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Le biathlon perd sa tête et entre en crise

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Le biathlon perd sa tête et entre en crise

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Moins de 24 heures après les premières révélations sur la dissimulation présumée de cas de dopage de sportifs russes par certains de ses dirigeants, la fédération internationale de biathlon (IBU) a fait le ménage à son sommet.

Par un communiqué diffusé jeudi sur son site, elle prend acte de la décision de son président, Anders Besseberg, “d’abandonner ses fonctions le temps de l’enquête”. Une circonvolution qui ne trompe guère: soupçonné par l’Agence mondiale antidopage (AMA) d’avoir perçu plusieurs centaines de milliers d’euros pour protéger les intérêts russes, le Norvégien de 72 ans, plus ancien président de fédération internationale en poste, a peu de chances de revenir aux affaires.

Pour le remplacer, l’IBU n’a pas choisi la voie réglementaire et a “accepté la décision du premier vice-président Viktor Maygurov de renoncer à son droit statutaire de devenir président.” Dans les conditions actuelles, nommer un Russe à l’intérim de Besseberg aurait en effet été un choix douteux.

Le vice-président en charge des finances, l’Autrichien Klaus Leitner s’acquitera donc des “tâches opérationnelles relevant du président pendant la durée de l’enquête.” Parallèlement, l’IBU a confirmé la “suspension provisoire” de sa secrétaire générale, l’Allemande Nicole Resch.

Dans ses révélations publiées mercredi, le quotidien français le Monde expliquait que, selon le témoignage auprès de l’AMA de Grigory Rodchenkov —l’ancien directeur du laboratoire antidopage de Moscou devenu le lanceur d’alerte à l’origine de la disgrâce internationale du sport russe—, Anders Besseberg et Nicole Resch étaient les deux pivots des intérêts russes à l’IBU. Le premier par son “soutien inaltérable aux intérêts russes”, la seconde par sa “gestion suspecte des obligations du passeport biologique”.

Le patron de l’IBU aurait ainsi soutenu ardemment la candidature russe à l’organisation des Championnats du monde 2021, alors même que le CIO et l’AMA recommandaient vigoureusement de n’accorder aucun grand événement à des pays déclarés non conformes au code mondial antidopage, ce qui était le cas de la Russie.

- après l’athlétisme –

D’après le journal norvégien Verdens Gang (VG), citant des sources anonymes, Besseberg est soupçonné d’avoir dissimulé 65 cas de dopage russes depuis 2011, impliquant notamment 17 des 22 Russes ayant participé aux épreuves de Coupe du monde cet hiver.

Ces soupçons, consignés fin 2017 par l’AMA dans un rapport de 16 pages transmis aux autorités, avaient débouché sur des perquisitions au siège de l’IBU, à Salzbourg (Autriche) et en Norvège, mardi.

“Je ne suis pas corrompu”, s’est défendu Besseberg auprès de la chaîne norvégienne TV2. “Je n’ai jamais ne serait-ce qu’essayé de manipuler ou de cacher des tests de dopage positifs, qu’il s’agisse de Russes ou d’autres”, a ajouté le septuagénaire qui avait fait savoir il y a quelques semaines qu’il ne briguerait pas de nouveau mandat à la tête de la fédération.

Paradoxalement, alors qu’il était donné sur le départ en 2010 et 2014, il avait à chaque fois décidé de rempiler, notamment pour faire échec à la candidature du Russe Aleksandr Tikhonov, accusé d’avoir pris fait et cause pour des biathlètes russes convaincus de dopage.

Ce scandale en germe évoque évidemment celui qui a frappé l’athlétisme et continue d’avoir des répercussions près de trois ans après les premières révélations. Le Sénégalais Lamine Diack, patron de l’athlétisme mondial entre 1999 et 2015, a été mis en examen en France pour corruption active et passive pour avoir négocié avec la Russie la protection d’athlètes dopés.

Depuis, le rapport du juriste canadien Richard McLaren, missionné par l’AMA, a aussi mis au jour un système de dopage institutionnalisé en Russie, entre 2011 et 2015, touchant tous les sports, avec des résultats falsifiés au laboratoire antidopage de Moscou, et un système de trucage des échantillons aux jeux Olympiques de Sotchi, en Russie en 2014. Cette nouvelle affaire dans le biathlon n’arrangera pas les affaires de la Russie, dont l’autorité antidopage, la Rusada, reste suspendue par l’AMA, alors que la Coupe du monde de football commencera en juin au pays de Vladimir Poutine.

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