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Israël donne 14 jours au directeur de HRW pour quitter le pays

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Israël donne 14 jours au directeur de HRW pour quitter le pays

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Le directeur de Human Rights Watch (HRW) en Israël et dans les Territoires palestiniens a accusé mercredi les autorités israéliennes de chercher à faire taire l'ONG en l'accusant de "soutenir le boycott d'Israël" et en lui donnant 14 jours pour partir. Le ministère israélien de l'Intérieur a annoncé mettre fin au permis de séjour d'Omar Shakir, ressortissant américain, sur la foi d'informations selon lesquelles il est "depuis des années un militant du BDS soutenant le boycott d’Israël de manière active". Le BDS (Boycott, désinvestissement et sanctions), l'une des bêtes noires des autorités israéliennes, est une campagne globale de boycott économique, culturel ou scientifique d'Israël destinée à obtenir la fin de l'occupation et de la colonisation des Territoires palestiniens. Israël accuse le mouvement "BDS" d'antisémitisme - ce que celui-ci dément - et combat farouchement le boycott comme une menace stratégique attentant à sa légitimité. M. Shakir, rencontré par l'AFP dans son bureau de Ramallah en Cisjordanie occupée, a réfuté soutenir le boycott. "En réalité, on cherche à museler Human Rights Watch et à faire taire les critiques contre le piètre bilan d'Israël en matière de droits de l'Homme", a-t-il affirmé. Israël rejoint la Corée du Nord, Cuba, l'Iran, et le Soudan, montrés du doigt dans ce domaine, sur la liste des pays "qui ont bloqué l'accès à du personnel de Human Rights Watch", a relevé M. Shakir, qui avait reçu l'autorisation de travail israélienne en avril 2017 après avoir été empêché pendant des mois d'entrer dans le pays. Israël contrôle tous les accès aux Territoires palestiniens, sauf la frontière égyptienne avec la bande de Gaza, fermée en quasi-permanence. Quinze organisation israéliennes de défense des droits de l'Homme ont dénoncé la décision israélienne. "Israël essaie d'empêcher ses propres citoyens et le monde entier de voir ce qu'il fait", ont-elles déclaré dans un communiqué. Amnesty International a exprimé sa "solidarité totale" avec M. Shakir. "C'est un signe supplémentaire et alarmant de l'intolérance grandissante (d'Israël) à l'égard de ceux qui le critiquent", a affirmé l'ONG dans un communiqué. "Interdire l'accès à ceux qui répertorient les atteintes aux droits de l'Homme ne dissimulera pas les violations massives commises par Israël dans le contexte de plus de cinquante ans d'occupation" des Territoires palestiniens, a-t-elle dit. Sur fond de persistance du conflit israélo-palestinien, HRW et Amnesty se montrent très critiques envers Israël. Le gouvernement israélien, considéré comme le plus à droite de l'histoire du pays, est engagé dans une vaste offensive contre des ONG de gauche opposées à l'occupation et à la colonisation. Le Parlement a adopté en 2017 une loi interdisant l'entrée sur le territoire à tout non Israélien ou non résident permanent qui aurait appelé au boycott. Il a aussi adopté un texte contraignant les ONG recevant la majorité de leurs fonds d'institutions gouvernementales étrangères à déclarer leur situation. L'Etat hébreu a publié en janvier une liste d'une vingtaine d'organisations qui appellent à son boycott et dont les membres sont interdits d'entrée sur le territoire.
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