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Erdogan place sa campagne électorale sous le signe d'une Turquie conquérante

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Erdogan place sa campagne électorale sous le signe d'une Turquie conquérante

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Le président turc Recep Tayyip Erdogan a promis dimanche de lancer de nouvelles opérations militaires et d'élever la Turquie au rang de "puissance globale", en dévoilant sa profession de foi pour les élections présidentielle et législatives anticipées du 24 juin. De la lutte antiterroriste à l'économie, en passant par les relations avec l'Europe, M. Erdogan a exposé pendant une heure et quart ses ambitions devant plusieurs milliers de partisans réunis à Istanbul, terre de ses premières conquêtes électorales. Ces élections anticipées sont cruciales, car elles marqueront l'entrée en vigueur de la plupart des mesures renforçant les pouvoirs du chef de l'Etat adoptées dans le cadre d'une révision constitutionnelle l'an dernier. Pour mettre toutes les chances de son côté, M. Erdogan a avancé au 24 juin ce double scrutin initialement prévu en novembre 2019, notamment, estiment les analystes, pour capitaliser sur le sentiment nationaliste alimenté par l'offensive d'Ankara contre une milice kurde en Syrie. "Pour nettoyer ses frontières des groupes terroristes, la Turquie lancera de nouvelles opérations sur le modèle de Bouclier de l'Euphrate et de Rameau d'olivier", a lancé dimanche M. Erdogan, en référence à deux campagnes militaires turques en Syrie. La Turquie mène depuis janvier dans le nord-ouest de la Syrie une offensive baptisée "Rameau d'olivier" contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), considérée par Ankara comme une organisation terroriste, mais soutenue par Washington contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI). Avant cette opération, la Turquie avait mené, d'août 2016 à mars 2017, une première offensive dans le nord de la Syrie contre l'EI et les YPG, baptisée "Bouclier de l'Euphrate". - UE, économie - Le choix fait par le président turc de tenir son premier grand meeting de campagne dans l'ex-capitale impériale Istanbul et non à Ankara, le centre politique et administratif du pays, est symbolique pour ce nostalgique du glorieux passé de l'Empire ottoman. "Je fais le serment que (...) la Turquie prendra sa place sur la scène internationale en tant que puissance globale", a lancé sous les acclamations du public M. Erdogan, qui a commencé son discours par une référence aux sultans. Istanbul a aussi été le terrain des premiers succès électoraux de M. Erdogan, qui a été élu maire de la plus grande ville de Turquie en 1994, une fonction qui lui a servi de tremplin pour ensuite s'imposer sur la scène politique nationale. La capitale économique est en outre devenue la vitrine des grands projets d'infrastructures mis en oeuvre par l'AKP depuis son arrivée au pouvoir, en 2002. Ces projets ont profondément transformé la Turquie et été au coeur des succès électoraux de M. Erdogan. Mais l'économie turque montre aujourd'hui des signes de surchauffe, avec une inflation à deux chiffres et une monnaie qui s'érode. M. Erdogan s'est voulu rassurant dimanche en promettant de faire baisser les taux d'intérêt et l'inflation, et de réduire le déficit des comptes courants qui ne cesse de se creuser. Le chef de l'Etat turc, qui critique régulièrement avec violence l'Occident, a cette fois retenu ses coups et même affirmé qu'Ankara n'avait "jamais abandonné" son objectif de devenir membre de l'Union européenne (UE), bien que le processus d'adhésion soit gelé. - "Embargo médiatique" - Dans les faits, la campagne de M. Erdogan a commencé depuis plusieurs semaines, le chef de l'Etat et ses proches multipliant les discours, souvent plusieurs par jour, retransmis en direct dans leur intégralité par les chaînes de télévision. En face, l'opposition tente de s'organiser pour faire barrage au président turc, mais dénonce des conditions de campagne inéquitables. Ainsi, le candidat du principal parti d'opposition CHP, Muharrem Ince, a dénoncé dimanche la faible couverture médiatique de son premier meeting de campagne, samedi, qui n'a été retransmis par aucune des principales chaînes de télévision. "Si l'embargo médiatique contre l'opposition que le palais (présidentiel) a imposé se poursuit, alors nous ferons nos meetings devant les (sièges des) chaînes de télévision", a prévenu M. Ince dimanche sur Twitter.
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