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Au Nicaragua, trois semaines de colère populaire et 49 morts

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Au Nicaragua, trois semaines de colère populaire et 49 morts

Au Nicaragua, trois semaines de colère populaire et 49 morts
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Sous tension depuis plus de trois semaines, le Nicaragua continue de vivre au rythme des manifestations, qui ont fait au moins 49 morts, les propositions de dialogue du président Daniel Ortega n'ayant pas apaisé la colère. Vendredi à l'aube, des affrontements entre la police et des étudiants, sur deux campus de la ville, ont fait deux morts et au moins dix blessés. Les étudiants ont accusé le gouvernement d'avoir commandité une attaque par les forces de l'ordre et des civils armés contre ces deux campus, pour les déloger, car ils y sont retranchés depuis le début de la vague de contestation, le 18 avril. Kevin Valle, 18 ans, a été tué par arme à feu, a confirmé le sous-directeur de la police, Francisco Diaz. Angel Parajon a lui annoncé le décès de son fils Jimmy: "Il est mort à l'Upoli (l'Université polytechnique, bastion des étudiants contestataires, ndlr) d'une balle dans le coeur", a-t-il raconté, en larmes. Ces nouveaux décès ont ravivé les tensions dans ce pays où des milliers de manifestants dénoncent depuis des semaines le manque de libertés individuelles et la confiscation du pouvoir par le président Ortega, au pouvoir de 1979 à 1990 puis depuis 2007. Depuis le début des protestations, provoquées par une réforme des retraites (depuis abandonnée) mais désormais un mouvement plus large d'exaspération, le bilan est d'au moins 49 morts, selon les associations de défense des droits de l'homme. Le chef de l'Etat, leader de la révolution sandiniste en 1979, a cependant fait un premier pas vers l'apaisement vendredi soir, en acceptant les deux conditions "préalables" à tout dialogue, posées par le Conférence épiscopale du Nicaragua (CEN), qui joue le rôle de médiateur. La CEN a demandé la fin de la répression des manifestations et que la Commission interaméricaine des droits de l'Homme (CIDH) soit autorisée à enquêter sur les circonstances des décès. "Assez de répression violente contre les étudiants au Nicaragua!", a lancé sur Twitter l'évêque auxiliaire de Managua, Silvio Baez. "Rien de violent n'est durable. L'intimidation et l'agression ne sont pas le chemin" à suivre, a-t-il ajouté. - "Qu'Ortega s'en aille" - Vendredi, les étudiants de l'Université nationale autonome du Nicaragua (Unan) ont érigé des barricades avec des pavés pour empêcher la police d'accéder jusqu'à leur campus, après un assaut mené dans la matinée qui a fait quatre blessés, a raconté à l'AFP Yaritza, une des leaders du mouvement étudiant. "Nous sommes tous tendus, nous n'avons pas dormi. A l'aube nous avons été attaqués par des groupes de civils avec des armes à feu, mais nous soupçonnons qu'il s'agissait de policiers déguisés en civils", a indiqué la jeune femme. Des centaines d'étudiants d'autres universités ont manifesté vendredi près de l'Unan en soutien avec leurs camarades et aux cris de "Peuple, unis-toi!". Dans le reste du pays, de nombreuses routes restaient bloquées par d'autres groupes contestataires, selon la presse locale. "Comment envisager un dialogue s'ils sont en train de tuer les gens?", s'offusquait, sur la route de San Pedro de Lovago (centre), un paysan qui s'est identifié comme Nemesio. "Le gouvernement doit comprendre qu'il doit replier ses brigades anti-émeutes et ses bandes de sandinistes", a-t-il ajouté, avant de trancher: "Qu'Ortega s'en aille, car il ne peut pas gouverner le Nicaragua". A Managua, des commerçants du marché Oriental, le plus grand du pays, ont dû saisir des bâtons, des pierres et des machettes pour défendre leurs commerces de groupes armés, qu'ils ont accusés d'être envoyés par la police. "Nous n'allons pas permettre plus de violence, ils veulent brûler le marché, saccager les magasins", a dénoncé à la télévision locale une commerçante qui s'est identifiée comme Azucena. Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme a demandé vendredi aux autorités du Nicaragua de lui donner accès au pays afin d'enquêter sur les morts et les violences commises ces dernières semaines.
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