugo Charbit. On est en 2018, on ne peut pas traiter les femmes comme ça. Voir les femmes couvertes de la tête au pied en permanence, je trouve ça aberrant. Après, moi, j’habite pas ici”.

Même s’ils n‘étaient venus que pour rider et se faire plaisir, tous auront été marqués par ce voyage bien singulier.

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