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Top 14: Rougerie, un volcan s'éteint à Clermont

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Top 14: Rougerie, un volcan s'éteint à Clermont

Top 14: Rougerie, un volcan s'éteint à Clermont
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Clap de fin: Aurélien Rougerie, 37 ans, mettra samedi un terme contre Toulouse à une carrière de 19 saisons entièrement dévouée à Clermont, une longévité et une fidélité uniques dans le rugby professionnel français actuel et sans doute futur. Devant son public de Marcel-Michelin, "il va y avoir forcément de l'émotion je pense, aussi bien pour ma part, mes proches et quelques fans certainement", un "pincement au coeur", reconnaît-il. Après 417 matches disputés sous le maillot Jaune et Bleu (deuxième total derrière Eric Nicol) et 134 essais inscrits (meilleur marqueur de l'histoire). Une carrière exceptionnellement longue, étirée d'une saison l'an passé, qu'il n'aurait "jamais imaginée": "Je pensais m'arrêter à 33 ans." Et qu'il pourrait être un des derniers à réaliser, vu les exigences du rugby actuel: "avec l'intensité du sport aujourd'hui, il est possible que des joueurs craquent un peu avant." Sa fidélité à un club (contrairement à Frédéric Michalak et Vincent Clerc, autres futurs retraités) ne doit pas faire oublier qu'il a failli, à deux reprises, quitter l'Auvergne: En 2005, alors qu'il était international confirmé et que Clermont "était aux portes de la Pro D2", avant que le maintien et l'arrivée prochaine de Vern Cotter ne le fasse changer d'avis. Puis en 2013, où il a été tenté de s'offrir une pré-retraite dorée et une "expérience" avec sa famille au Japon. Avant d'être, après réflexion, "quand même refroidi" par l'accident nucléaire de Fukushima, survenu deux ans plus tôt: "Le Japon, c'était un contrat or, une culture différente mais je ne voulais pas rentrer avec beaucoup d'argent et une maladie. J'ai préféré rester à la maison." - 'J'ai fermé ma bouche' - Ailleurs, "l'herbe n'est pas forcément plus verte", surtout après l'arrivée de Cotter. Et l'ASM a grandi avec lui -- "La +muscu+ avant, on la faisait sous la tribune avec les haltérophiles du club omnisport" -- pour devenir l'un des cadors hexagonaux. A ses débuts, le 17 août 1999 à Brive en Coupe de France -onze ans après avoir signé sa première licence-, "Roro" n'avait alors pas 19 ans, le cheveu blond plus ras, mais déjà des qualités athlétiques (1,93 m et environ 95 kg, contre 103 aujourd'hui) épousant les canons du rugby moderne pour un ailier. Elles lui vaudront, quelques années plus tard, le surnom certes éphémère de "Lomu blanc". Les vieux grognards auvergnats n'ont alors "pas fait de cadeau" au fils du "Cube" Jacques Rougerie, ancien pilier du club (1 sél.), et de Christine Dulac-Rougerie, basketteuse internationale à 107 reprises et membre des Demoiselles de Clermont, quintuples finalistes de la Coupe d'Europe dans les années 1970. "On me regardait un peu de haut en disant +tiens, qui c'est celui-là+. J'ai fait mon trou, j'ai fermé ma bouche, j'ai travaillé, ça t'apprend l'humilité, le travail, l'abnégation. Des choses que je n'avais peut-être pas à 19 ans", se souvient-il. - 'Cambriolés' en 2011 - Son trou, il l'a fait rapidement, au point de découvrir le XV de France dès 2001, à 21 ans. 76 sélections et 23 essais suivront jusqu'en 2012, et deux Grands Chelems (2002 et 2010) ainsi qu'une finale de Coupe du monde en 2011, perdue contre la Nouvelle-Zélande chez elle (7-8). Un souvenir encore douloureux, malgré "l'aventure humaine": "J'ai le sentiment qu'on a été volés, cambriolés. L'arbitre (le Sud-Africain Craig Joubert, NDLR) n'a malheureusement pas pris ses responsabilités et c'est très dommage." Les autres finales perdues avec Clermont (neuf) sont autant de "crève-coeur", et le premier titre de champion de l'histoire du club, en 2010 après tant d'échecs (quatre pour lui, dix pour l'ASM), évidemment "le meilleur" souvenir. D'autant que Rougerie a soulevé le Brennus comme capitaine -- sur le terrain, il évoluait au centre, où il a été repositionné avec succès en 2009. "C'est quand tu arrives au Graal que tu te dis que tu ne fais pas tout ça pour rien. Se lever chaque matin, faire des concessions, ne pas sortir avec tes potes quand tu as 20 ans, ne pas manger n'importe quoi...", rembobine-t-il. Autant de sacrifices qui seront définitivement derrière lui samedi.
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