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Les acteurs du conflit syrien

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Les acteurs du conflit syrien

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La guerre en Syrie a débuté en mars 2011 par la répression de manifestations prodémocratie mais s’est ensuite complexifiée avec l’implication de groupes jihadistes et de puissances régionales et internationales.

Le conflit a fait plus de 350.000 morts et des millions de déplacés et réfugiés.

Une opération menée par les Etats-Unis, la France et le Royaume Uni a été menée samedi avant l’aube contre des cibles du régime en Syrie, accusé d’une attaque chimique le 7 avril contre la ville de Douma, alors contrôlée totalement par les rebelles.

Voici les principaux acteurs du conflit syrien:

Régime et alliés

- L’armée du président Bachar al-Assad, qui comptait 300.000 hommes dans ses unités combattantes en 2011, a vu ses effectifs baisser de moitié.

Elle est soutenue par 150.000 à 200.000 miliciens prorégime, y compris des Syriens, des Irakiens, des Iraniens et des Afghans. Par ailleurs, 5.000 à 8.000 combattants du Hezbollah libanais se battent à ses côtés.

- Alliée de poids de Damas, la Russie intervient depuis septembre 2015. Son implication a permis aux troupes gouvernementales de reprendre plusieurs zones clés, comme la ville d’Alep et l’enclave rebelle dans la Ghouta orientale, près de Damas.

- Autre allié de poids, l’Iran a envoyé des milliers de combattants en Syrie et fournit des conseillers militaires.

L’armée contrôle désormais plus de 56% du territoire, notamment les principales villes (Damas, Alep, Homs et Hama), selon le géographe français Fabrice Balanche. Environ 70% des habitants vivent sur ce territoire.

- Rebelles –

Au début du conflit, les rebelles s‘étaient regroupés sous la bannière de l’Armée syrienne libre (ASL), laissant progressivement place à une myriade de factions, allant des rebelles sans affiliation religieuse aux groupes islamistes.

Représentant initialement quelque 100.000 combattants, leur poids s’est largement réduit à mesure des défaites infligées par le régime.

L’opposition armée, qui vient de perdre son dernier bastion aux portes de Damas, dans la Ghouta orientale, ne tient plus que 12% du pays selon M. Balanche.

Ce chiffre englobe notamment les territoires dominés par Hayat Tahrir al-Cham, organisation jihadiste contrôlée par l’ex-branche syrienne d’Al-Qaïda et implantée dans la province d’Idleb (nord-ouest).

Moins de 15% de la population vit en territoire rebelle, selon M. Balanche.

- Jihadistes –

- Les deux principales forces jihadistes rivales sont l’organisation Etat islamique (EI) et le groupe Hayat Tahrir al-Cham.

- L’EI a conquis de vastes régions en Syrie et en Irak voisin, avant de proclamer un “califat” en 2014 sur ces territoires à cheval entre les deux pays. Cible de multiples offensives, du régime mais aussi d’une coalition kurdo-arabe soutenue par Washington, l’EI a subi de nombreux revers, perdant ainsi sa capitale de facto en Syrie, Raqa. Le groupe contrôle moins de 5% du territoire syrien selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme.

- Hayat Tahrir al-Cham contrôle toujours la majeure partie de la province d’Idleb, actuellement le théâtre de guerres intestines entre des jihadistes et des rebelles.

- Kurdes –

Réprimés pendant des décennies, les Kurdes ont profité du retrait de l’armée syrienne pour établir dans le nord une administration semi-autonome sur les territoires sous leur contrôle.

En 2016, ils ont proclamé une “région fédérale” sur leurs territoires et organisé leurs premières élections en septembre.

Les YPG (Unités de protection du peuple), leur principale milice armée, forment le noyau dur des Forces démocratiques syriennes (FDS), composées également de combattants arabes et soutenues par la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis. Ils ont été aux premières ligne de la lutte anti-EI en Syrie.

Depuis janvier, la milice est confrontée à une offensive de la Turquie, qui a déjà reconquis l’enclave kurde d’Afrine, dans le nord-ouest et menace de poursuivre son avancée vers d’autres territoires à l’est.

Les YPG contrôlent 28% du territoire syrien, où vit environ 15% de la population.

- Turquie, Arabie, Qatar –

La Turquie, l’Arabie saoudite et le Qatar ont soutenu au début de la révolte la rébellion majoritairement sunnite contre M. Assad.

Aujourd’hui, Ryad et Doha sont marginalisés, et Ankara a noué une alliance inédite avec Moscou.

Avec la Turquie, Moscou et Téhéran ont ainsi réussi à instaurer des “zones de désescalade” dans le pays notamment à Idleb sans toutefois faire cesser totalement les combats.

Sur le plan militaire, la Turquie appuie des supplétifs syriens, engagés contre les jihadistes mais aussi contre les combattants kurdes, et a déployé des troupes dans le nord syrien depuis 2016.

- Coalition internationale –

Emmenée par Washington, la coalition regroupe plus de 60 pays, dont la France et la Grande-Bretagne, et a mené des frappes aériennes contre l’EI depuis 2014, en appui à des troupes au sol.

Avec la fin des grandes batailles contre les jihadistes, les frappes ont baissé en intensité.

Quelque 2.000 soldats américains sont déployés dans le nord syrien, essentiellement des forces spéciales présentes pour combattre l’EI et entraîner les forces locales dans les zones reprises aux jihadistes.

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