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Rencontre en vue pour le Catalan Quim Torra et l'Espagnol Mariano Rajoy

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Rencontre en vue pour le Catalan Quim Torra et l'Espagnol Mariano Rajoy

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A distance et par point presse interposé, le nouveau président indépendantiste de la Catalogne Quim Torra et le chef du gouvernement conservateur espagnol Mariano Rajoy ont annoncé leur intention de se rencontrer. Quim Torra l'a fait savoir lors de sa visite à Berlin hier où il s'est entretenu avec son prédécesseur. Destitué par Madrid, Carles Puigdemont vit actuellement là-bas en liberté sous contrôle judiciaire.

La justice allemande ayant décidé début avril que l’ex-président catalan ne pourra pas être extradé pour rébellion, mais qu’il pourrait l’être pour détournement de fonds publics, Puigdemont attend le verdict et a proposé son aide à Quim Torra.

Depuis la Bulgarie où il était en visite également, Mariano Rajoy a répondu favorablement à la requête du nouveau leader catalan, mais avertit qu'il n'y aurait pas de république en Catalogne. Promesse faite par Torra le jour de son élection.

Le gouvernement espagnol de Mariano Rajoy a rappelé qu'il pourrait à tout moment reprendre le contrôle de la région si Torra violait la Constitution.

Il a d'ailleurs annoncé hier qu'il continuerait à contrôler les finances de la région même après la levée de la tutelle, en exigeant un rapport mensuel détaillé. Ce qui a profondément agacé Quim Torra.

Polémique espagnole

La première journée de Torra a la tête de la Catalogne a été marquée par une polémique grandissante en Espagne au sujet de propos tenus dans le passé par cet indépendantiste virulent de 55 ans, jugés xénophobes par ses détracteurs.

"Les Espagnols viennent ici pour nous surveiller. Qu'ils s'en aillent une fois pour toutes!", affirmait-il par exemple en 2012 dans un tweet, effacé depuis mais exhumé par les médias.

Dans d'autres déclarations publiques, il avait également qualifié l'Espagne de "pays exportateur de misères", affirmé que l'emploi de la langue espagnole en Catalogne n'était pas "naturel", et traité de "charognards, vipères et hyènes" ceux qui ne défendaient pas la culture et de la langue catalanes.

Torra avait aussi jugé "nécessaire" une action armée du type de celle que Francesc Macià, président de la Catalogne de 1931 à 1933, avait vainement fomenté dans l'espoir de proclamer une république catalane en 1926, alors qu'il était exilé en France pendant la dictature de Miguel Primo de Rivera.

"Nous rejetons les propos que Monsieur Torra a tenus de façon répétée. Un discours dangereux, irresponsable et inacceptable, basé sur les préjugés", a dénoncé l'organisation SOS Racisme en Catalogne dans un communiqué.

L'association a promis qu'elle lutterait contre les "prises de position racistes" et les "discours de haine" qui "pourraient porter atteinte à la cohabitation et à la cohésion sociale" dans cette région de 7,5 millions d'habitants dont beaucoup sont originaires d'autres endroits d'Espagne, et où la plupart parlent les deux langues.

"Il défend la xénophobie", avait accusé lundi Inés Arrimadas, leader pour la Catalogne du parti de centre-droit et anti-indépendantiste Ciudadanos.

Torra s'est défendu en affirmant qu'il s'agissait de déclarations anciennes publiées hors contexte, mais a fait amende honorable. "Je suis navré de ces excès, qui se sont produits dans des moments de grande excitation", a-t-il déclaré mardi dans une interview à la radio catalane.

Il a également assuré qu'il n'avait rien contre les Espagnols. "J'aime être avec eux", a-t-il dit, promettant que l'espagnol et le catalan seraient les deux langues officielles de la république catalane qu'il entend créer.