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Top 14: pour Mohed Altrad, "le rugby est un business"

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Top 14: pour Mohed Altrad, "le rugby est un business"

Top 14: pour Mohed Altrad, "le rugby est un business"
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"Le rugby est un business", assume dans un entretien à l'AFP l'entrepreneur Mohed Altrad, président de Montpellier qui tentera samedi de soulever son premier bouclier de Brennus face à Castres (20h45) en finale du Top 14. L'homme d'affaires, à la tête d'un groupe florissant dans le matériel pour le BTP et soupçonné de conflits d'intérêts depuis son rapprochement avec la Fédération française (FFR), se voit comme un président de club "qui fait entendre sa voix, comme Mourad Boudjellal" ou Max Guazzini par le passé, "le petit -ou gros- dernier qui arrive et qui n'est pas encore intégré à l'establishment". Q: Que représente pour vous la perspective d'un premier titre de champion de France? R: "Cela viendrait valider un travail. Nous travaillons beaucoup depuis sept ans. Avec parfois des vents contraires. On a beaucoup progressé. Ces dernières années, nous étions régulièrement en phase finale, mais jamais en finale. Il y a déjà un palier de franchi et nous sommes heureux d'en être là aujourd'hui." Q: Vous parlez de vents contraires. Mais ils le sont moins en ce moment: vous êtes en finale du Top 14, sponsor maillot des Bleus, la Fédération et la Ligue viennent de s'accorder sur une nouvelle convention. Vos relations avec la Ligue se sont-elles améliorées? R: "La Ligue est ma famille, j'en suis membre à part entière. J'ai parfois des différences de point de vue, de vision, et je le fais savoir avec ma différence, ma singularité..." - Guazzini "aussi était pointé du doigt" - Q: Vous en étiez sorti l'an passé, de cette famille. R: "Non, j'ai eu des accrochages mais j'en suis toujours membre. Je ne peux pas toujours répondre présent aux invitations car, avec les 200 filiales de mon groupe, je ne suis pas souvent ici. Comparé à un président de club qui n'a pas d'autres activités... Dans une famille, tout n'est pas toujours rose, on peut se fâcher, parfois on ne se parle plus, puis il y a des moments de joie et on retrouve le plaisir de vivre ensemble. Je vous l'accorde, je suis l'un des seuls parmi les trente présidents (ceux du Top 14 et les 16 de Pro D2) qui fait entendre sa voix, comme Mourad Boudjellal par le passé. Max Guazzini aussi, c'était la même chose, il était singulier et pointé du doigt car il faisait porter des maillots roses à ses joueurs, car c'est un homme du show-biz. Mais Max est rentré dans l'establishment, Boudjellal pas complètement, mais tout de même... c'est peut-être que je suis le petit -ou gros- dernier qui arrive et qui n'est pas encore intégré à l'establishment. Peut-être qu'une victoire changerait la donne. J'aime faire le parallèle avec le business: j'ai créé mon entreprise il y a 32 ans, je considère que je ne fais partie de l'establishment que depuis quelques années. Il a fallu que je prouve, peut-être deux fois plus qu'un autre, que j'avais ma place. Et le rugby est, d'une certaine manière, un business, même si c'est un business particulier. Il perd de l'argent et perdra de l'argent pendant longtemps car aujourd'hui son modèle économique n'est pas viable." - "J'ai repris un club en détresse" - Q: Comprenez-vous qu'auprès du grand public, ou de la famille du rugby, le fait que le club du sponsor des Bleus soit champion de France puisse susciter un certain malaise? R: "Le comité d'éthique et de déontologie, saisi par la Ligue, a dit qu'il n'y avait pas de conflit d'intérêts. Il existe d'ailleurs des cas similaires, notamment dans le foot. Que cherche-t-on d'autre? J'ai repris en 2011, à la demande des collectivités locales, un club qui était en détresse, avec un trou de 4 millions d'euros. Je me suis engagé dans ce sport, qui me fascine, j'ai un projet économique et je le poursuis. Quand je suis arrivé, le chiffre d'affaires (du club) était de 13 millions d'euros, il est de 26 millions aujourd'hui. Pourquoi? Parce que nous avons mis en place des partenariats, nous avons progressé dans tous les domaines, et nous essayons de poursuivre notre projet au plan sportif, médical, mental, ainsi qu'en matière d'infrastructures. Alors je ne sais pas ce qu'on me cherche, même si je comprends que mon parcours puisse susciter un peu de curiosité." Q: Au-delà du conflit d'intérêts, ce qui choque certains est surtout le fait que vous imposiez votre loi de l'argent avec vos moyens... L'entendez-vous ? R: "Le MHR est une société anonyme, comme le groupe Altrad. Donc on doit respecter le code du commerce, civil et pénal. Et les règles du sport, comme le +salary cap+ (plafond salarial que le MHR est suspecté d'avoir dépassé, NDLR). Je le respecte et je suis convaincu que la DNACG (le gendarme financier du rugby) dira qu'il n'y a rien." Entretien réalisé par Pierrick YVON
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