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Tusk à propos de Trump : "avec des amis pareils, on a pas besoin d'ennemis"

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Tusk à propos de Trump : "avec des amis pareils, on a pas besoin d'ennemis"

Tusk à propos de Trump : "avec des amis pareils, on a pas besoin d'ennemis"
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Les dirigeants européens ont dîné ensemble hier soir à Sofia, un moment consacré à Trump et à l'Iran, juste avant le sommet qui s'ouvre aujourd'hui avec les dirigeants d'Albanie, de Bosnie-Herzégovine, de Serbie, du Monténégro, de Macédoine et du Kosovo. Ce sommet doit confirmer la perspective européenne promise aux pays des Balkans, mais il semble phagocyté par la sauvegarde de l'accord nucléaire iranien.

Les Européens, en l'absence remarquable du dirigeant espagnol en raison de sa non reconnaissance du Kosovo, se sont accordés sur "une approche unie" tant que Téhéran respecte les termes de l'accord.

Le président du conseil européen Donald Tusk a condamné la position américaine, déclarant "qu'avec des amis pareils qui a besoin d'ennemis ?"

Confrontés aux problèmes des tarifs douaniers américains, obligés d'apporter une réponse à Téhéran en palliant aux conséquences de la reprise des sanctions américaines, les dirigeants européens vont toutefois devoir s'engager envers les Balkans occidentaux, reste à savoir dans quelle mesure.

Ce jeudi, les dirigeants européens ne seront que 27, en l'absence remarquée du Premier ministre espagnol Mariano Rajoy, dont le pays ne reconnaît pas l'indépendance du Kosovo.

"Nous allons rencontrer nos partenaires des Balkans occidentaux collectivement pour la première fois depuis 15 ans. Ce sera une opportunité pour les deux parties de rappeler que la perspective européenne reste le choix géostratégique des Balkans occidentaux", a toutefois souligné hier le président du Conseil européen, Donald Tusk.

Dans le projet de déclaration finale du sommet, vu par l'AFP, les Européens déclinent le thème de la "connectivité" par des investissements dans les infrastructures de transport des Balkans, des échanges éducatifs et culturels, et des liens renforcés face à des "défis communs" comme la sécurité et les migrations.

Mais ils évitent d'employer les mots "adhésion" ou "élargissement" dans leur texte.

"Ce n'est pas un sujet pour Sofia", a insisté un haut responsable européen, rappelant que les 28 auront d'autres rendez-vous en juin pour en discuter. Et décider notamment s'ils acceptent d'ouvrir des négociations d'adhésion avec l'Albanie et l'ancienne république yougoslave de Macédoine, comme le propose la Commission européenne.

Pour l'heure, des pourparlers d'adhésion n'ont démarré qu'avec la Serbie (en 2014) et le Monténégro (en 2012), que Jean-Claude Juncker verrait bien devenir membres de l'Union "d'ici 2025".

Mais plusieurs pays européens, qui vont se retrouver à 27 après le départ du Royaume-Uni en 2019, demandent de ne pas aller trop vite.

Il faut avoir "des relations avec les Balkans qui ne soient pas uniquement focalisées sur la question d'un lointain élargissement", a plaidé une source diplomatique, jugeant qu'il "ne serait pas raisonnable" d'envisager des adhésions à une Union "qui n'a pas encore trouvé son modèle de fonctionnement à 28".

-Les Européens s'inquiètent aussi des tensions qui demeurent dans la région, comme celles entre la Serbie et son ancienne province du Kosovo. Cinq Etats membres (l'Espagne, la Grèce, Chypre, la Slovaquie et la Roumanie) ne reconnaissent d'ailleurs pas la déclaration unilatérale d'indépendance du Kosovo de 2008.

-Le différend vieux de 27 ans qui oppose la Grèce et les autorités macédoniennes est lui aussi un problème pour l'UE. Athènes refuse que l'ex-république yougoslave de Macédoine utilise le même nom que sa province du nord, craignant une menace irrédentiste.

Les Premiers ministres grec et macédonien, Alexis Tsipras et Zoran Zaev, ont prévu de se rencontrer en marge du sommet pour évoquer le problème.

-Certains pays craignent que l'impatience des Balkans ne servent les intérêts de la Russie, ou même de la Chine et de la Turquie, qui cherchent à étendre leur implantation dans la région.

La Russie a accru sa présence médiatique dans la région des Balkans ces dernières années, mais son influence ne s'est pas encore concrétisée massivement sur le plan politique ou économique.

73% du volume global des relations commerciales des pays de la région se fait ainsi avec l'Union européenne, contre moins de 5% avec la Russie (chiffres de 2006) et 73% des investissements étrangers directs dans les Balkans viennent aussi de l'UE.