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"Pas de paramilitaires" chez les Serbes de Bosnie, dit leur chef

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"Pas de paramilitaires" chez les Serbes de Bosnie, dit leur chef

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Le chef des Serbes de Bosnie, Milorad Dodik, réfute vouloir créer des unités paramilitaires ou être l'instrument d'une quelconque entreprise russe de déstabilisation de son pays, des "mensonges" de ses adversaires selon lui. "En Republika Srpska, il n'y a pas d'unité paramilitaire", dit dans un entretien à l'AFP le président de cette entité des Serbes de Bosnie, une des composantes de ce pays multicommunautaire des Balkans. "S'il y en avait, je ne serais plus sur ce siège", poursuit-il dans ses bureaux de Banja Luka (nord). Arrivé une première fois au pouvoir en 1998 avec la bénédiction des Occidentaux, Milorad Dodik affiche désormais sa proximité avec le président Vladimir Poutine, qu'il espère rencontrer en cette année d'élections bosniennes en octobre. Les Occidentaux verraient d'un bon oeil sa disparition politique ? C'est parce qu'ils veulent "avoir ici des gens serviles", répond-il: "Ma légitimité politique, ce n'est pas l'Occident, c'est le peuple qui vote." Les Serbes pèsent pour un petit tiers des 3,5 millions de Bosniens. Une majorité vit en Republika Srpska, entité autonome dans un pays toujours divisé, un quart de siècle après un conflit qui a fait quelque 100.000 morts. - Nationalistes et armement - En mars, un "think tank" américain, le Foreign Policy Research Institute, a publié un rapport alarmiste, très commenté dans le pays, "La Bosnie sous la menace russe: le potentiel de violence et les moyens de l'empêcher". Milorad Dodik y est présenté comme un homme jouant une partition dictée à Moscou. Deux de ses trois auteurs, Reuf Bajrovic et Emir Suljagic, sont des hommes politiques de Sarajevo, critiques virulents de Milorad Dodik. Selon eux, "la Russie soutient activement des acteurs politiques et paramilitaires locaux qui cherchent à diviser la Bosnie-Herzégovine", y compris par des "moyens violents si nécessaires". Ils évoquent la livraison d'armement à la police de la Republika Srpska et la présence à Banja Luka, lors de la "fête nationale" de l'entité, le 9 janvier, de militants d'une organisation nationaliste présentée comme potentiellement paramilitaire, "Srbska Cast" ("Honneur serbe"). Cette allégation est un "pur mensonge", selon Milorad Dodik. L'enquête lancée en janvier n'a pas apporté d'éléments à l'appui de ces allégations. Quant aux 2.500 fusils achetés, ils l'ont été avec l'aval de Sarajevo et relèvent du "droit légitime à équiper et armer la police, en accord avec les standards en vigueur" en Europe. "Nous sommes exposés ici au danger terroriste", poursuit le responsable qui rappelle l'attaque islamiste d'un commissariat à Zvornik (est) en 2015, dans laquelle un policier avait été tué. - Les responsabilités occidentales - Il assume avoir remis en janvier une décoration au Russe Alexandre Zaldostanov, patron des "Loups de la nuit", club de motards pro-Poutine dont des membres ont combattu dans l'est de l'Ukraine: "Je n'ai aucune raison de me soumettre à la diabolisation, surtout que je suis moi-meme diabolisé par les mêmes cercles." "Je sais qu'en Occident, certains véhiculent cette idée que les Russes sont les méchants", regrette Milorad Dodik. Mais dans ses entretiens avec Vladimir Poutine, "toujours corrects", jamais il n'"a été question de l'implosion de la Bosnie". "Il a respecté nos intérêts au-delà de nos attentes, et plus que les autres." Milorad Dodik est "convaincu qu'un conflit n'est pas possible si cela dépend des forces politiques intérieures et s'il n'est pas induit de l'extérieur". L'ingérence, à ses yeux, est occidentale: "Les premiers responsables" de l'"échec dramatique" de la Bosnie, sont les Occidentaux dont les représentants sur place ont "outrepassé leurs prérogatives et le droit". Après deux mandats présidentiels en Republika Srpska, Milorad Dodik, qui ne peut postuler à sa succession, se présente en octobre pour devenir le représentant serbe au sein de la présidence tripartite du pays, aux côtés d'un Bosniaque et d'un Croate. La candidature a surpris, venant d'un homme critiquant sans cesse les institutions centrales. Lui assure n'avoir "pas l'intention de détruire l'ordre constitutionnel" et ne brandit plus explicitement la menace de référendum d'indépendance de la Republika Srpska.
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