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Chine: la croissance se stabilise, dopée par la consommation

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Chine: la croissance se stabilise, dopée par la consommation

Chine: la croissance se stabilise, dopée par la consommation
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La Chine a vu sa croissance économique se stabiliser à 6,8% au premier trimestre, résistant mieux qu’attendu grâce à une consommation robuste, en dépit d’un essoufflement de la production industrielle et d’une campagne contre les risques financiers pesant sur le crédit.

Le produit intérieur brut (PIB) du géant asiatique a progressé sur les trois premiers mois de l’année au même rythme qu’au dernier trimestre 2017, a annoncé mardi le Bureau national des statistiques (BNS).

C’est mieux que la prévision médiane de 13 analystes sondés par l’AFP, qui tablaient sur un léger essoufflement de la deuxième économie mondiale (+6,7%).

Ils pointaient le refroidissement du secteur crucial immobilier et le tassement du crédit, à l’heure où Pékin s’efforce d’endiguer l’endettement colossal du pays et les risques financiers qui en découlent… quitte à freiner le financement de l’activité.

Mais la conjoncture est restée dopée par une consommation intérieure toujours solide: les ventes de détail, baromètre des achats des ménages, ont grimpé de 10,1% sur un an en mars, accélérant plus qu’attendu par rapport à leur performance de janvier-février (+9,7%).

“La dynamique de croissance reste vigoureuse”, et la robustesse de la consommation montre que le rééquilibrage du modèle de croissance vers la demande intérieure “poursuit son cours”, notaient les analystes de la banque ANZ.

En particulier, le commerce en ligne continue de s’envoler, bondissant de 35% sur un an sur l’ensemble du trimestre: il représente plus de 20% des ventes de détail.

- Frictions commerciales –

En revanche, la production industrielle chinoise s’est fortement tassée en mars, avec une progression de 6%, en-deçà des prévisions des analystes sondés par Bloomberg.

Elle avait auparavant nettement accéléré (+7,2%) en janvier-février, soutenue par une demande internationale solide et un bond des exportations. “Cette reprise industrielle a empêché la croissance de trébucher sur le trimestre”, juge Julian Evans-Pritchard, du cabinet Capital Economics.

La campagne antipollution menée durant l’hiver, qui avait entraîné des fermetures d’usines et réductions de production, s’est assouplie, ce qui profite momentanément à l’activité, estime-t-il.

Pour autant, “la croissance chinoise reste sous pression”, menacée par une possible escalade des tensions commerciales entre Pékin et Washington avertissait Hao Zhou, économiste chez Commerzbank.

Pour lui, les frictions commerciales “assombrissent les perspectives tant pour les échanges commerciaux que la croissance”.

Le président américain Donald Trump menace de taxer pour 150 milliards de dollars d’importations de produits chinois, tandis que le régime communiste détaille ses possibles représailles, avivant le spectre d’une guerre commerciale.

Si Washington mettait ses menaces actuelles à exécution, “les pertes pour la Chine devraient rester minimales”, a tempéré Chen Xingdong, de BNP Paribas, à l’unisson de nombre d’experts.

Mais les agences de notation Fitch et Moody’s mettent en garde contre un impact macroéconomique significatif en cas de conflit commercial tous azimuts entre les deux puissances.

- Crédit sous pression –

Interrogé mardi, Xing Zhihong, porte-parole du BNS, a assuré que les tensions sino-américaines “ne posaient pas de problème à l‘économie chinoise”.

Il a préféré insister sur les épineux défis persistants en Chine même, évoquant les “difficultés graves d’un développement déséquilibré et inadéquat” et “l’ampleur intimidante des réformes à mener”.

De fait, la conjoncture devrait s’assombrir à mesure que Pékin renforce ses efforts de désendettement et son combat contre les risques financiers, ce qui contribue déjà à freiner drastiquement le gonflement du crédit et des prêts bancaires. Et ce alors que la dette avait largement alimenté la croissance économique chinoise des dernières années.

“Le secteur de la construction ralentit déjà, les gouvernements locaux réduisant leurs dépenses dans les chantiers d’infrastructures pour contenir leur niveau d’endettement”, observe Julian Evans-Pritchard.

Les investissements en capital fixe, reflet des dépenses d’infrastructures, ont gonflé de 7,5% sur un an au premier trimestre, s’essoufflant par rapport à janvier-février.

Si les investissements dans l’immobilier restent robustes, les ventes de logements continuent de ralentir, pénalisés par le durcissement du crédit. Or, l’immobilier et les chantiers d’infrastructures demeurent deux piliers du PIB.

Dans ce contexte, “un ralentissement économique est prévisible d’ici la fin de l’année (…) Les vents contraires d’un durcissement de la politique budgétaire et d’un ralentissement du crédit continueront de plomber l’activité”, prévient M. Evans-Pritchard.

Pékin s’est fixé pour 2018 un objectif de croissance “d’environ 6,5%”, bien en-deçà du vigoureux sursaut (+6,9%) enregistré en 2017.

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