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Italie: tractations pour un gouvernement antisystème

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Italie: tractations pour un gouvernement antisystème

Italie: tractations pour un gouvernement antisystème
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Les tractations entre le Mouvement Cinq Étoiles (antisystème) et la Ligue (extrême droite), pour former le premier gouvernement antisystème d'Italie, et d'Europe occidentale, sont entrées jeudi dans le vif du sujet après le retrait du principal obstacle, Silvio Berlusconi. Les chefs de file des deux formations, qui à elles deux disposent d'une courte majorité au Parlement, Luigi Di Maio (M5S), 31 ans, et Matteo Salvini (Ligue), 45 ans, se sont rencontrés en début de matinée à la Chambre des députés. Dans un communiqué conjoint, ils ont évoqué "un climat positif pour définir le programme et les priorités du gouvernement", ainsi que "des pas en avant importants" sur la composition de l'équipe". Selon la presse, ils ont demandé jusqu'à lundi au président Sergio Mattarella, qui a pour l'instant renoncé à nommer le chef de gouvernement "neutre" qu'il envisageait après deux mois d'impasse. "On discute de la réforme des retraites, de l'emploi, des débarquements (de migrants), de la légitime défense", a déclaré M. Salvini à la presse. Sur Twitter, il a annoncé à ses abonnés: "Nous sommes en train de travailler pour vous", avec une photo de lui à côté d'une grosse pelleteuse. "Je ne peux pas cacher ma joie et mon contentement que finalement nous puissions commencer à nous occuper des problèmes de l'Italie", a déclaré M. Di Maio, tout sourire, dans une vidéo sur Facebook, tout en reconnaissant devant des journalistes que les deux programmes n'étaient "pas toujours compatibles". Dans l'après-midi, des experts chargés des différents dossiers au sein des deux partis se sont retrouvés pour préparer le contrat de gouvernement "à l'Allemande" que le M5S propose depuis deux mois. Les questions à régler sont encore nombreuses, à commencer par le choix du chef du gouvernement. Depuis les élections du 4 mars, les deux hommes revendiquent chacun le poste, M. Di Maio en tant que chef du premier parti du pays (plus de 32%), M. Salvini en tant que leader de la coalition de droite arrivée en tête (37%, dont 17% pour la Ligue). Tous deux se disent prêts à faire un pas en arrière pour choisir ensemble une autre personnalité mais, selon la presse, aucun n'a complètement renoncé. Parallèlement, les divergences sur le fond semblent importantes entre la Ligue, formation nationaliste proche du Front national français, qui a fait le plein des voix dans le Nord sur la promesse de baisses massives d'impôts, et le M5S, plus ambivalent sur l'Union européenne et plébiscité par le Sud pour avoir promis un revenu de citoyenneté. - Le verrou a sauté - Outre l'ambition de leurs jeunes dirigeants, les deux partis ont en commun un rejet des forces politiques traditionnelles et des promesses voisines en matière de retraites, de lutte contre l'immigration ou de moralisation de la vie politique. Et mercredi soir, le principal verrou a sauté: Silvio Berlusconi, l'allié que M. Salvini ne voulait pas lâcher mais avec lequel M. Di Maio refusait de parler, a donné son feu vert à un accord dit "jaune-vert" (M5S/Ligue). Dans un communiqué envoyé dans la soirée, le milliardaire âgé de 81 ans, qui a dirigé la droite italienne pendant 25 ans, a répété que les élus de son parti Forza Italia (FI) ne voteraient pas la confiance à un gouvernement du M5S, estimant que ce parti n'avait pas "la maturité politique pour assumer cette responsabilité". Mais si la Ligue prend cette responsabilité, cela ne rompra pas son alliance avec FI, a promis M. Berlusconi, en évoquant en particulier les régions qu'ils dirigent ensemble dans le nord de l'Italie, un point essentiel pour le parti de Matteo Salvini. Au Parlement, Ligue et M5S disposent d'une majorité de 6 voix au Sénat et de 32 voix à la Chambre des députés, et pourraient bénéficier au coup par coup du soutien actif ou d'une abstention bienveillante de FI. La perspective d'un tel accord n'a pas, encore, affolé les marchés financiers, mais la Bourse de Milan a perdu près de 1% jeudi et sur le marché de la dette, le spread - l'écart entre les taux d'emprunt italien et allemand à dix ans - a atteint quelque 138 points, contre 132 jeudi soir, témoignant d'une certaine inquiétude.
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