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Hommage aux journalistes afghans pour la Journée mondiale de la liberté de la presse

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Hommage aux journalistes afghans pour la Journée mondiale de la liberté de la presse

Hommage aux journalistes afghans pour la Journée mondiale de la liberté de la presse
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De vibrants hommages ont été rendus jeudi, à l'occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, aux journalistes afghans, après les attaques qui ont tué dix d'entre eux lundi. "Les journalistes d'Afghanistan sont parmi les plus courageux au monde", a salué dans un communiqué Omar Waraich, directeur adjoint de l'ONG Amnesty international pour l'Asie du sud. Un double attentat suicide, revendiqué par le groupe Etat islamique, a tué 25 personnes lundi à Kaboul, dont 9 journalistes venus couvrir le premier attentat. Parmi eux, le chef photographe de l'AFP, Shah Marai, ainsi que des reporters travaillant pour Tolo News, 1TV, Radio Free Europe and Mashal TV. Le même jour, un correspondant de la BBC a été abattu par des hommes armés non identifiés dans l'est du pays. Ce jeudi "sert à renouveler notre engagement et nous rappeler nos sacrifices", a déclaré Parwiz Kawa, rédacteur en chef du quotidien afghan Hasht-e-Subh, interrogé par l'AFP. C'est un "jour de recueillement", a déclaré Abdullah Khenjani, le rédacteur en chef de 1TV, dont un reporter et un caméraman ont péri lundi. Lui et ses collègues ont le coeur brisé "surtout quand on voit les chaises vides dans notre rédaction", a-t-il dit. La Journée mondiale de la liberté de la presse "est particulièrement poignante" en Afghanistan, où les médias jouent "un rôle vital pour défendre la démocratie", a souligné de son côté l'ambassade du Royaume-Uni à Kaboul dans un communiqué. Depuis 2016, 34 journalistes et collaborateurs de médias sont morts dans ce pays, selon Reporters sans frontières (RSF). Les dernières attaques mortelles ont bouleversé la communauté très soudée des journalistes afghans, habitués à faire attention les uns aux autres lorsqu'ils couvrent des évènements, dans un environnement toujours plus hostile. - Défier les extrémistes - Mais quelques heures après les explosions de lundi à Kaboul, des dizaines de directeurs et rédacteurs en chef sont retournés sur le site des attentats pour défier publiquement les extrémistes. Jeudi, un peu partout dans le monde, des rassemblements ont été organisés en hommage aux journalistes tués ou pour dénoncer les atteintes à la liberté de la presse. Au Pakistan, régulièrement classé comme l'un des endroits les plus dangereux pour les médias, des journalistes ont marché dans la capitale, Islamabad, exhibant des photos de leurs camarades décédés, avec des slogans tels que "Tué mais pas réduit au silence". A Londres, une centaine de journalistes se sont rassemblés devant la BBC, observant une minute de silence. Les participants brandissaient des photos d'Ahmad Shah, 29 ans, tué lundi en Afghanistan. "C'était un type génial et sa brillante carrière a été écourtée par les forces du mal", a déclaré à l'AFP Inayatulhaq Yasini, du service afghan de la BBC. Des journalistes se sont aussi rassemblés à Budapest, devant le siège des médias d'Etat hongrois. Ils ont exigé que les médias publics fournissent des informations objectives et accordent du temps d'antenne aux voix de l'opposition plutôt que de se contenter de la ligne gouvernementale. Selon un rapport des observateurs de l'OSCE, les médias publics ont clairement "favorisé" le parti Fidesz du Premier ministre Viktor Orban lors de la campagne des élections législatives hongroises le mois dernier. Et les atteintes à la liberté de la presse en Hongrie ont fait la Une du plus grand quotidien de Finlande. "La liberté de la presse est la pierre angulaire de toute démocratie", a déclaré la ministre norvégienne des Affaires étrangères, Ine Eriksen Søreide, dont le pays est en tête du classement 2018 de RSF. D'après RSF, 50 journalistes professionnels ont été tués dans le monde en 2017, dont 12 en Syrie et 11 au Mexique. Aux Philippines, des hommes armés ont tiré lundi sur un producteur de radio, Edmund Sestoso, à Dumaguete, dans le sud du pays. Il est mort le lendemain. "Le fait qu'il soit mort à la veille de la Journée mondiale pour la liberté de la presse est un rappel", selon Carlos Conde, chercheur pour Human Rights Watch. "Beaucoup reste à faire pour la liberté de la presse dans le monde".
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