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Manifestation à Londres contre la visite de Erdogan, reçu par la reine

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Manifestation à Londres contre la visite de Erdogan, reçu par la reine

Manifestation à Londres contre la visite de Erdogan, reçu par la reine
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Des défenseurs de la liberté de la presse et des militants kurdes ont manifesté mardi à Londres avant un entretien entre la Première ministre Theresa May et le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a également été reçu par Elizabeth II. M. Erdogan a entamé dimanche une visite officielle de trois jours au Royaume-Uni qui l'accueille avec tous les honneurs, dans la perspective de l'après Brexit et des nouveaux partenariats commerciaux que le pays espère nouer. Mardi à la mi-journée, le président turc et son épouse, Emine Erdogan, ont été reçus par la reine pour une audience privée dans la "salle de 1844" du palais de Buckingham, où la souveraine accueille régulièrement des invités de marque. M. Erdogan s'est également entretenu avec Theresa May. Lors d'une conférence de presse, la Première ministre britannique a assuré avoir, lors de cette conversation, souligné la nécessité pour la Turquie de respecter "les valeurs démocratiques et les obligations en matière de droits de l'homme". M. Erdogan a appelé de son côté Londres à extrader toute personne liée au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), organisation classée "terroriste" par Ankara, prévenant que "ce qui me fait mal aujourd'hui fera mal au Royaume-Uni demain". Mme May lui a répondu que le Royaume-Uni agissait "quand nous avons des preuves d'une activité terroriste". La visite du dirigeant a suscité des critiques au Royaume-Uni et des dizaines de manifestants se sont rassemblés dans la matinée près de Downing Street à l'appel notamment de l'organisation Reporters sans frontières (RSF). Ils ont été rejoints par des manifestants pro-kurdes, qui ont brandi des pancartes avec le visage du président turc barré du mot "Terroriste" (en anglais), ainsi qu'un drapeau représentant le chef de l'opposition kurde Abdullah Öcalan. De légers heurts ont éclaté quand des partisans d'Erdogan brandissant des drapeaux turcs ont défilé devant les manifestants pro-kurdes, entraînant l'intervention de la police. Selon RSF, plus de 100 journalistes ont été arrêtés, 140 médias ont été fermés et au moins 889 cartes de presse ont été annulées depuis le début de l'état d'urgence instauré après la tentative de coup d'Etat en juillet 2016. "Nous devons faire comprendre à notre gouvernement que nous nous préoccupons des libertés fondamentales - ces valeurs auxquelles notre pays est arrimé", a déclaré Rebecca Vincent, responsable de Reporters sans frontières au Royaume-Uni, aux manifestants. "Il y a une élection à venir", a-t-elle rappelé, en référence aux élections législatives et présidentielle anticipées convoquées le 24 juin par le président Erdogan, des scrutins qui marqueront l'entrée en vigueur de la plupart des mesures renforçant les pouvoirs du chef de l'Etat adoptées dans le cadre d'une révision constitutionnelle l'an dernier. "Dans le cadre de l'état d'urgence, les gens n'ont pas accès à une information indépendante, donc nous avons un électorat qui se rendra aux urnes après une assez courte campagne sans avoir toutes les informations", a-t-elle ajouté. Elle a jugé "honteux" que le président Erdogan "soit accueilli, ici, au Royaume-Uni et qu'on lui déroule le tapis rouge". Lors de la conférence de presse avec Mme May, M. Erdogan a rejeté les accusations dont il fait l'objet sur les emprisonnements de journalistes. "Sommes-nous censés les appeler journalistes simplement parce qu'ils (en) ont le titre?", a-t-il dit, ajoutant: "Vous devez faire une distinction entre les terroristes et les journalistes". jwp-jts-pau-eg/roc
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