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Roumanie : bataille politique sur un déménagement de l'ambassade à Jérusalem

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Roumanie : bataille politique sur un déménagement de l'ambassade à Jérusalem

Roumanie : bataille politique sur un déménagement de l'ambassade à Jérusalem
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Une bataille politique a éclaté vendredi en Roumanie sur la question sensible d'un déménagement de l'ambassade de ce pays vers Jérusalem, ouvrant un nouveau terrain d'affrontement entre le chef de l'Etat et la majorité gouvernementale. Le gouvernement social-démocrate a confirmé étudier un projet de transfert dans cette ville de la représentation diplomatique qui est actuellement installée à Tel-Aviv, près de cinq mois après la reconnaissance controversée par le président américain Donald Trump de Jérusalem capitale d'Israël. La Première ministre roumaine Viorica Dancila a fait savoir vendredi, dans une brève déclaration à la presse, qu'un document sur une proposition de déménagement de l'ambassade avait été adopté cette semaine au cours d'une réunion du gouvernement. "Ce n'est pas une décision" mais une "plate-forme de discussions", a-t-elle précisé. La Roumanie serait ainsi le premier pays de l'UE à emboîter le pas à Washington, en contradiction avec la position européenne qui, suivant les résolutions de l'ONU, considère que le statut final de Jérusalem doit être négocié entre Israéliens et Palestiniens. "Nous sommes responsables, nous ferons preuve de discernement et nous discuterons avec toutes les institutions", a ajouté Mme Dancila, une ancienne députée européenne qui occupe ses fonctions depuis trois mois. Elle n'a annoncé aucun calendrier et s'est montrée moins péremptoire que le chef de sa famille politique, Liviu Dragnea, à la tête du parti social-démocrate (PSD), qui lui avait grillé la priorité jeudi soir en annonçant dans une émission de télévision que le déménagement avait été acté. "La décision est prise (...), les procédures commencent", avait assuré M. Dragnea. Les déclarations de cet habitué des coups de poker politiques qui passe pour être le véritable homme fort du pouvoir ont suscité une vive réaction du chef de l'Etat de centre droit Klaus Iohannis. Ce dernier a répliqué n'avoir été "ni informé ni consulté sur cette démarche" qui "n'est fondée sur aucune évaluation solide et étoffée". Or, "du point de vue constitutionnel, la décision appartient au président", a-t-il encore protesté. En vertu de la Constitution roumaine, "le président, sur proposition du gouvernement, (...) approuve la création ou le démantèlement" des missions diplomatiques. "Un transfert de l'ambassade représenterait une violation du droit international", a ajouté le chef de l'Etat qui affiche régulièrement ses divergences, sur les récentes réformes judiciaires notamment, avec les sociaux-démocrates revenus au pouvoir fin 2016. - Equilibre diplomatique - Pour Israël, Jérusalem est sa capitale, tandis que les Palestiniens considèrent la partie Est de cette ville comme la capitale de leur futur Etat. L'ONU, pour sa part, ne reconnaît pas l'annexion de Jérusalem-Est, qui est selon elle un territoire occupé. Donald Trump avait suscité une vague mondiale de réprobation en annonçant en décembre le transfert de l'ambassade américaine à Jérusalem. Outre les Etats-Unis, sept pays, dont le Guatemala et le Honduras, ont annoncé le déménagement de leur ambassade. Seul pays de l'ancien bloc communiste à avoir maintenu des relations diplomatiques avec Israël après la guerre de six jours de 1967, la Roumanie du dictateur Nicolae Ceausescu avait également des rapports étroits avec l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) dirigée par Yasser Arafat. En visite à Bucarest en 2008, le président palestinien Mahmoud Abbas avait vanté les "bonnes relations" avec Bucarest datant de l'époque communiste, lorsque la Roumanie "avait figuré parmi les premiers pays à reconnaître l'Etat palestinien". Membre de l'Otan, la Roumanie entretient depuis la chute du communisme une relation privilégiée avec les Etats-Unis qui disposent d'importantes bases militaires sur son territoire. Selon les médias, la Première ministre Viorica Dancila devrait faire une visite officielle en Israël la semaine prochaine. La vice-ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Hotovely a pour sa part effectué un déplacement en Roumanie la semaine dernière. M. Dragnea avait déjà évoqué fin 2017 l'idée d'un transfert de l'ambassade à Jérusalem. En raison d'une ancienne condamnation à deux ans de prison avec sursis pour fraude électorale M. Dragnea n'a pu prétendre au poste de chef du gouvernement après les législatives remportées par le PSD fin 2016. Il a depuis lors fait tomber deux Premiers ministres de son camp qui renâclaient devant son autorité. Ses détracteurs l'accusent notamment de vouloir modifier la législation anticorruption pour alléger son casier judiciaire.
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