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En Birmanie, visite du Conseil de sécurité aux pouvoirs limités

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En Birmanie, visite du Conseil de sécurité aux pouvoirs limités

En Birmanie, visite du Conseil de sécurité aux pouvoirs limités
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Les 15 pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU effectuent en fin de semaine une visite au Bangladesh et en Birmanie, où leurs pouvoirs restent limités pour résoudre une vaste crise humanitaire provoquée par l'exil massif des Rohingyas vivant dans l'ouest birman. Longtemps reportée parce que les autorités birmanes ne la jugeaient pas opportune, la visite du Conseil de sécurité sera effectuée par les ambassadeurs permanents des membres du Conseil ou des adjoints, comme ce sera le cas pour les Etats-Unis, la Russie ou la France. Selon un diplomate s'exprimant sous couvert d'anonymat, le voyage vise à pousser à "une amélioration des conditions de vie des Rohingyas" ayant trouvé refuge au Bangladesh, de "dissuader les violations des droits de l'Homme" et de parler aux autorités birmanes du plan de Kofi Annan visant à donner une identité et des droits à cette minorité musulmane apatride. Depuis le déclenchement de la crise fin août, le Conseil de sécurité, aux initiatives limitées par la Chine, premier soutien de la Birmanie, a plusieurs fois appelé ce pays à l'arrêt des opérations militaires, à un accès humanitaire sans restriction dans l'ouest du pays et au retour en sécurité des Rohingyas. Au total, quelque 700.000 Rohingyas se sont exilés vers le Bangladesh voisin, après des opérations militaires de l'armée birmane qualifiées par l'ONU de nettoyage ethnique. La Birmanie a toujours nié procéder à un nettoyage ethnique, assurant n'avoir voulu s'en prendre qu'à des extrémistes rohingyas ayant attaqué l'été dernier des positions gouvernementales. - "Désastre humanitaire" - A la veille du voyage, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a annoncé la nomination d'un émissaire pour cette crise. Trouver la bonne personnalité qui soit acceptée par la Birmanie a nécessité des mois pour le chef de l'ONU. Avocate de formation, Christine Schraner Burgener, ambassadrice de la Suisse en Allemagne depuis 2015, est à 54 ans une spécialiste des droits de l'Homme et du droit international. Au cours de sa carrière, elle a notamment été de 2009 à 2015 ambassadrice de Suisse en Thaïlande. La visite du Conseil de sécurité doit débuter à Cox's Bazaar au Bangladesh avec des rencontres avec des réfugiés. En Birmanie, les représentants diplomatiques devraient voir Aung San Suu Kyi et être autorisés à survoler en hélicoptère l'Etat Rakhine, une zone à l'accès fortement limité par les autorités birmanes. Outre l'exil en masse de la minorité musulmane, l'ONU a constaté que des villages avaient été brûlés et rasés, rendant improbable de voir à court terme une application de son exigence d'un retour des réfugiés dans leurs zones d'origine. La visite n'a pas pour but "de mettre la honte" sur la Birmanie mais que "le message soit très clair pour elle: la communauté internationale suit la situation et a une vraie volonté de résoudre la crise", a indiqué l'ambassadeur du Koweït, Mansour al-Otaibi. "Nous y allons pour voir comment aider, comment nous pouvons faire avancer les choses", a-t-il ajouté, soulignant que la situation actuelle n'était "pas acceptable". "700.000 personnes ont fui leur pays et ne peuvent revenir. C'est un désastre humanitaire". Il est "immensément important" pour le Conseil de sécurité de voir la situation sur le terrain et "ce qui peut être fait maintenant pour aider la Birmanie à développer une entité économique et politique moderne" pour sa minorité musulmane, a fait valoir de son côté son homologue britannique, Karen Pierce. La visite est organisée par le Koweït, le Royaume-Uni et le Pérou, président en exercice du Conseil de sécurité en avril. Les ONG apparaissent sans illusions sur les pouvoirs du Conseil de sécurité de résoudre la crise. Ses membres "n'ont pris pratiquement aucune décision" depuis août, déplore Akshaya Kumar de l'organisation Human Rights Watch.
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