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Le nouveau gouvernement italien en cinq questions

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Le nouveau gouvernement italien en cinq questions

Le nouveau gouvernement italien en cinq questions
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Longévité, euro, direction... Quelques éléments de réponse à cinq questions posées par l'accord de gouvernement entre le Mouvement 5 étoiles (M5S), tout jeune ovni politique, et la Ligue, ancien parti sécessionniste converti au nationalisme. L'Italie va-t-elle sortir de l'euro ? Les deux partis ont violemment critiqué l'euro et même mis noir sur blanc une éventuelle sortie de la zone monétaire dans les ébauches de leur programme commun. Mais ni la Ligue ni le M5S -- qui, à l'exception notable de son fondateur Beppe Grillo, a abandonné l'idée d'un référendum en ce sens -- ne prônent une sortie unilatérale. En revanche, la Ligue estime que l'euro est "une expérience économique et sociale erronée". Elle prône une série de réformes et, à terme, une sortie coordonnée avec d'autres pays. Et le programme commun, résolument anti-austérité, risque de faire des étincelles avec les partenaires de l'eurozone. Les marchés financiers vont-ils s'affoler ? Depuis le rejet de la réforme constitutionnelle de Matteo Renzi en décembre 2016, l'incertitude est de mise en Italie et les marchés financiers s'y étaient préparés. Les remous de la campagne électorale puis la perspective d'un retour aux urnes en l'absence de majorité ont provoqué quelques tensions. Dans ce contexte, la perspective d'un accord entre la Ligue et le M5S a été accueillie avec un certain soulagement, mais le programme commun très peu orthodoxe a provoqué une poussée de fièvre. Le spread -- l'écart entre les taux d'emprunt italien et allemand à dix ans -- a dépassé les 170 points, contre 131 il y a une semaine. En 2011, il avait frôlé les 600 points, poussant Silvio Berlusconi vers la sortie. Cette alliance peut-elle tenir longtemps ? Les deux chefs de file, Luigi Di Maio et Matteo Salvini, martèlent qu'ils comptent gouverner pendant cinq ans. Cependant, la majorité du M5S et de la Ligue est étroite: 32 voix à la Chambre des députés et six au Sénat, alors que les deux chambres ont les mêmes pouvoirs. Il leur faudra bien tenir l'ensemble de leurs élus, même ceux qui ne voient pas l'alliance d'un bon oeil. Qui est réellement aux commandes ? M. Di Maio peut s'appuyer sur les plus de 32% obtenus par son parti, contre 17% pour la Ligue. Mais M. Salvini assure représenter les 37% de la coalition de droite, même si ses anciens alliés ne l'ont pas suivi. Et son autorité au sein de son parti est bien plus affirmée que celle de M. Di Maio au M5S, dont Beppe Grillo reste le gourou. De plus, la Ligue est en pleine ascension dans les sondages, tandis que le M5S stagne. L'influence de Silvio Berlusconi, l'allié de M. Salvini avec lequel M. Di Maio ne voulait même pas parler, reste aussi une inconnue. Après deux mois de blocage, le vieux milliardaire a donné son feu vert à l'alliance. Mais redevenu éligible juste après et furieux des mesures judiciaires du programme commun, il a promis "une opposition raisonnable et critique". Quel sera le rôle du président ? Le président Sergio Mattarella, élu par un Parlement majoritairement de centre gauche, a discrètement rappelé qu'il avait son mot à dire sur le choix des ministres et qu'il pouvait renvoyer au Parlement toute loi dont le coût pour le budget ne serait pas compensé. Garant des engagements internationaux de l'Italie, le chef de l'Etat sera aussi vigilant sur le respect des traités, en particulier européens, ainsi que sur l'ancrage historique de l'Italie au sein de l'Otan.
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