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Syrie : Lafarge bientôt poursuivi pour "complicité de crimes contre l'humanité" ?

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Syrie : Lafarge bientôt poursuivi pour "complicité de crimes contre l'humanité" ?

Syrie : Lafarge bientôt poursuivi pour "complicité de crimes contre l'humanité" ?
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Nouvel épisode de l'affaire Lafarge en Syrie. Deux ONG demandent à la justice française de poursuivre le cimentier pour "complicité de crimes contre l'humanité".

"Ils ne pouvaient ignorer qu'ils contribuaient financièrement aux crimes de l'EI"

Lafarge est accusé d'avoir versé, via des intermédiaires, d'importantes sommes d'argent à des groupes armés, dont l’État islamique, afin de poursuivre l'activité de sa cimenterie dans le nord de la Syrie. D'ex-cadres du groupe ont déjà été mis en examen dans cette affaire pour "financement d'une entreprise terroriste".

L'ONG Sherpa, accompagnée du Centre européen pour les droits constitutionnels et les droits de l'homme (ECCHR), demandent aux magistrats d'élargir ces mises en examen du chef d'accusation de "complicité de crimes contre l'humanité" et de poursuivre la compagnie Lafarge en tant que personne morale.

Dans un communiqué, les deux ONG soutiennent que Lafarge et ses dirigeants "ne pouvaient ignorer qu'ils contribuaient financièrement aux crimes commis par l’État islamique dans la région."

Entre 2011 et 2015, Lafarge aurait versé près de 13 millions d’euros aux groupes armés en Syrie, dont 5 millions aux djihadistes, afin de garantir la sécurité de ses employés et la circulation des matériaux de construction.

Lafarge a-t-il vendu du ciment à l’État islamique ?

L’association Sherpa pointe une autre source possible de financement : la vente directe de ciment au groupe État islamique :

"Si cette vente directe est confirmée, cela constituerait un acte supplémentaire de complicité de crimes contre l’humanité de l’État islamique puisque l’EI a commis ses crimes grâces à des routes, des galeries souterraines et des bunkers dans lesquels il torture et tue les personnes qu'il détient", souligne Marie-Laure Guislain, responsable du contentieux pour Sherpa.

Joint par euronews, le groupe LafargeHolcim "regrette et condamne avec la plus grande fermeté les erreurs inacceptables commises en Syrie" et rappelle qu'une enquête interne a été diligentée.

Lors de leurs auditions, des responsables du groupe avaient reconnu avoir été soumis à "une économie de racket", et affirmaient que l’État français était au courant.