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RDCongo: silence autour des deux Britanniques enlevés dans le parc des Virunga

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RDCongo: silence autour des deux Britanniques enlevés dans le parc des Virunga

RDCongo: silence autour des deux Britanniques enlevés dans le parc des Virunga
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Le silence était quasi total samedi autour des trois personnes, dont deux Britanniques, enlevées la veille dans le parc des Virunga, site naturel classé par l'Unesco au patrimoine mondial et frappé par la violence qui ravage l'est de la République démocratique du Congo. Les deux touristes britanniques et leur chauffeur congolais ont été victimes vendredi d'une attaque de leur véhicule par des hommes armés qui ont tué une garde congolaise des Virunga, parc naturel situé dans la province du Nord Kivu, fief de multiples groupes armés. "La hiérarchie a pris des mesures de manière à ce que les deux sujets britanniques soient retrouvés, il y a un travail qui est en train d’être fait", a déclaré un porte-parole de l'armée dans la région, le major Guillaume Ndjike Kaiko, cité par le site d'information actualité.cd. - "Moins on communique, plus on a la chance que l'affaire se dénoue" - Pour le reste, les autorités congolaises, le parc et sa tutelle (Institut congolais pour la conservation de la nature, ICCN) et le Foreign office sont restés muets depuis vendredi. "Moins on communique, plus on a la chance que l'affaire se dénoue", souligne un observateur de la vie congolaise. Créé en 1925 à l'époque de la colonisation belge, le parc déploie ses haut plateaux verdoyants et ses savanes sur 7.800 km2 le long de la frontière avec le Rwanda et l'Ouganda entre le volcan Nyiragongo à la sortie de Goma et les monts Rwenzori, en passant par le lac Albert. Le site attire des touristes avec ses gorilles de montagne, ses chimpanzés et ses volcans. Mais la zone n'est pas sans risques. Le parc est le fief de rebelles présumés ougandais musulmans (ADF), qui sèment la terreur à Beni, et des milices maï maï communautaires hutu, nande ou hunde. En 2014, le directeur du parc, le Belge Emmanuel de Mérode, avait survécu à une attaque. Le 9 avril, cinq gardes et un chauffeur avaient été tués par des assaillants non identifiés. Le 3 mai, les lanceurs d'alerte de l'ONG britannique Global Witness avaient avancé documents à l'appui que le gouvernement congolais envisageait de "déclassifier" 1.720,75 km2 du parc soit 21,5% de sa superficie pour exploiter des blocs pétroliers. L'ONG affirme avoir consulté des courriers du ministre congolais des Hydrocarbures Aimé Ngoi Mukena. L'une de ces notes, que l'AFP a pu consulter, affirme que les Virunga pourrait fournir "6.758 milliards de barils avec les recettes budgétaires additionnelles de sept milliards de dollars". Joint alors par l'AFP à Kinshasa, le ministre des Hydrocarbures a répondu : "Il n'est pas connu de moi ce projet sur la désaffectation d'une partie du parc. Si ce projet existe, nous n'avons pas peur de l'assumer, s'il y avait ce projet-là". Une mission interministérielle est arrivée cette semaine pour "proposer un plan de règlement des crises récurrentes sur ce site", selon un document des services du Premier ministre. Aucun site classé par l'Unesco ne peut être déclassé du patrimoine mondial de l'humanité sans le feu vert de cette organisation spécialisée de l'ONU. Le 9 mai, 33 ONG congolaises de défense de l'environnement et des droits de l'homme ont écrit au ministre des Hydrocarbures pour exprimer leur "indignation". "Ce projet d'exploitation du pétrole aura des conséquences irréversibles non seulement sur les écosystèmes naturels du paysage Virunga et leurs ressources mais aussi sur les moyens de subsistance des communautés locales", avancent-elles. "Les attaques répétées contre le personnel de l'ICCN relèvent d'une conspiration visant à déstabiliser cette institution dans son action de protection du parc de Virunga", avance l'ONG Centre d'étude pour la paix, la démocratie et les droits de l'Homme (Cepadho). Plus radical, le collectif citoyen Lutte pour le changement (Lucha), né à Goma il y a six ans, a écrit samedi sur son compte Twitter : "La principale menace contre le parc des Virunga c’est l’État. Un État irresponsable et prédateur", qui veut "brader ce patrimoine inestimable pour quelques millions de pétrodollars. Un État incapable de restaurer la sécurité et résoudre les conflits".
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