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La Pologne, vivier de start-up

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La Pologne, vivier de start-up

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Pour ce nouveau numéro de Spotlight, Chris Burns nous emmène en Pologne, où les start-up sont un véritable moteur de croissance. D’après une enquête réalisée par Startup Poland, nombre d’entre elles s’appuient sur le big data, l’internet des objets et les biotechnologies. Près de la moitié d’entre elles réalisent des exportations, et près d’un quart comptent du personnel étranger. Chris Burns est allé à la rencontre d’acteurs du secteur, qui ont réussi.

La première étape va consister à visiter un incubateur, un “Google campus” installé dans une ancienne usine de vodka de Varsovie, où se Quotiss, une société créée par un ancien employé polonais d’une compagnie maritime, et dont le logiciel aide les entreprises de fret à coordonner leurs cargaisons.

Chris Burns – Marcin, quelle idée vous est venue pour que Quotiss voie le jour ?

Marcin Zarzecki, PDG de Quotiss – On pourrait croire qu’un tel secteur serait complètement informatisé et très moderne, mais ce n’est pas le cas. Les choses se font plutôt fait à la main, sur papier, avec des tableurs Excel. Ce que l’on fait, c’est que l’on supprime la version papier, pour le transport de conteneurs, on la numérise et on la transfère vers le Cloud.

Chris Bruns – C’est comment de travailler ici, sur un campus Google ?

Marcin Zarzecki – Ce n’est pas toujours rose. Les gens disent parfois qu’on fait juste des choses cool et créatives. Mais non, c’est un travail difficile. Cependant, l’ambiance, l’environnement et tout l‘écosystème sont une source d’inspiration. Si vous voulez créer votre entreprise et que vous avez une idée, c’est le bon moment pour le faire en Pologne.

_Chris Burns poursuit son voyage en Pologne jusqu‘à Łódź, au sud-ouest de Varsovie, pour voir une autre pépinière d’entreprises, spécialisée dans les nouvelles technologies.
United Robots développe un robot avec guidage laser qui peut être utilisé pour la logistique, le nettoyage, le stockage dans les supermarchés, ou le tri de courrier ou d’emballages. Il peut traiter des milliers – voire des millions – de coordonnées autour de lui et sur sa trajectoire, pour déterminer ce qu’il faut cibler ou éviter._

Chris Burns – Il utilise à la fois le laser et l’intelligence artificielle, n’est-ce pas ?

Dariusz Mankowski, PDG de United Robots- Il schématise l’environnement et l’analyse à l’aide d’un laser, qui évalue ce qui l’entoure. Ce qui lui permet ensuite de le schématiser dans sa mémoire. Nous avons mené des projets pilotes avec le service postal polonais, et nous pouvons dire que c’est un succès dans cet environnement.

Chris Burns – Vous aimeriez le voir un jour aller sur Mars ou sur la lune ?

Dariusz Mankowski – Probablement, mais nous aimerions qu’il commence d’abord son travail sur Terre.

Une société de crédit polonaise donne, elle, un coup d’accélérateur aux débuts prometteurs d’autres entreprises. Trois anciens publicitaires ont fondé SpeedUp, et parmi eux, Bartek Gola, qui montre une application dans laquelle ils ont investi. Legimi est une application qui ressemble en de nombreux points à Spotify. Mais elle propose des livres, et non pas de la musique, moyennant un abonnement mensuel.

Bartek Gola, General Partner de Speedup Venture Capital Group – Nous investissons au stade où une entreprise ne dégage pas de revenus. C’est notre modèle économique. Nous recherchons surtout de vrais entrepreneurs, de grands talents. C’est un mélange de compétences techniques et d’esprit d’entreprise, et la volonté de se battre et de construire de grandes choses.

Chris Burns – Aujourd’hui, en Europe, quand vous échouez, c’est souvent un échec, point final. Ce n’est pas votre conception des choses ?

Bartek Gola – L‘échec ne veut pas forcément dire que vous vous êtes trompé. 50 % de nos entreprises font faillite, et cela fait partie de notre modèle économique. Si [les entrepreneurs] ont du talent, et qu’ils réussissent à tirer des leçons de leurs échecs, ils font de formidables partenaires.

Speed up a soutenu un projet qui n’a pas marché, mais tente à nouveau sa chance. Une équipe développe un stéthoscope et une application que l’on peut utiliser chez soi. Un projet qui se nomme StetHome.

Bartek Gola – Il aide les médecins et les patients à identifier ce qu’on entend dans nos poumons, ce qui est très important, surtout chez les enfants, pour savoir s’ils doivent prendre – ou non – des antibiotiques.

Pour trouver un médecin, DocPlanner aide à effectuer ses recherches et à prendre rendez-vous via une plateforme qui inclut les commentaires d’autres patients. Elle a pris une dimension mondiale, avec le rachat d’une entreprise espagnole, qui a des liens avec l’Amérique du Sud. Et les données ne sont pas vendues.

Peter Bialo, directeur de DocPlanner – Nous avons, en gros, le marché pour les patients, qui prennent rendez-vous, et nous avons le logiciel pour les médecins, qui gèrent leur flux de patients. Ils peuvent échanger avec eux. Et on ajoute ici de nouvelles fonctions, comme la messagerie entre le patient et le médecin, par exemple.

Chris Burns – Et dans l’environnement de travail, il y a beaucoup de jeunes salariés ?

Peter Bialo – On les appelle des « équipiers ». Nous avons une équipe de 500 personnes maintenant, et une équipe produit. Et chaque équipe travaille sur un point précis, de façon à ce qu’elle se sente un peu comme dans une petite start-up.

Pas besoin d’un médecin, mais juste d’une bonne nuit de sommeil ? Nightly est une application qui peut remplacer les médicaments souvent utilisés. Elle a fait l’objet d’un premier essai clinique et compte près de 4 000 utilisateurs à ce jour. Nightly dispose d’une équipe d’une vingtaine de personnes, notamment de médecins et de psychologues, qui travaillent en réseau avec d’autres professionnels à l‘étranger.

Lukasz Mldyszewski, directeur de Nightly – Nous utilisons la stimulation sonore pour améliorer votre sommeil. Nous ne faisons pas que montrer à quel point vous avez bien dormi, mais nous améliorons aussi votre sommeil. C’est là notre force.

Chris Burns – On peut donc s’endormir sans médicaments avec votre application ?

Lukasz Mldyszewski – Nous aimerions être validés, d’ici quelques années, comme un dispositif médical, et représenter une alternative aux médicaments qui engendrent de nombreux effets secondaires. Vous pouvez lancer l’application, l’utiliser et vous endormir plus vite.

Chris Burns – Et quels sont vos projets pour l’avenir ?

Lukasz Mldyszewski – Il existe des données scientifiques intéressantes qui montrent qu’il est possible, par exemple, de stimuler la mémoire pendant le sommeil.