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La Bosnie-Herzégovine sous influence arabe et turque ?

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La Bosnie-Herzégovine sous influence arabe et turque ?

La Bosnie-Herzégovine sous influence arabe et turque ?
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Touristes et investisseurs des pays arabes du Golfe ont jeté leur dévolu sur la Bosnie-Herzégovine. Ces derniers temps, leur présence y est de plus en plus forte. Plusieurs dizaines de visiteurs arabophones s'y sont rendus en 2016 et un quart d'entre eux y ont acheté une résidence.

Panneaux en arabe dans l'espace public

Le pays en tire des retombées économiques notamment de grands projets immobiliers, mais certains Bosniens éprouvent un malaise, en particulier avec la prolifération dans l'espace public, d'inscriptions en arabe.

Dino Hadzic, élu d'Ilidza, près de Sarajevo, veut limiter l'usage de cette langue. "Ma proposition est liée à ce problème de langue arabe qu'on trouve sur les panneaux, les publicités et les enseignes de magasins : la population locale ne peut ni les lire, ni les comprendre," explique-t-il avant de préciser : "La langue officielle en Bosnie-Herzégovine, c'est le bosnien et les alphabets officiels, ce sont les alphabets latin et cyrillique."

Le rêve ottoman

La Bosnie est aussi exposée à l'influence de la Turquie. De plus en plus de musulmans bosniaques regardent vers la Turquie et rêvent d'une nouvelle forme d'Empire ottoman. Mais cet intérêt pour la Turquie se retourne parfois contre certains.

Le chœur nommé "Sultan Fatih" en référence à un monarque ottoman qui accorda en son temps, un certain degré de liberté religieuse interprète des chants en bosnien et en turc notamment. Reste que le président turc Recep Tayyip Erdogan semble ne pas apprécier son chef de chœur. Il a chargé son ambassadeur d'intervenir.

"Une demande a été faite pour qu'on ne participe pas au grand concert programmé à la fin du dernier Ramadan par l'organisation officielle de la communauté musulmane de Bosnie," raconte Mehmed Bajraktaredvic, chef de chœur. "La Turquie a essayé de nous faire interdire, de m'empêcher de diriger le chœur ; on m'a accusé de travailler pour le mouvement Gülen" [ndlr : qu'Ankara qualifie de terroriste].

Une terre fertile pour les salafistes ?

Autre influence diffuse : celle du salafisme.

Des communautés appartenant à ce courant islamiste radical ont établi des salles de prière illégales dans des zones reculées du pays, en dehors des structures musulmanes officielles.

Notre journaliste Hans von der Brelie s'est rendu dans l'un de ces lieux de culte non reconnus. Il y a croisé des femmes portant le voile intégral et a vu à l'entrée du site, un grand panneau indiquant un verset du Coran. Il est entré dans le bâtiment principal pour demander une interview du responsable de cette communauté, mais a essuyé un refus.

Retrouvez son reportage en intégralité dans notre édition d'Insiders à retrouver à l'antenne et sur notre site web à partir de ce vendredi 27 avril au soir, sur l'influence de la Turquie, des pays arabes du Golfe et des mouvements salafistes en Bosnie-Herzégovine.