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Au Caire, la ferveur des Egyptiennes pour le football américain

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Au Caire, la ferveur des Egyptiennes pour le football américain

Au Caire, la ferveur des Egyptiennes pour le football américain
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Les jeunes égyptiennes qui bondissent sur le terrain d'un stade du Caire en ce samedi printanier ne sont pas là pour encourager des garçons: elles s'apprêtent à disputer un match de football américain. La première fois qu'elle a entendu parler de football américain par une de ses amies, Habiba Mahmoud, l'une des joueuses, est restée interloquée en pensant aux plaquages et autres contacts musclés. Désormais, la jeune femme de 19 ans est acquise à ce sport venu d'outre-atlantique et joue au flag football, une version édulcorée du football américain, sans l'équipement complet. Au flag football, pour stopper un adversaire, il suffit de lui arracher le drapeau qui pend à sa ceinture. Sur le terrain, sept joueurs par équipe se disputent le ballon, contre 11 dans la version classique du jeu. "Lorsque que je leur ai dit à la maison que je voulais faire du football américain, mon père et ma mère m'ont dit: +comment est-ce possible?+", raconte Habiba, qui arbore un bandana coloré dans les cheveux. Dans la société égyptienne conservatrice, ce sport est une pratique très rare chez les femmes. Même aux Etats-Unis, où les femmes jouent aussi, le football américain est dominé par les hommes. "Je suis très heureuse dans ce sport qui m'a appris beaucoup sur la famille et le travail d'équipe", s'enthousiasme Habiba, vêtue du maillot vert avec un éclair jaune de son équipe, les "Gezira thunders" (Les Tonnerres de Gezira). Sa coéquipière Yara Tawheed, 20 ans, au poste clé de "quarterback", est chargée de diriger l'offensive. "Mes amis pensaient que c'était un sport violent mais ce n'est pas le cas, et quant ils sont venus voir le match, ils ont beaucoup aimé", explique-t-elle avant d'avancer que "le niveau de violence dans ce sport est semblable à celui du ballet". - "Elles travaillent dur" - Mais la version classique du jeu séduit Alia Haytham, 22 ans, étudiante à l'Université américaine du Caire qui espère un jour y jouer pour, dit-elle, libérer son énergie et sa force. "Mais ça n'empêche pas de s'amuser au flag football", assure-t-elle. Le football américain a été introduit en Egypte pour les hommes en 2007, explique Asmaa Marie, responsable des relations publiques pour la Fédération égyptienne de football américain. Les équipes féminines ont suivi plus récemment avec trois formations établies en novembre 2016, ajoute-t-elle. "Et aujourd'hui, la fédération gère huit équipes de garçons et huit équipes de filles, et nous avons 700 joueurs licenciés, garçons et filles", assure Mme Marie. Si toutes les équipes sont actuellement basées au Caire, la fédération est favorable à des équipes ailleurs dans le pays. La jeune femme, qui est également joueuse, assure que le "jeu (l'a) aidée à contrôler (sa) colère et à libérer (son) stress". Entraîneur de l'équipe des "Hell Hounds" (Les chiens de l'enfer), l'Américain Matthew Kershey, 30 ans, se réjouit d'avoir une équipe de jeunes femme extrêmement motivées. "Quand vous voyez à quel point ces filles travaillent dur, je pense que vous admirez l'effort qu'elle produisent", relève l'entraîneur, lui-même joueur. L'an dernier, l'équipe des "Cairo Warriors" (Les guerriers du Caire) a affronté une équipe marocaine et participé à un tournoi aux Etats-Unis au début de l'année. A Maadi, un quartier huppé du sud de la capitale égyptienne, où les jeunes femmes jouent tous les weekends, les gradins du stade ne sont pas pleins, la plupart des supporteurs étant des amis ou des parents des joueuses. Mais Mme Marie pense que "la popularité du jeu en Egypte va surpasser celle de beaucoup de sports d'équipes comme le volleyball et le handball". "La communauté du football américain en Egypte a grandi. On a l'impression de tous se connaître", dit-elle.
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