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Vincent Bolloré soupçonné de corruption

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Vincent Bolloré soupçonné de corruption

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REUTERS/Charles Platiau
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L'homme d'affaires français Vincent Bolloré a été mis en examen par la justice pour "corruption d'agent étranger", complicité d'"abus de confiance" et de "faux et usage de faux".

Les juges d’instruction soupçonnent le groupe Bolloré d’avoir eu recours à Havas, la filiale de communication du groupe, pour faciliter l’élection de dirigeants africains, en leur prodiguant des conseils politiques sous-facturés. En guise de remerciement, les présidents du Togo et de Guinée auraient cassé les concessions portuaires existantes pour les ports de Lomé et Conakry pour qu'elles soient réattribuées au groupe Bolloré.

"Vincent Bolloré qui reste présumé innocent pourra avoir enfin accès à ce dossier dont il n'a jamais eu connaissance et répondre à ces accusations infondées", a déclaré son porte-parole dans un communiqué annonçant la mise en examen.

Pour le journaliste Jean-Pierre Canet qui a enquêté sur l'empire du milliardaire français, si la justice venait à confirmer les accusations, les agissements du groupe Bolloré seraient "synonymes de corruption de systèmes politiques africains fragiles". "Les premières victimes, ce sont d'abord les Africains. Les systèmes démocratiques qui tentent d'être mis en place - je pense à la Guinée parce que le Togo n'est pas du tout démocratique - sont mis à mal immédiatement non pas par les Africains eux-mêmes, mais d'abord par les intervenants extérieurs en l’occurrence des industriels qui ont des intérêts sur place", explique le co-auteur, avec Nicolas Vescovacci, de "Vincent tout-puissant".

Outre Vincent Bolloré, deux autres cadres du groupe sont aussi dans le collimateur de la justice. Le directeur général de Bolloré, Gilles Alix, a été mis en examen pour les mêmes chefs que son patron. Jean-Philippe Dorent, responsable du pôle international d'Havas, filiale du groupe, est lui poursuivi pour "abus de confiance" et "faux et usage de faux" mais échappe aux poursuites pour "corruption", a annoncé à l'AFP son avocat Hervé Témime.

Le groupe Bolloré a pour sa part démenti toute "irrégularité".