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"State of The Union" : La France secouée par la grève des cheminots

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"State of The Union" : La France secouée par la grève des cheminots

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C’était les vacances de Pâques dans la plupart des pays, mais en France, le calme a été remplacé par le chaos, car des millions de voyageurs ont vu leurs déplacements perturbés. Les cheminots, en grève, ont croisé le fer avec le gouvernement français car ils ne sont pas satisfaits d’une réforme du système ferroviaire.

Le gouvernement veut en effet, transformer la Société nationale des chemins de fer (SNCF), lourdement endettée, en un service public rentable. Mais les syndicats tiennent à conserver les privilèges liés au statut de cheminot, y compris la garantie d’emploi à vie et la retraite anticipée. Et ce n’est que le début d’une longue confrontation.

Bonjour et bienvenue dans « State of the Union », je suis Stefan Grobe du bureau d’Euronews à Bruxelles.

Les changements semblent se faire toujours dans la douleur en France, pourtant célèbre pour toutes ses révolutions. Comme tous ceux qui l’ont précédé, le président Emmanuel Macron l’apprend à ses dépens… et malgré cela, il essaie tant bien que mal de faire pression pour tenir ses promesses de campagne. Cette semaine, son Premier ministre, Édouard Philippe, a annoncé des changements dans la procédure électorale, qui réduiraient d’un tiers le nombre de parlementaires.

Il a également proposé d’intégrer une dose de proportionnelle pour les prochaines élections législatives, ce qui donnerait plus de voix aux partis actuellement sous-représentés au parlement. Selon les analystes, il s’agit d’une initiative ambitieuse, qui vise à rétablir la confiance des électeurs en une classe politique largement discréditée. Un problème, auquel l’Italie est également confrontée.

Les récentes élections se sont soldées par une impasse, où aucun groupe ne peut gouverner seul. Cette semaine, les chefs des partis se sont rendus auprès du président Sergio Mattarella, qui, officiellement, est en charge de désigner celui qui devra former un gouvernement. Avec plusieurs groupes populistes rivaux et une classe politique affaiblie, ce ne sera pas une mince affaire. Le processus peut prendre plusieurs semaines sans qu’une issue ne soit trouvée, et pouvant même déboucher sur de nouvelles élections.

Mais la plus grande incertitude dans le monde, à l’heure actuelle, c’est sans doute l’avenir du commerce international. La querelle sur les droits de douane entre les États-Unis et la Chine, n’est pas de bon augure pour l‘économie mondiale. Et ça pourrait empirer. Les tensions entre Washington et Pékin peuvent aller au-delà des simples tarifs douaniers et cibler les investissements. Il n’est pas étonnant que l’Organisation mondiale du commerce ait fait une mise en garde cette semaine.

Pendant ce temps, Donald Trump a demandé à ses fonctionnaires de dégager 100 milliards de dollars supplémentaires de droits de douane sur la Chine, en plus des 50 déjà proposés. La question de savoir s’il y aura ou non une guerre commerciale entre les deux camps dépendra d’un accord de dernière minute. Selon le nouveau conseiller économique de la Maison-Blanche, il pourrait en effet y avoir des négociations avec « un dénouement positif ».

Un tel résultat serait certainement apprécié, après la guerre civile qui dure depuis sept ans en Syrie et qui a tué environ 400 000 personnes, selon les Nations Unies. Et il n’est pas certain que les États-Unis participent à l’élaboration d’un accord de paix : Donald Trump a annoncé qu’il retirerait les troupes américaines du pays, une décision qui a apparemment surpris ses propres généraux au Pentagone.

L’une des figures clé du conflit syrien, c’est le président turc Recep Tayyip Erdogan. L’homme fort d’Ankara est profondément détesté en Europe, mais l’Union européenne a besoin de lui pour contrôler la question des réfugiés. Et cette tension s’est bien ressentie sur la photo de famille du récent sommet UE-Turquie en Bulgarie.

Et puis il y a la Russie et l’Iran, avec qui la Turquie partage une autre relation d’amour-haine. Peuvent-ils vraiment travailler ensemble sur la Syrie ?

Voici ce qui vous attend pour la semaine à venir :

Lundi, aux Nations Unies, la Convention annuelle sur les armes conventionnelles s’ouvre à Genève pour discuter des doutes concernant les systèmes d’armes létales autonomes, également connus sous le nom de “robots tueurs”.

Mardi, la Journée du numérique aura lieu à Bruxelles. Elle réunit des acteurs de haut niveau dans les domaines de la technologie numérique et des télécommunications.

Et mardi et mercredi, Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook, interviendra devant les comités du Sénat et de la Chambre des représentants des États-Unis, au sujet de la protection des données des utilisateurs.

Les entreprises du numérique ont passé une semaine difficile. Prenons l’exemple du système de vélos en libre-service oBike, basé à Singapour, qui fonctionne dans 24 pays.

Comme les moyens de transport écologiques sont une activité rentable dans les villes allemandes, oBike a lancé à Munich un service de location de vélos bon marché. Le problème, c’est qu’ils n’avaient pas prévu les réparations d’éventuels dégâts. Conséquence : oBike a choisi de se retirer de Munich, et la ville veut maintenant réglementer toutes les entreprises de location de vélos.

La morale de l’histoire : même dans la nouvelle économie, on a parfois besoin d’un bon mécanicien, à l’ancienne.

C’est tout pour aujourd’hui, je suis Stefan Grobe, merci de nous avoir regardé.