Le premier gouvernement populiste en Italie prête serment

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Le premier gouvernement d'alliance entre un jeune mouvement populiste et un parti d'extrême droite a prêté serment vendredi à Rome, sous la direction de Giuseppe Conte, un juriste complètement novice en politique à qui il appartient maintenant de mettre en oeuvre une politique anti-austérité et sécuritaire. M. Conte a prêté serment le premier sous les ors du Quirinal, le palais de la présidence à Rome. L'ont suivi immédiatement après les deux hommes forts de ce gouvernement populiste, le premier dans un pays fondateur de l'Union européenne. Matteo Salvini, 45 ans, patron de la Ligue (extrême droite), et Luigi Di Maio, 31 ans, chef de file du Mouvement Cinq Etoiles (M5S, antisystème), ont juré devant le président, Sergio Mattarella, d'exercer leurs fonctions "dans l'intérêt exclusif de la Nation". Matteo Salvini, nouveau ministre de l'Intérieur et défenseur d'une politique de fermeté sur l'immigration, a d'ores et déjà annoncé son intention de se rendre dimanche en Sicile où ont lieu la majorité des débarquements de migrants, secourus en Méditerranée. "Je serai ministre pour moitié au bureau et pour moitié dans la rue", a-t-il promis devant la presse. La passation de pouvoirs entre Paolo Gentiloni et Giuseppe Conte a ensuite eu lieu au Palais Chigi, le siège de la présidence du Conseil à Rome. - Compromis - Après près de trois mois de tractations et de rebondissements inédits, même pour un pays rompu aux crises politiques, les populistes italiens ont finalement trouvé un compromis avec le chef de l'Etat, qui exigeait des garanties sur le maintien de l'Italie dans la zone euro. "Aucune force politique en Italie ne veut sortir de l'euro", a assuré sur Twitter le nouveau ministre de l'Economie, Giovanni Tria, un professeur d'économie proche de la Ligue sur les questions fiscales, et défenseur de la "flat tax". Le président avait opposé un veto spectaculaire à une première liste dimanche soir, comprenant le nom de Paolo Savona, un économiste eurosceptique qui afait effrayé les partenaires européens de l'Italie et les marchés. Mais jeudi soir, il a signé avec un soulagement visible une liste amendée comprenant 18 ministres, dont cinq femmes, représentant à parts égales les forces politiques sorties victorieuses des législatives du 4 mars, bien que le M5S ait obtenu plus de 32% des voix et la Ligue 17%. C'est donc M. Conte, un professeur de droit inconnu des Italiens il y a encore 15 jours, qui sera assis à côté de M. Mattarella samedi pour la parade militaire de la fête nationale. Il devrait ensuite se présenter en début de semaine prochaine devant le Parlement pour y obtenir la confiance, avant de représenter son pays en fin de semaine au sommet du G7 au Canada. Luigi Di Maio et Matteo Salvini deviennent vice-Premiers ministres, le premier chargé du Développement économique et du Travail et le second de l'Intérieur. Et nombre de commentateurs s'interrogent d'ores et déjà sur la marge de manoeuvre dont disposera M. Conte, sans expérience politique, face à ses deux "vices" qui l'ont fait roi. - Equilibre entre les alliés - Paolo Savona, à l'origine de la crise institutionnelle sans précédent ouverte avec le veto du président Mattarella sur son nom, devient ministre des Affaires européennes. Il sera flanqué du très européen Enzo Moavero Milanesi, qui a travaillé pendant 20 ans à Bruxelles, a été ministre des Affaires européennes (2011-2014) et devient ministre des Affaires étrangères. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a dit "avoir la pleine confiance en la "capacité et la volonté" du nouveau gouvernement à "maintenir le rôle central de l'Italie dans le projet commun européen". La chancelière allemande Angela Merkel a de son côté souhaité "bonne chance" à M. Conte. "Je me réjouis de poursuivre avec vous le partenariat étroit et de continuer à l'approfondir", a-t-elle indiqué dans un communiqué. Très fébriles ces dernières semaines, les marchés financiers ont salué la fin de l'incertitude: la Bourse de Milan a terminé en hausse de 1,49%. Mais les analystes s'attendent à de nouveaux soubresauts compte tenu des dangers qui pèsent sur les comptes publics italiens. Le feuille de route de ce "gouvernement du changement" tourne en effet résolument le dos à l'austérité et aux "diktats" de Bruxelles, pariant sur une politique de croissance économique pour réduire la colossale dette publique italienne. Il promet un abaissement de l'âge de la retraite, des baisses d'impôts draconiennes et l'instauration d'un "revenu de citoyenneté" de 780 euros par mois.

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