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Quim Torra, un éditeur indépendantiste candidat à la présidence catalane

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Quim Torra, un éditeur indépendantiste candidat à la présidence catalane

Quim Torra, un éditeur indépendantiste candidat à la présidence catalane
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L'éditeur catalan Quim Torra, désigné jeudi soir par Carles Puigdemont pour être candidat à sa succession à la présidence de la Catalogne, est un nouveau venu en politique et un indépendantiste convaincu. Derrière de grandes lunettes masquant en partie son large front, cet homme à la forte carrure avait tranquillement lancé, en mars, de la tribune du parlement de cette région du nord-est de l'Espagne : "La cause de la liberté de la Catalogne est une cause juste, la cause de l'indépendance de la Catalogne est une cause juste, la cause de la République catalane est une cause honorable". "Pas un instant nous ne pensons renoncer, pas même d'un millimètre, à défendre la justice, la légitimité et l'honorabilité de cette cause, au contraire", avait insisté le nouveau député régional, âgé de 55 ans. Des convictions susceptibles de séduire notamment la formation la plus radicale de l'indépendantisme, la CUP (extrême gauche, quatre députés), mais de susciter un franc rejet de l'opposition. Dans un message diffusé sur Twitter, Quim Borra a rendu hommage à l'exilé Carles Puigdemont - destitué par Madrid après la vaine proclamation d'une "République catalane" le 27 octobre - qu'il a présenté comme "le président légitime" de la région. - Un "fidèle de Puigdemont" - Natif de la ville catalane de Blanes, sur la touristique Costa brava, Quim Torra a fait son entrée en politique il y a seulement quelques mois. Ayant rejoint la liste de Carles Puigdemont, comme d'autres personnalités indépendantes, il a été élu le 21 décembre au parlement régional où les indépendantistes ont alors retrouvé leur majorité en sièges. Dans un spot diffusé avant le scrutin, il s'était lui-même présenté aux électeurs en disant : "je suis Quim Torra, avocat, éditeur, et j'ai travaillé toute ma vie pour la liberté de mon pays", sous-entendu la Catalogne. Les changements drastiques d'activité ne sont pas une nouveauté pour ce Catalan, marié et père de trois enfants. Après une longue trajectoire professionnelle au sein de la compagnie d'assurances suisse Winterthur, il avait mis à profit son indemnité de licenciement pour fonder en 2008 une maison d'édition, A Contra Vent, spécialisée dans la récupération de textes de journalistes catalans de la Seconde république espagnole (1931-1939) et de l'exil sous la dictature de Franco. Il s'est alors fait un nom dans les cercles nationalistes catalans : a collaboré avec différents médias, présidé l'entité Souveraineté et Justice dédiée à la promotion de l'indépendance et fait partie de la direction de la puissance association ANC, organisatrice d'immenses manifestations indépendantistes. Il a dirigé jusqu'en 2015 le Centre culturel du quartier barcelonais El Born, alors controversé pour relayer les revendications nationalistes. Puis il a provisoirement présidé en 2015 l'association indépendantiste Omnium Cultural, avant d'en céder la présidence à Jordi Cuixart, qui a depuis été placé en détention provisoire. Ces derniers mois, Quim Torra n'a pas cessé d'exiger la libération de neuf figures de l'indépendantisme accusées de "rébellion". La dirigeante de l'opposition en Catalogne, Inès Arrimadas, du parti libéral anti-indépendantiste Ciudadanos, a jugé jeudi soir dans un tweet qu'il avait été "nommé en tant que fidèle de Puigdemont et du processus" indépendantiste. Or "nous avons besoin d'un président qui reconnaisse l'échec de ce processus", a-t-elle ajouté. "Nous regrettons que le bloc indépendantiste ait choisi une personne avec l'un des profils les plus sectaires", a affirmé le Parti socialiste catalan dans un communiqué. Le socialiste catalan Miquel Iceta l'a appelé à "penser à l'ensemble du pays et pas seulement aux indépendantistes" qui ont obtenu 47,5% des suffrages dans la région en décembre. Représentant en Catalogne du parti conservateur au pouvoir en Espagne, Xavier Garcia Albiol a posté sur Twitter des captures d'écrans du compte de Quim Torra, comportant des messages offensifs contre "les Espagnols", qui auraient été effacés.
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