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Coupe Davis: Une réforme qui divise

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Coupe Davis: Une réforme qui divise

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La Fédération internationale de tennis a présenté fin février un projet de réforme de la Coupe Davis qui divise, avec pour enjeu de relancer son attrait auprès des tout meilleurs qui ont tendance à la snober après l’avoir gagnée.

Présentation de la révolution proposée par l’ITF et des réticences qu’elle suscite.

Quels seraient les principaux changements?

La nouvelle formule, soumise à approbation mi-août en assemblée générale à Orlando, prévoit la fin des matches à domicile et à l’extérieur, l’une des grandes caractéristiques de la vénérable compétition créée en 1900. Terminé les quatre weekends prolongés, répartis dans l’année. Place à une semaine de compétition fin novembre dans un seul lieu – peut-être en Asie – où seraient rassemblées les 18 équipes de l‘élite. Au programme: phase de groupes, quart de finale, demie et finale. Autres changements d’ampleur: seulement deux simples – au lieu de quatre – et un double par rencontre avec une durée rétrécie à deux sets gagnants.

Combien rapporterait-elle aux joueurs?

Le groupe d’investissement Kosmos, géré par le footballeur espagnol Gerard Piqué, compte injecter 3 milliards de dollars (2,44 milliards d’euros) sur 25 ans. Chaque année, 20 millions de dollars – 16,3 millions d’euros – de “prize money” seraient reversés aux joueurs, une manière selon l’ITF d’appâter les meilleurs. Aujourd’hui, les gains sont très variables, puisqu’ils dépendent du système mis en place par chaque fédération. Les Français, tenants du titre, perçoivent un pourcentage des recettes globales, qui incluent la billetterie. Cela peut atteindre plusieurs centaines de milliers d’euros comme l’an passé avec une finale disputée à domicile et devant plus de 27.000 personnes (chaque jour).

La compétition est-elle vraiment désertée par les stars?

Roger Federer n’a participé qu‘à un seul match – en 2015 – depuis son titre en 2014 et semble désormais plus préoccupé par l’organisation de son exhibition, la Laver Cup. Mais le reste du “Big Four” n’a pas pour autant déserté la Coupe Davis. Le N.1 mondial Rafael Nadal doit d’ailleurs effectuer son retour à la compétition à Valence face à l’Allemagne d’Alexander Zverev. Novak Djokovic, qui soutient la réforme, y a participé l’an passé (quart) avant de mettre un terme précoce à sa saison sur blessure. Des pépins physiques ont contraint Andy Murray, toujours en convalescence, d’y renoncer l’an dernier et cette année. Mais, même en bonne santé, leur présence n’est plus systématique. La raison à cela? La durée de la compétition jugée trop longue, jusqu‘à quatre semaines par an avec la préparation, dans un calendrier ATP déjà chargé.

La réforme garantit-elle la participation des meilleurs?

Rien n’est moins sûr… Les plus grands souhaiteront-ils, en toute fin de saison, quand les organismes sont fatigués, de reporter leur vacances pour une épreuve qui ne rapportent pas de points au classement? Le projet de Coupe du monde, sur lequel travaille l’ATP, la “World Team Cup” entretient le flou. Celle-ci pourrait débuter dès janvier 2020 en Australie, c’est-à-dire quelques semaines après la Coupe Davis. Ses avantages? Elle rapporterait jusqu‘à 1000 points et ferait office de préparation avant le premier tournoi majeur de l’année, à Melbourne. Les joueurs privilégieraient-ils la WTC au détriment de la Davis?

Pourquoi la réforme ne fait pas l’unanimité?

L‘évolution de la compétition fait à peu près consensus. L’ITF estime que la Coupe Davis n’est plus viable économiquement en l‘état, pour des raisons liées à la participation des meilleurs, aux audiences télés et à son attractivité commerciale. Et ce, même si les recettes ont augmenté entre 2015 et 2017. Mais les orientations prises nourrissent la contestation. Si l’ex-vedette américaine Andy Roddick y est favorable, d’autres anciens N.1 mondiaux, les Australiens Lleyton Hewitt et Patrick Rafter, le Russe Ievgueni Kafelnikov, sont contre. Arrêter les matches à domicile et à l’extérieur, c’est dénaturer l’esprit de la compétition selon eux. En France, le sujet est clivant, avec d’un côté des joueurs en activité (Pouille, Mahut, Herbert…) et anciens (Noah, Pioline…) qui la jugent trop radicale et de l’autre, un président, Bernard Giudicelli, qui la soutient en tant que membre du Board de l’ITF et responsable du comité Coupe Davis. A l’origine, il aurait souhaité la raréfier, en l’organisant tous les deux ans dans son format actuel. Une alternative qui compte des partisans parmi les opposants.

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