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Dieselgate: l'ancien PDG de Volkswagen mis en examen aux Etats-Unis

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Dieselgate: l'ancien PDG de Volkswagen mis en examen aux Etats-Unis

Dieselgate: l'ancien PDG de Volkswagen mis en examen aux Etats-Unis
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Le scandale des moteurs diesel truqués de Volkswagen a rebondi jeudi aux Etats-Unis avec l'annonce de poursuites pénales contre Martin Winterkorn, l'ancien PDG, accusé d'avoir été au courant au moins un an avant qu'il ne soit révélé. "La mise en examen dévoilée aujourd'hui (jeudi) allègue que le complot mis en place par Volkswagen pour contourner ses obligations légales était connu jusqu'au sommet de l'entreprise", a déclaré Jeff Sessions, le ministre de la Justice dans un communiqué. "Ce sont des allégations graves et nous allons engager des poursuites au maximum de ce que nous autorise la loi". Il est peu probable que M. Winterkorn, 70 ans, se retrouve devant les tribunaux américains car l'Allemagne est réticente à extrader ses ressortissants hors de l'Union européenne. L'ancien patron ne fera face à des juges américains que s'il se livre lui-même aux autorités américaines ou s'il est arrêté dans un autre pays que l'Allemagne. Le département de la Justice affirme que l'ex-PDG avait été mis au courant de l'installation d'un logiciel truqueur dans des modèles diesel Volkswagen vendus aux Etats-Unis au moins à compter de mai 2014 mais n'avait pas demandé l'arrêt de cette "fraude". Une "réunion sur les dommages" potentiels de cette combine avait été organisée le 27 juillet 2015 au siège de Volkswagen à Wolfsburg (nord de l'Allemagne) à laquelle assistait Martin Winterkorn. Les équipes ayant développé le logiciel y ont fait part des menaces des régulateurs américains de retarder la certification de modèles diesel Volkswagen et expliqué comment l'entreprise dupait les régulateurs et quelles étaient les conséquences potentielles si elle était attrapée, affirme le DoJ. Après cette réunion, M. Winterkorn a autorisé ses équipes à continuer à mentir. - Courriels bavards - Les autorités américaines indiquent avoir en leur possession des courriels échangés entre des employés de Volkswagen, dont certains remontant à août 2015 et émanant d'un ancien responsable mettant M. Winterkorn en copie. Volkswagen "continue de coopérer avec les enquêtes du département de la Justice", a répondu jeudi un porte-parole, ajoutant toutefois qu'il serait "inapproprié de commenter des cas individuels". M. Winterkorn a démissionné le 23 septembre 2015, quelques jours après que Volkswagen a reconnu avoir équipé 11 millions de ses voitures diesel, dont environ 600.000 aux Etats-Unis, d'un logiciel capable de fausser le résultat des tests antipollution et dissimulant des émissions dépassant parfois jusqu'à 40 fois les normes autorisées. Il a été remplacé par Matthias Müller, lui-même débarqué en avril dernier et qui fait aussi l'objet d'une enquête dans cette affaire. Outre M. Winterkorn, cinq autres dirigeants de VW, pour la plupart de nationalité allemande et vivant en Allemagne d'après le DoJ, ont été mis en examen jeudi par les régulateurs américains. Il s'agit de Richard Dorenkamp, Heinz-Jakob Neusser, Jens Hadler, Bernd Gottweis et Jürgen Peter. Au total huit anciens et actuels dirigeants de Volkswagen ont été inculpés par les Etats-Unis mais seuls deux ingénieurs ont déjà été condamnés. Oliver Schmidt, à la tête du service de conformité règlementaire de VW aux Etats-Unis de 2014 à mars 2015, est l'un d'eux. Il avait accepté en décembre de plaider coupable dans cette affaire et de coopérer avec les autorités américaines après avoir été arrêté à Miami où il passait des vacances. Il avait écopé d'une peine de sept ans de prison et d'une amende de 400.000 dollars. Giovanni Pamio, 61 ans, un ancien dirigeant d'Audi, filiale haut de gamme de VW, est également poursuivi séparément par les autorités américaines, qui ont demandé l'extradition de cet Italien, qui vit en Allemagne. Ils "ont sciemment et délibérément commis une fraude" pour contourner les lois américaines en matière de pollution, peut-on lire dans des documents judiciaires déposés en mars devant un tribunal de Detroit, dans le Michigan, et dévoilés jeudi. Le scandale a déjà coûté au constructeur plus de 25 milliards de dollars en rappels de véhicules et procédures judiciaires. Des recours en nom collectif ont également été déposés. Herbert Diess, le nouveau PDG, a promis que Volkswagen allait renforcer ses systèmes de contrôles pour détecter et éviter des mauvais comportements.
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